À la lumière des informations dévoilées par LeDroit sur la gestion municipale à Maniwaki, notamment en lien avec le Centre Château Logue, le ministère québécois des Affaires municipales a décidé par lui-même d'examiner le dossier, une procédure rarissime.
À la lumière des informations dévoilées par LeDroit sur la gestion municipale à Maniwaki, notamment en lien avec le Centre Château Logue, le ministère québécois des Affaires municipales a décidé par lui-même d'examiner le dossier, une procédure rarissime.

Des documents sauvés de la destruction à Maniwaki

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Des milliers de pages de documents municipaux de la Ville de Maniwaki sont passées bien près de la destruction, il y a deux semaines, alors qu'une enquête du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire (MAMROT) est toujours en cours pour faire la lumière dans le dossier du Château Logue.
LeDroit a appris que la trésorière de la municipalité a demandé au conseil municipal, lors d'une rencontre tenue à huis clos, le 18 février dernier, l'autorisation de détruire une série de documents datant de 2006. La liste des comptes payables, des copies de chèques, des chèques, des facturations et des conciliations bancaires étaient au nombre des milliers de documents destinés à la déchiqueteuse.
Décision « inquiétante »
Le conseiller Louis-André Hubert affirme s'être toutefois fermement opposé à ce que la Ville procède à la destruction de ces documents. Sans cette intervention, les documents n'existeraient probablement plus aujourd'hui, selon lui. « Je suis inquiet de voir que la Ville a l'intention de détruire autant de documents dans le contexte actuel, lance-t-il. Je trouve ça anormal. Nous sommes actuellement visés par une enquête du ministère. L'ensemble des documents que la Ville voulait détruire concernent la gestion financière de la municipalité et c'est exactement ça qui est en cause dans l'enquête du ministère. Je me dis que certains de ces documents pourraient être pertinents pour le ministère. Qu'allons-nous lui dire s'il a besoin de les voir ? Qu'on vient de les détruire. C'est inconcevable. »
Joint à Vancouver, le maire de Maniwaki, Robert Coulombe, a redirigé les questions du Droit à la direction générale.
Le directeur général de la Ville de Maniwaki, Daniel Mayrand, précise que la destruction des documents a depuis été retardée de six mois. Il explique que « le conseil » n'était pas à l'aise d'agir ainsi, considérant que l'enquête du MAMROT est toujours en cours. « C'est pour cette raison qu'il a été demandé de retarder de six mois la destruction », ajoute-t-il.
Daniel Mayrand mentionne que la destruction de ces documents n'a rien d'anormal et que la demande faite par l'administration correspond au « calendrier de conservation » prévu par la Ville.