Des chats morts dans les boîtes bleues

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Des couches souillées aux cadavres d'animaux en passant par des armes à feu chargées, Denis Albert et Lucien St-Amour en voient de toutes les couleurs en effectuant la collecte des objets laissés dans les conteneurs bleus de la Société Saint-Vincent-de-Paul (SSVP).
Destinées aux vêtements usagés encore portables, les grosses boîtes bleues de la SSVP sont souvent confondues avec des conteneurs à déchets par des gens qui ne se donnent pas la peine de se débarrasser adéquatement de leurs rebuts.
LeDroit a effectué une tournée de quelques-uns des dix conteneurs du comptoir SSVP Riviera, question de constater le peu de considération de certains citoyens qui s'en servent tout simplement comme s'il s'agissait de dépotoirs.
« On a déjà trouvé des chats morts, de la nourriture pourrie, des restants de peinture, ou encore de la vitre cassée », affirment MM. Albert et St-Amour.
« Et des armes à feu aussi, comme des revolvers et des carabines, ajoute M. St-Amour. J'ai déjà trouvé une carabine.22 semi-automatique chargée. Dans ce temps-là, je les décharge et on apporte ça aux policiers. »
Le président du conseil d'administration des comptoirs Riviera et Basse-Lièvre de la SSVP, Jean-Pierre Breton, note qu'en une seule journée, il est possible de remplir, « au minimum », un conteneur à déchets avec les objets inutilisables recueillis ou laissés devant le magasin de l'avenue Gatineau.
« Le problème est pire qu'avant, constate M. Breton. Si les gens donnaient seulement ce qui est bon, ça réglerait bien des choses. Mais il y a quand même du bon stock. Les gens sont généreux, mais si les objets sont cassants, on demande aux gens de venir les mener au comptoir directement. »
Responsable de plancher au comptoir Riviera, Monique Desmarais Ouimet ne comprend pas pourquoi certaines personnes donnent des vêtements trop usés pour être portés ou encore des objets brisés.
« Ce n'est pas parce que tu es pauvre que tu dois porter des chiffons, souligne-t-elle. Et une tasse pas d'anse, on ne donne pas ça aux gens. »
Vol et vandalisme
Outre le problème des objets irrécupérables, la SSVP est de plus en plus souvent victime de vol et de vandalisme. Des enfants réussissent à s'introduire dans les boîtes métalliques afin d'en ressortir les sacs de vêtements, qui sont éventrés et laissés au sol une fois quelques morceaux dérobés.
D'autres malfaiteurs font pour leur part preuve d'une méchanceté gratuite, en vandalisant les conteneurs bleus. Les camions servant au transport des biens amassés sont aussi la cible : deux rampes de chargement ont été volées l'hiver dernier, et l'un des véhicules a été couvert de graffitis.
Les employés et bénévoles de la SSVP demeurent, malgré tout, souriants. Ils croient tous en la mission fondamentale de l'organisme, celle d'aider les plus démunis. Les ventes de vêtements, de meubles et d'articles ménagers à prix modique sont en hausse, alors que le comptoir Riviera a servi, l'an dernier, plus de 25 000 personnes.
Trouvés dans les boîtes de la Société Saint-Vincent-de-Paul destinées aux dons de vêtements...
- Écran d'ordinateur dont les fils sont sectionnés
- Chaise de cuisine à la rembourrure déchirée
- Contenant de frites d'un commerce de restauration rapide
- Pneus de voiture usés à la corde
- Rouleau de papier de billets de loterie de Loto-Québec
- Chambre à air de vélo sectionnée
- Téléviseur à roulettes, avec quelques boutons arrachés
- Le livre Biologie moderne....qui date de 1969
- Exerciseur pour abdominaux, brisé
- Petit cheval à bascule pour enfant, avec un patin berçant brisé
- Rebuts de construction