Des craintes pour l'hébergement jeunesse en Outaouais

L'Avenue des Jeunes craint qu'une refonte des services d'hébergement jeunesse laisse des adolescents et de jeunes adultes de la région à la rue, faute de place, un risque que dément vivement le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO).
Les dirigeants de L'Avenue des Jeunes, dont la ressource Héberge-Ados peut accueillir jusqu'à huit jeunes de 13 à 17 ans, ont dénoncé mardi un « scénario » proposé par le CISSSO pour revoir la façon dont sont offerts les services d'hébergement d'urgence et de transition pour adolescents et jeunes adultes dans la région.
Selon L'Avenue des Jeunes, le CISSSO souhaite regrouper sous un seul chapeau les services offerts par Héberge-Ados, L'Appart Adojeune (13-17 ans) et Le Belvédère (16-24 ans) de Vallée Jeunesse. Une décision qui serait « uniquement budgétaire », soutient le président du conseil d'administration de l'organisme, Martin Chartrand.
« Conscients que le statu quo n'était pas envisageable », les organismes ont proposé deux scénarios au CISSSO, qui les a rejetés, déplore M. Chartrand.
L'adjoint au président-directeur général du CISSSO, Benoît Gauthier, rétorque que la refonte souhaitée ne prévoit aucune compression. « Chaque sou qui est investi en mission globale auprès de ces trois groupes-là va continuer à être investi en hébergement jeunesse », dit-il, en précisant que la réorganisation cherche plutôt à remédier à certaines « difficultés » observées dans la collaboration entre les organismes.
Enjeu de coordination
« Il y a tout lieu de croire qu'il  y a des jeunes qui ne recevaient pas les services en raison d'un enjeu de coordination entre les différents groupes et ça, pour nous, c'est inquiétant », a mentionné M. Gauthier.
Le CISSSO se dit d'ailleurs « un peu surpris » de la sortie médiatique de L'Avenue des Jeunes, puisqu'« aucune décision » n'a encore été prise. M. Gauthier reconnaît que la fusion des trois ressources d'hébergement a été évoquée, mais bien comme une « idée » et non comme une décision imposée, puisque les organismes sont autonomes.
Martin Chartrand et Lucie Villeneuve, directrice générale de L'Avenue des Jeunes, craignent malgré tout qu'il y ait « beaucoup moins de places » pour les jeunes ayant besoin d'un toit temporaire, d'autant plus que certains doivent se buter à des refus, disent-ils.
Si aucune entente n'est conclue avec le CISSSO, L'Avenue des Jeunes estime que les ressources actuelles en hébergement jeunesse pourraient devoir fermer leurs portes.
Le CISSSO affirme pour sa part qu'il est encore temps de discuter, le tout dans l'objectif d'en arriver à un « consensus ». Si aucune entente n'est conclue, les options pourraient être de confier à un seul organisme la responsabilité de tout l'hébergement jeunesse de la région, ou encore de trouver un nouvel organisme souhaitant offrir ce service.