Les restes d'un chalet construit en pleine forêt, dans la région du Pontiac.
Les restes d'un chalet construit en pleine forêt, dans la région du Pontiac.

Des chalets illégaux sont brûlés

Charles Thériault
Charles Thériault
Le Droit
Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec prend les grands moyens pour contrer la construction de chalets illégaux sur les terres de la Couronne ; il les brûle tout simplement.
Un citoyen de la région qui préfère conserver l'anonymat, a constaté que certains chalets construits sur des terrains qui ne font pas l'objet de bail, sont brûlés intégralement alors que certains matériaux toxiques auraient dû être récupérés. De plus, les débris sont laissés sur place et constituent un danger pour la faune et les autres utilisateurs de la forêt. Sur la photo qu'il a fait parvenir au Droit, on aperçoit les restes d'un chalet qui avait été construit en pleine forêt, au nord-ouest d'Otter Lake, dans la région du Pontiac. Selon cet utilisateur de la forêt publique, le chalet en question est situé à quelques dizaines de mètres d'un chemin et il aurait été possible de récupérer certains éléments, sans nécessairement tout brûler. À son avis, le ministère agit de façon cavalière alors qu'il pourrait créer de l'emploi dans le Pontiac, s'il confiait le travail de démantèlement des chalets illégaux à des gens de la région.
Mais la porte-parole du ministère pour l'Outaouais, Lise-Anne Blais, a expliqué que le gouvernement est très patient avec les gens qui construisent des camps ou de simples abris en terre publique et qu'ils ont tout le temps de les démanteler eux-mêmes avant qu'on les fasse brûler. « Les camps sont détruits seulement lorsque les propriétaires ont été avisés depuis longtemps. On leur donne un avis et ils ont sept mois pour obéir. Il faut rappeler que les gens paient un loyer annuel pour obtenir un bail et construire un chalet sur les terres publiques alors que les autres qui construisent n'importe où, agissent dans l'illégalité. Nous ne faisons pas cela de gaieté de coeur mais c'est un dernier recours et nous demandons l'approbation du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs avant de brûler un chalet. De plus, l'accès à la plupart de ces camps est difficile et, souvent, nous utilisons l'hélicoptère alors nous ne pouvons pas rapporter des matériaux », a expliqué Mme Blais, en indiquant que le ministère ne détruit qu'une poignée de chalets illégaux par année.
La villégiature sur des terres publiques est populaire dans la région de l'Outaouais, notamment dans le Pontiac et la Haute-Gatineau, mais la dispersion des chalets et la multiplication des chemins forestiers y donnant accès posent problème aux municipalités qui n'ont pas toujours les moyens de les entretenir après que les compagnies forestières aient cessé de s'en servir.