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À la Sporthèque, on ne comprend pas pourquoi les salles d'entraînement doivent rester fermées.
À la Sporthèque, on ne comprend pas pourquoi les salles d'entraînement doivent rester fermées.

Des commerçants déplorent le maintien de l’Outaouais en zone rouge

Jean-Simon Milette
Jean-Simon Milette
Le Droit
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Les nouvelles mesures d’assouplissement annoncées par le gouvernement Legault mardi laissent un goût amer chez des commerçants de l’Outaouais qui déplorent le fait que la région demeure en zone rouge.

Le gouvernement québécois a notamment annoncé mardi que les restaurants et les gyms pourront rouvrir en zone orange sous certaines conditions. Une nouvelle qui déçoit les propriétaires gatinois de commerces qui œuvrent dans ces secteurs d’activité.

« Je suis déçue et fâchée. J’aimerais ça savoir comment ça se fait qu’on ne parle jamais de l’Outaouais dans les points de presse de M. Legault », s’interroge la directrice générale et associée de la Sporthèque, Élaine Dupras, en entrevue avec Le Droit. « Comment se fait-il qu’on nous garde encore dans le rouge ? Le nombre de cas diminue, le nombre d’hospitalisations aussi. Si on attend que nos hôpitaux soient performants, on va rester dans le rouge pour le reste de nos jours. »

« Ça me donne juste le goût de prendre le téléphone et appeler le ministre de notre région pour lui dire “tu es où ? Nous aides-tu quelque part ?” parce que je trouve que ça n’a pas de sens », ajoute-t-elle.

Mme Dupras rappelle que l’activité physique représente, selon elle, un service essentiel, surtout en période de confinement. Elle estime que le gouvernement devrait rouvrir les gyms partout sur le territoire québécois parce qu’« il n’y avait pas, sinon peu, de cas de contagion dans les gyms avant qu’on les ferme. »

Rejoint par Le Droit mardi soir, l’un des copropriétaires du resto-bar les Brasseurs du temps, Dominique Gosselin, s’est dit, quant à lui, ne pas être étonné par la décision du gouvernement.

Au moins, tant que les restaurants comme les Brasseurs du Temps restent fermés, ils reçoivent une subvention pour le loyer.

« Honnêtement, je ne sais pas ce qui est mieux. Être en zone orange et dire aux gens “n’allez pas dans les restaurants” ou rester fermé. Quand on est fermé, nos loyers sont plus subventionnés par le programme du gouvernement. Honnêtement, j’aime presque mieux rester fermé et être subventionné que d’ouvrir sans savoir s’il va y avoir de l’achalandage. Tant qu’à ouvrir pour 10 personnes, vaut mieux se concentrer sur ce qu’on fait déjà de bien en ce moment au niveau de l’achat local. »

« J’ai pas mal plus hâte qu’on ait passé à travers cette crise et qu’on puisse aller normalement au restaurant, mais on sait que ce n’est pas demain la veille. Bizarrement, on est dans une meilleure situation actuellement, en zone rouge, que quand on était dans le jaune quand ils ont lancé le code de couleurs », fait-il remarquer.

Réalité frontalière

La réalité limitrophe entre l’Outaouais et l’Ontario pourrait être un des facteurs qui explique que l’Outaouais se trouve toujours en zone rouge, selon Mme Dupras.

« Si on a une particularité frontalière avec l’Ontario et que c’est pour ça qu’ils nous gardent dans le rouge, il me semble que ça mériterait qu’ils parlent un peu de nous autres durant les points de presse. Gatineau est la quatrième plus grande ville de la province, mais parfois on se demande si on fait encore partie du Québec », se désole Mme Dupras.

De son côté, M. Gosselin abonde dans le même sens.

« On est collé sur plus d’un million de personnes qui ne partagent pas les mêmes règles que nous. C’est clair qu’ils ne veulent pas de transport interprovincial », explique-t-il. « Il faudrait que les gouvernements de chaque côté se parlent parce que ce serait bien qu’il y ait une certaine harmonisation des mesures dans la région de la capitale fédérale. Si la seule crainte c’est que les Ontariens traversent la rivière, qu’on remette des barrages sur les ponts et qu’on ouvre nos restaurants. »

Ouverture

L’une des mesures annoncées par le gouvernement du Québec mardi est la réouverture des commerces non essentiels, des musées et des salons de coiffure partout sur son territoire à compter de lundi. Alex Franche, le propriétaire de La Caverne Barbershop, dans le secteur Buckingham, se réjouit de cette annonce.

« C’est sur que je suis très content, mes clients avaient hâte », lance-t-il d’entrée de jeu. « Je dois avouer que j’avais peur avant l’annonce du gouvernement, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais le fait que c’est rouvert partout au Québec, c’est une excellente nouvelle pour mon domaine. »

M. Franche affirme qu’il aura beaucoup de travail à faire pour être fin prêt pour la réouverture le 8 février.

« J’ai en tête d’ouvrir lundi. Je suis seul à m’occuper de mon commerce, donc c’est certain que la relance va être plus facile pour moi que pour d’autres salons, mais j’ai quand même beaucoup de préparation à faire. J’ai des choses à ajuster, dont mes heures d’ouverture en raison du couvre-feu qui reste à 20 h ici. »

Par ailleurs, Le Droit a tenté d’obtenir des explications de la santé publique régionale concernant le maintien de l’Outaouais en zone rouge. Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a mentionné qu’il allait « prendre acte des assouplissements et des recommandations annoncés en conférence de presse par le premier ministre, M. François Legault. »

Le premier ministre François Legault

« Nous comprenons que ces nouvelles mesures suscitent plusieurs questionnements. La direction de la santé publique tiendra un point de presse jeudi pour faire un état de la situation en Outaouais », a précisé le CISSSO dans un courriel à l’intention du Droit.