Des centaines d’Ottaviens marchent sur l’ambassade américaine

Des centaines d’étudiants et d’adultes de la région d’Ottawa ont pris d’assaut l’ambassade américaine, samedi midi, pour réclamer, à leur tour, un contrôle des armes à feu aux États-Unis, à la suite des nombreuses fusillades s’étant produites dans les écoles américaines au cours des dernières années.

Le rassemblement à Ottawa, quoique beaucoup plus humble que celui de Washington, où près d’un demi-million de personnes ont marché sur la ville, se voulait un écho sympathique à ce vaste mouvement mondial de réprobation générale de la violence urbaine et gratuite aux É.-U.

Près d’une quarantaine de pays et plusieurs villes américaines manifestaient, samedi, contre l’anarchie qui règne actuellement aux États-Unis quant à la libre circulation des armes à feu. La récente tuerie au lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland en Floride, qui a fait sept morts, a été la goutte qui aura fait déborder le vase. Des jeunes de cette école ont décidé de lancer un mouvement de contestation sociale réclamant un contrôle adéquat des armes aux États-Unis.

De cinq à 300

À Ottawa, quatre jeunes étudiantes du secondaire et une autre de l’Université de Waterloo ont décidé de créer un groupe public sur Facebook qui a fait mouche. À elles seules, les cinq étudiantes indignées auront réussi à rassembler plus de 300 personnes sur la colline parlementaire, samedi.

L’une d’elles, Mahtab Dhaliwal explique: «quand on entend souvent parler de fusillades, les gens deviennent de plus en plus insensibles à ce genre d’événement et ce n’est pas correct», déplore-t-elle.

Après avoir marché sur la colline du Parlement, puis sur l’ambassade américaine, où les organisateurs ont remis un message aux gardiens des lieux, la foule s’est dirigée au parc Major’s Hill pour quelques discours, slogans scandés et prestations musicales.

Pas si loin de nous

Un père de famille retraité de Trois-Rivières, accompagné de sa fille de 14 ans, a livré, en sanglots, un message à la foule réunie. L’homme a rappelé aux manifestants qu’un triple meurtre commis par deux adolescents à Trois-Rivières, il y a trois ans, nous prouve que l’horreur n’est jamais bien loin de nous.

Sa fille de 14 ans, Ceara O’Flaherty, explique leur présence à Ottawa et la raison pour laquelle, son père et elle ont fait ce chemin depuis Trois-Rivières:

«Je veux faire quelque chose parce que je connais des gens aux États-Unis et je veux les soutenir.»

Son père, Jim O’Flaherty, soutient que les gens «sont tout le temps bloqué par la NRA (National Rifle Association) ou leurs représentants fédéraux, les sénateurs, qui sont payés par la NRA pour défendre leur point de vue.»


On dénombrait près de 800 marches, samedi, dans le monde. Le Washington Post a révélé, la semaine dernière, que près de 187 000 étudiants et élèves américains avaient déjà été témoins de fusillades sur leur campus scolaire depuis 1999.

Plus de 30 000 personnes sont abattues chaque année par des armes à feu aux États-Unis.