Des femmes d'influence

Ce sont des artistes, des femmes d'affaires, des étudiantes, des personnes engagées, des mamans, et souvent, plus d'une chose à la fois. Il ne s'agit pas d'une liste ni d'un palmarès. C'est un clin d'oeil à des femmes qui ont pris leur place et continuent de faire leur marque. Pour souligner la Journée internationale de la femme, LeDroit vous présente des femmes inspirantes et inspirées.
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Anne-Marie Chamberland: l'importance de l'identité francophone
Malgré son jeune âge, Anne-Marie Chamberland est déjà très active dans sa communauté.
Cette étudiante de 12e année de l'École secondaire Garneau d'Orléans préside les destinées du conseil des élèves de son école et est très engagée au sein de plusieurs comités de la jeunesse franco-ontarienne, ainsi qu'à la Journée des Franco-ontariens à Queen's Park et aux États généraux sur le postsecondaire en français de l'Ontario. Une telle feuille de route lui a déjà permis d'être reconnue dans son milieu et l'obtention du Prix Bernard-Grandmaître, catégorie jeunesse en 2013, témoigne avec justesse de son implication.
« Je n'ai jamais senti qu'être une femme était un obstacle pour moi. D'ailleurs, les adultes nous encouragent à prendre notre place dans la société. Mais je sais que ça n'a pas toujours été comme ça. Je ne voudrais pas que l'on revienne à l'époque où les femmes devaient se battre pour obtenir la reconnaissance de leurs droits. Les générations précédentes ont travaillé fort et nous voyons les résultats aujourd'hui. »
Née d'un père francophone et d'une mère anglophone, Anne-Marie Chamberland accorde beaucoup d'importance à la défense et à la promotion de la langue française. 
Depuis deux ans, elle milite au sein de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO). « La question de l'identité francophone est une préoccupation constante pour moi. »
Celle qui estime que les jeunes femmes d'aujourd'hui doivent une fière chandelle à leurs aînées n'a pas encore fait un choix définitif de carrière. Elle compte néanmoins entamer des études en administration publique, à l'Université d'Ottawa, en septembre prochain. Les sciences sociales l'intéressent, ainsi que les questions entourant les droits de la personne.
Charles Thériault
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Marie-Claude Pichette: la recette du bonheur
La Gatinoise Marie-Claude Pichette pense avoir trouvé la recette du bonheur. Plus épanouie que jamais, la femme de 32 ans a réussi à trouver le parfait équilibre entre ses ambitions professionnelles et son précieux rôle de maman de la petite Laura.
Maintenant travailleuse autonome à titre de styliste de mode personnalisée, après avoir oeuvré en marketing et relations publiques, la jeune femme pratique un métier émergent. Ce changement de cap dans sa carrière lui permet de réaliser l'un de ses rêves, la mode étant une passion que lui a transmise sa grand-mère Marie-Claire - qui enseignait à l'Académie de dessin de mode Richard Robinson - et qu'elle a dans le sang depuis sa tendre enfance.
Son travail consiste à aider quelqu'un à s'habiller selon sa personnalité et sa silhouette, de lui construire un look de A à Z en cernant ses besoins. Après avoir pris les mesures et déterminé le budget dont dispose le client, elle effectue en solo une séance de magasinage afin de trouver les vêtements appropriés.
Après avoir eu un rythme de vie effréné dans son ancien domaine, Mme Pichette est fière d'avoir trouvé sa niche.
« La maternité change beaucoup de choses. Ce que je veux, c'est une vie équilibrée, mais ce n'est pas facile. Pendant mon congé à la maison, je me disais qu'il fallait que je trouve quelque chose me permettant de me réaliser professionnellement tout en étant présente auprès de mes enfants. [...] Je suis contente que ce soit moi qui représente l'équilibre familial. Je n'échangerais pas ma place avec mon chum », dit celle qui attend avec son époux la venue de la cigogne pour une seconde fois en juin.
Et la Journée internationale de la femme a-t-elle toujours sa raison d'être, selon la jeune femme d'affaires ?
« J'ai une réponse en deux temps, dit-elle. Dans ma vie, dans toute mon évolution, je n'ai jamais eu le sentiment que je devais me battre plus qu'un homme pour atteindre mes objectifs. Par contre, avec la maternité, on constate que la femme a de très grandes responsabilités sur ses épaules. On veut performer, on se demande si on sera une bonne mère, etc. On est en constante remise en question, toujours en quête de perfection afin d'être des superwomans. »
Daniel LeBlanc
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Isabel Thériault: le Vieux-Hull tatoué sur le coeur
La copropriétaire du Bistro CoqLicorne est une passionnée qui a le Vieux-Hull tatoué sur le coeur. Selon elle, le changement passe par l'action et c'est pour cette raison qu'elle s'implique et souhaite faire rayonner son quartier.
Isabel Thériault est bien connue dans le Vieux-Hull. Elle a été à la tête du Festival de l'Outaouais Émergent (FOÉ) pendant quatre ans, elle a organisé l'international de pétanque du Vieux-Hull, le Piknic Électronik, en plus de travailler pendant quelques années à la Table jeunesse de l'Outaouais.
Aujourd'hui, elle s'est tournée vers la restauration en plus de siéger au comité pour la création d'un quartier des spectacles. « J'ai tout le temps tripé sur le Vieux-Hull. C'est un endroit avec beaucoup de potentiel qui n'est pas assez exploité », confie-t-elle, bien qu'elle fait vivre son entreprise sur la rue Laval.
Selon elle, le travail d'équipe est important si la communauté veut créer un centre-ville. C'est pourquoi elle n'hésite pas à s'impliquer dans les projets des autres commerçants. « Il faut dire aux gens que c'est important de développer le coeur du Vieux-Hull et l'identité du centre-ville va se créer par la suite », lance Isabel Thériault.
Sylvie Branch
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Marie-Andrée Pelletier: faire sa place dans un monde d'hommes
Marie-André Pelletier oeuvre dans un milieu très masculin, dans lequel elle navigue avec aisance. Aujourd'hui présidente de Construction JPL, une entreprise fondée en 1966 par son grand-père Joseph et dirigée par son père Jacques pendant près de 30 ans, elle dirige une équipe de près de 80 employés.
Même si elle suivait souvent son père sur les chantiers, durant sa jeunesse, Marie-André Pelletier ne s'est pas dirigée directement vers le monde de la construction. « Je suis devenue ingénieure civile et j'ai travaillé dans ce domaine durant deux ans ou trois ans, mais je me suis rendu compte que ce qui m'intéressait vraiment, c'était la construction, donc la possibilité de travailler sur un projet du début à la fin. »
Les femmes sont rares dans ce domaine, mais Marie-Andrée Pelletier n'a pas eu trop de mal à faire sa place. Une fois qu'on a gagné la confiance des gens, dit-elle, les choses se déroulent normalement et on est respecté pour la qualité de notre travail et non parce qu'on est un homme ou une femme.
Charles Thériault
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Amélie Blanchard: passionnée de tricot et de documentaires
Productrice télévisuelle et femme de projets, Amélie Blanchard a notamment travaillé avec l'Office national du film, Radio-Canada, Télé-Québec et Discovery durant sa carrière. Récipiendaire de cinq prix Gémeaux, cette native d'Ottawa, qui a fait ses études en communication à Montréal, a cumulé jusqu'à maintenant plus de 125 heures de documentaire à la télévision. Son dernier bébé, une série documentaire relatant l'histoire des quilles, a été présenté l'automne dernier sur la chaîne Historia.
Depuis 2008, Amélie est installée à la campagne sur une ferme, à Saint-André-Avellin. Elle a fondé il y a deux ans le festival Twist. En 2013, plus de 8000 visiteurs ont franchi les portes du complexe Whissell pour y assister. Les retombées économiques du plus important happening de la fibre textile au Québec sont évaluées à 1,3 million $ pour l'ensemble de la Petite-Nation. Entre-temps, Amélie, qui n'a que 37 ans, gère depuis décembre 2012 l'entreprise de communications Hotdog.
À travers tous ses projets, la principale concernée vise un objectif bien clair : mettre son patelin sur la carte. « J'aimerais que Saint-André-Avellin puisse devenir une référence à l'international ou au moins au niveau national pour ce qui est du tricot », dit-elle.
Benoit Sabourin
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Katherine Levac: une Franco-Ontarienne qui fait rire
Membre de la « troupe maison » de la version québécoise de Saturday Night Live, Katherine Levac est en train de se tailler une place enviable sur la scène humoristique.
Originaire de Saint-Bernardin, la Franco-Ontarienne de 24 ans a étudié en littérature à l'Université d'Ottawa. À l'époque, elle n'envisageait pas de faire carrière en humour. « Avec un peu de recul, je réalise que c'est comme ça qu'on commence, en humour : par l'écriture », a-t-elle indiqué au Droit en février dernier.
Elle a obtenu son diplôme de l'École nationale de l'humour en 2013 et depuis, elle a participé au Galoff des Chick'n'Swell et à la Carte blanche de Jean-Thomas Jobin, en plus de faire partie des finalistes de la nouvelle édition d'En route vers mon premier gala Juste pour rire, sur MAtv. On peut aussi lire sa plume sur le blog Les Populaires.
Elle sera de retour, en direct sur les ondes de Télé-Québec, pour la deuxième émission de SNL Québec, le 22 mars.
Sylvie Branch
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Gwen Madiba: donner sans compter
Détentrice d'un baccalauréat bidisciplinaire en communication et sociologie de l'Université d'Ottawa où elle poursuit sa maîtrise en sociologie, Gwen Madiba est reconnue pour son implication dans le milieu.
Dès l'âge de 13 ans, elle travaillait comme codirectrice de campagne électorale. Nommée parmi les « femmes remarquables » de l'établissement d'enseignement, la jeune femme de 28 ans a fondé plusieurs organismes communautaires, dont « J'agis », un réseau bénévole de jeunes engagés dans leur communauté. Elle était aussi derrière « I am Fashion », un défilé de mode annuel qu'elle a mis sur pied pour améliorer l'estime de soi des jeunes.
Sur la scène internationale, Gwen Madiba collabore avec Vision GRAM, un organisme canadien venant en aide aux populations défavorisées du Congo. La jeune femme est originaire du Gabon et habite au Canada depuis l'âge de sept ans.
Donner au suivant est un geste tout naturel pour elle. « Toutes ces actions et ces divers projets ont eu un impact réel sur la vie de certaines personnes et je trouve ça touchant. Ça me pousse davantage à vouloir en faire plus. Aider les autres, c'est s'aider soi-même. »
Sylvie Branch
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Danika Bourgeois-Desnoyers: la politique n'a pas d'âge
Danika Bourgeois-Desnoyers est la plus jeune élue de l'Est ontarien. En 2010, elle a été portée au pouvoir à la municipalité de La Nation à l'âge de 23 ans.
Elle est également impliquée au sein du Club Optimistes local. En 2012, elle participe à la création du Salon de la femme, une initiative à but non lucratif pour venir en aide aux femmes dans le besoin. Elle agit également au sein du Réseau de développement économique et d'employabilité de l'Ontaio dans le cadre du programme « Place aux jeunes », qui vise à freiner l'exode de la jeunesse vers la ville et qui incite la rétention des étudiants et jeunes professionnels dans la région de l'Est ontarien.
Maintenant âgée de 26 ans, elle occupe un poste d'adjointe à la direction générale de la municipalité La Nation. « Je crois que les jeunes ont leur place dans le milieu communautaire et dans le milieu démocratique. Mais c'est à nous de faire les premiers pas. Moi je l'ai fait et j'espère avoir inspiré d'autres personnes. Il faut commencer quelque part, et il y a tellement de portes à ouvrir... », déclare-t-elle.
Samuel Blais-Gauthier