Les jeunes élèves du collège catholique Samuel-Genest, coquelicot accroché à leur manteau et unifolié en main, ont semblé bien capter l'importance de la commémoration d'hier.
Les jeunes élèves du collège catholique Samuel-Genest, coquelicot accroché à leur manteau et unifolié en main, ont semblé bien capter l'importance de la commémoration d'hier.

Des élèves font un devoir de mémoire

Jean-François Dugas
Jean-François Dugas
Le Droit
Des élèves du collège catholique Samuel-Genest se sont souvenus lundi.
Malgré une météo maussade, 150 d'entre eux ont participé à une cérémonie solennelle et unique du jour du Souvenir, au cimetière militaire national Beechwood, à Ottawa. La cérémonie, organisée par l'Association Richelieu Fondateur avec la collaboration du collège, s'avère une première du genre à cet endroit.
« Que de jeunes Canadiens s'approprient le devoir de mémoire dans le cimetière militaire national au Canada n'est pas un événement banal. C'est une première importante », a signalé Gabriel Lessard, président du Club Richelieu Ottawa.
Les jeunes élèves, coquelicot accroché à leur manteau et unifolié en main, ont semblé bien capter l'importance de la commémoration de lundi.
« Je trouve ça important parce qu'il y a beaucoup de gens ici qui ont donné leur vie pour nous et qui se sont battus pour notre pays. Il y a beaucoup de gens qui ont perdu des membres de leur famille pendant différentes guerres », a témoigné Geneviève Séguin, une élève de huitième année.
« Je suis ici pour rendre hommage à ceux qui ont fait une action très, très importante. Ils ont risqué leur vie pour (nous) assurer un avenir », a ajouté pour sa part Elissa El Chami.
La cérémonie avait toutefois une signification très particulière pour Katia Cappon, une élève de 11e année.
« Mon arrière-grand-père a participé à la libération d'un village en France pendant la Deuxième Guerre mondiale, évoque-t-elle fièrement. Mon arrière-grand-père et ses camarades avaient aussi les clés d'une église où se cachaient des Juifs, mais ils n'ont pas voulu donner les clés aux soldats ennemis et ils ont été abattus », a-t-elle raconté, rappelant les horreurs de la guerre.
Cette cérémonie du jour du Souvenir a été inspirée par une tournée de commémorations de jeunes Français en 2009. Les élèves du lycée Victor Lépine, de Caen, en Normandie, avaient visité 10 endroits, de Toronto à Québec, en commençant sur la colline parlementaire à Ottawa.
Le groupe d'élèves s'était même donné le nom d'Association Westlake Brothers Souvenir de Normandie, en honneur de trois jeunes frères albertains - les Westlake - décédés sur les champs de bataille de la France, entre les 7 et 11 juin 1944.
« Le Canada et la France sont très unis dans ce souvenir, a déclaré l'ambassadeur de France, Philippe Zeller, présent à la cérémonie. Beaucoup de soldats canadiens sont tombés sur le sol français pendant les Première et Deuxième Guerres mondiales. La France a beaucoup d'admiration pour les soldats canadiens. »
L'ambassadeur a tenu aussi à féliciter les « vaillants petits Canadiens » du collège Samuel-Genest d'avoir « remarquablement bien organisé la cérémonie », notamment par la lecture de plusieurs textes honorant les anciens combattants.