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Le retour des clients dans les commerces jugés non essentiels était bien accueilli, comme ici chez Marc Sports La Source du Sport.
Le retour des clients dans les commerces jugés non essentiels était bien accueilli, comme ici chez Marc Sports La Source du Sport.

Des commerçants poussent un soupir de soulagement en Outaouais [PHOTOS]

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Charles Fontaine
Le Droit
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Quarante-cinq jours: c'est le laps de temps — qui a paru bien long aux yeux de plusieurs — durant lequel les commerces non essentiels ont été contraints de fermer leurs portes en Outaouais comme ailleurs en province. C'est donc avec soulagement et excitation que ceux-ci ont accueilli leurs premiers clients lundi, jour 1 du déconfinement.

Au salon de coiffure Victor Victor, la copropriétaire Isabelle Desloges-Young n'a pas caché que le téléphone ne dérougit vraiment pas. 

«On rush comme des fous. L'agenda est pas mal plein six mois à l'avance. Certaines personnes nous appellent ou nous écrivent pour obtenir un rendez-vous aujourd'hui, mais malheureusement ça ne fonctionne pas. C'est un heureux problème. Tout le monde avait très hâte [à la réouverture]. Quand on a une entreprise, on l'aime mieux ouverte que fermée», lance-t-elle au bout du fil. 

Un homme magasine un bâton de hockey.

Affirmant être à la recherche constante d'employés pour répondre à la demande, elle ne cache pas que contrairement à la dernière réouverture après un confinement, l'un des éléments qui complique la donne cette fois est le couvre-feu de 20h à 5h. «On ne veut pas paraître ingrates, mais on a pleuré de rage quand on a appris qu'il y aurait un couvre-feu. Nous étions complets de 9h à 21h alors ç'a été un casse-tête de prendre des gens et de répartir les rendez-vous ailleurs dans le jour. Ça ne nous permettait pas non plus de rappeler les gens sur la longue liste d'attente, ceux qui avaient appelé en novembre ou décembre. Mais on ne peut pas se plaindre, c'est très occupé», dit-elle.

Boutiques de sports

Les boutiques de sports ont pu continuer leurs services de location à la saison, de réparation et mise au point pendant le dernier mois. L’ouverture du commerce leur procure un soupir de soulagement. 

«On est prêts, on est très enthousiaste de pouvoir rouvrir», lance le propriétaire de Sport Échange Outaouais, Éric Corcoran.

La fermeture des installations sportives reste cependant un gros frein à leur chiffre d’affaires. 


« Tant et aussi longtemps que les installations sportives ne seront pas rouvertes, c’est un retour à 30% de notre chiffre d’affaires habituel. »
Alain Brisson, Marc Sports La Source du Sport

Chez Marc Sports La Source du Sport, 75% des revenus proviennent du hockey. Les profits se font rares quand les arénas sont fermés. 

«Tant et aussi longtemps que les installations sportives ne seront pas rouvertes, c’est un retour à 30% de notre chiffre d’affaires habituel, mentionne le propriétaire, Alain Brisson. Oui, on a eu de bonnes ventes du côté des raquettes à neige, mais ce n’est pas assez pour avoir une entreprise viable et profitable.»

Les centres commerciaux dont les Galeries Aylmer, où l'on compte 60 boutiques et services, ont aussi eu le feu vert pour leur réouverture complète. 

«Dans notre cas, les gens pouvaient circuler quand même et on avait pu garder le centre ouvert à 80%, étant donné la présence de certains services essentiels. Aujourd'hui ça fait du bien de voir de la circulation et des portes ouvertes. On est à plein régime», note le directeur général Guy Leblanc, qui ajoute que sur le plan des affaires, des nouveautés sont à prévoir dans les prochains mois.

«Très excité»

Comme plusieurs, il espère que la situation se stabilisera et qu'on se dirige dans la bonne direction. 

«Je pense qu'en conservant le couvre-feu, avec des magasins qui ferment à 19h ou 19h30, déjà ça va nous aider, en plus de la vaccination. J'ai juste hâte qu'on puisse rouvrir les restaurants. Oui, la majorité de ceux-ci font des commandes pour emporter, mais je pense à des endroits comme Chez Putters, qui est un resto-bar. Les endroits de divertissement, leur réouverture n'est pas encore dans les cartes, tout comme les gyms. Heureusement, il y a quand même un certain avec les programmes d'aide en place jusqu'en juin pour les locataires qui en font la demande», précise-t-il.

«On est très excité de pouvoir ouvrir et accueillir nos clients. Je pense que c’est réciproque, on a beaucoup de clients qui nous ont écrit et qui sont contents de pouvoir venir en boutique», dit quant à elle la copropriétaire de L’As des jeux à Gatineau, Caroline Paquette.

Le couvre-feu est un autre enjeu qui ajoute aux préoccupations des commerces. «La première chose qu’on a regardée est l’horaire, il y a le couvre-feu qui affecte ça, mais aussi les mesures sanitaires. Il faut avoir assez d’employés pour s’assurer que les clients respectent les consignes et qu’il n’y ait pas trop de monde dans le magasin. On a dû aussi réduire nos heures d’ouverture pour s’assurer que nos employés rentrent chez eux à temps», ajoute Mme Paquette.


« Les fournisseurs sont débordés. Avant, un client pouvait acheter un spa et l'avoir sans sa cour deux mois plus tard, alors qu'aujourd'hui, le délai peut être de 48 à 52 semaines [...]. »
Jean Ravenda, Club Piscine Super Fitness

«Comme si la visite arrivait»

Chez Club Piscine Super Fitness, à Gatineau, le propriétaire Jean Ravenda s'estime «chanceux» étant donné que cette fermeture obligatoire est survenue dans une période traditionnellement creuse de l'année pour son commerce.

«Il n'y avait pas de ligne à la porte ce matin, c'était bien tranquille. Nous sommes bien contents d'être rouverts [physiquement]. On a réussi à garder nos employés durant cette période grâce au commerce en ligne, alors c'était quand même business as usual, parce que les gens se sont tournés vers notre site web ou le courriel. On a fait nos ventes habituelles, mais d'une différente façon. Malgré tout, on s'en sort bien, si je compare à des amis pour qui ce n'est pas drôle dans d'autres domaines. Maintenant, il ne reste plus qu'à attendre les clients, nous nous sommes préparés comme si la visite arrivait. C'est peut-être plus samedi prochain qu'on verra une différence», lance-t-il.

Pendant le confinement, le magasin permettait aux clients de passer pour faire des tests d'eau à l'extérieur. 

L'homme d'affaires précise que les plus gros enjeux pour son entreprise sont les problèmes d'approvisionnement, pour lesquels on n'a aucun contrôle. À tout cela s'ajoute une pénurie de chauffeurs pour le transport de la marchandise vers les magasins. Les deux éléments allongent les délais pour la clientèle.

«Les fournisseurs sont débordés. Avant, un client pouvait acheter un spa et l'avoir sans sa cour deux mois plus tard, alors qu'aujourd'hui, le délai peut être de 48 à 52 semaines s'il n'y a pas eu une commande par anticipation. Il ne l'aura donc pas en 2021», affirme-t-il.

Carnet bien rempli

Le carnet de commandes pour l'installation de piscines dès ce printemps est bien rempli. Cependant, un acheteur qui à ce temps-ci de l'année aurait pu voir sa nouvelle piscine être installée à la fin avril devra cette fois patienter jusqu'en juillet en raison des nombreuses commandes qui ont été effectuées l'automne dernier.

La pandémie a beau ne pas être terminée, M. Ravenda est optimiste pour la suite des choses. 

«Je me dis que ce n'est rien comparativement à la guerre ou la lèpre. J'essaie de regarder la situation positivement», conclut-il.

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LES BIBLIOTHÈQUES DE GATINEAU REPRENNENT DU SERVICE

À la suite des nouvelles directives gouvernementales et de la Santé publique, les citoyens peuvent de nouveau avoir accès à la bibliothèque de Gatineau.

Dès aujourd’hui, toutes les bibliothèques de la ville offrent leurs services complets, en plus d’ouvrir leurs portes à l’heure habituelle. À noter toutefois qu’en raison du couvre-feu, elles fermeront au plus tard à 19h.

Les usagers peuvent accéder à tous les espaces et peuvent circuler dans les rayons. La capacité maximale d’accueil varie selon la bibliothèque.

Afin de respecter la distanciation physique, seulement la moitié des postes informatiques et des places assises sont disponibles.

Ce qui est permis

  • Une personne ou une famille par table, par poste ou par rayon (un nombre limité de personnes sera permis simultanément à l’intérieur des bibliothèques); 
  • Les usagers pourront aller chercher eux-mêmes leurs documents sur les rayons;
  • Retour aux règles habituelles concernant les postes Internet (réservations possibles, sans limite de temps à moins qu’une personne ayant une réservation attende);
  • Accès aux espaces pour tous, pas seulement les élèves et les étudiants.