Joëlle Pineau, une finissante de l’école secondaire De La Salle, est aujourd’hui à la tête de l’équipe de recherche du Research Lab de Facebook en intelligence artificielle.

Des clés de sol aux algorithmes

Ancienne violoniste professionnelle, maintenant à la tête du laboratoire de recherche de Montréal de Facebook, Joëlle Pineau est l’une des têtes d’affiche des célébrations du 35e anniversaire de l’École d'excellence artistique de l'Ontario (CEAO).

Plusieurs anciens étudiants aux parcours exceptionnels ont été invités pour l'occasion par le CEAO afin qu’ils rencontrent les jeunes élèves d’aujourd’hui et leur démontrent les multiples avenues qu’ils pourront emprunter grâce à leur formation.

Plusieurs d’entre eux ont évidemment embrassé des carrières artistiques professionnelles comme le musicien classique et philanthrope Dantes Rameau et la soprano Mireille Asselin, qui a fait un malheur au Met de New York.

Mais parmi les anciens joints par l’établissement, Joëlle Pineau fait figure de cas atypique.

D’abord pur produit de ce centre d’enseignement des arts, elle devient violoniste pour l’Orchestre symphonique d’Ottawa, mais les aléas de la vie feront qu’elle bifurquera vers le génie et la robotique. Originaire de Gloucester, elle empochera coup sur coup une maîtrise et un doctorat en robotique à l’université Carnegie-Mellon de Pittsburgh.

Puis, c’est le retour au Canada et deux nominations qui feront tourner les têtes : elle devient professeure associée au département d’informatique de l’Université McGill à Montréal et, plus récemment, directrice de l’équipe de recherche du Research Lab de Facebook en intelligence artificielle. Ce laboratoire international en recherche fondamentale est constitué de quatre sites : Paris, New York, Menlo Park en Californie et Montréal.

L’intelligence artificielle au service de la santé

Et que fait de ses journées cette surdouée qui a troqué les clés de sol pour les algorithmes ? Elle tente, entre autres, avec ses collègues, de mettre l’intelligence artificielle au service de la santé, en faisant en sorte que des systèmes intelligents plus raffinés puissent collaborer de près avec les médecins. Cela se fait déjà en radiologie, en analyse d’images par exemple, là où les données sont assez uniformes.

« Là où c’est plus difficile, c’est dans les domaines qui requièrent une intégration de plusieurs données hétérogènes. Avoir un robot qui se promène dans une salle d’urgence où y a plein de choses qui se passent et qu’il faut intégrer, on est très très loin de ça actuellement en intelligence artificielle. Ce que j’espère, en tout cas, c’est d’avoir des systèmes intelligents qui sont capables de collaborer avec les médecins pour vraiment apporter une information, une analyse beaucoup plus fine des possibilités de traitements, une analyse beaucoup plus pertinente, personnalisée et efficace », explique la chercheure franco-ontarienne.

« Dans les salles d’opération d’hôpitaux, il va y avoir des assistants robotisés, des machines d’aide à la décision qui seront des ordinateurs », dit-elle, en ajoutant que déjà « des bras (artificiels) utilisés en chirurgie sont beaucoup plus précis, dans certaines manœuvres, que les humains ».

Elle loue aussi la formidable liberté intellectuelle dont elle jouit au Research Lab de Facebook.

Les festivités du 35e anniversaire du CEAO se déroulent vendredi et samedi avec un panel, une conférence et un grand gala.