Ce grand requin blanc appelé «Jamison» fait partie des spécimens marqués dans une colonie de requins qui viennent se nourrir au large de Cape Cod et qui ont tendance, depuis cinq ans, à se rendre dans les eaux canadiennes.

Des biologistes traquent des requins blancs dans l'Atlantique canadien

HALIFAX — Les grands requins blancs se déplacent comme des torpilles. Ce sont des prédateurs redoutables dévorant sur leur passage des phoques et d’autres proies.

Ces créatures « fascinantes » sont elles-mêmes étroitement surveillées par des équipes internationales de scientifiques qui tentent de documenter leur apparente renaissance dans le nord-ouest de l’océan Atlantique.

« Nous observons des signes indiquant que les mesures de préservation que nous avons prises donnent une chance à ces animaux, constate Frederick Whoriskey, un biologiste marin de l’Université Dalhousie. Mais nous n’avons aucune donnée sur cette recrudescence. »

Heather Bowlby du Laboratoire de recherche sur les requins du Canada atlantique tente de remédier à ce problème. Elle prépare une expédition pour le début du mois d’août. L’objectif sera de tirer profit des maigres connaissances afin d’en apprendre plus long concernant la vie de ces créatures insaisissables dans les eaux canadiennes de l’Atlantique.

Une équipe de trois personnes tentera de repérer des requins blancs pour leur poser des émetteurs qui enregistreront des informations sur eux. La tâche s’annonce difficile étant donné la force de l’animal.

Le travail en vaut la peine, estime Mme Bowlby.

« Si la population de ce grand prédateur augmente, cela peut signifier que l’écosystème est assez en santé pour l’accueillir. C’est très important », mentionne-t-elle.

La biologiste dit qu’il y a eu « une nette augmentation du nombre d’observations » depuis l’entrée en vigueur de règles de pêche au cours de la dernière décennie.

Un secteur « in »

Les premières observations de requins blancs au Canada remontent à plus d’un siècle. En 1873, un pêcheur revenant du Banc de Saint-Pierre avait dit avoir remarqué un « doris portant des dents ».

On espère que le partenariat entre le ministère des Pêches et Océans, le chercheur américain Gregory Skomal et l’Atlantic White Shank Conservancy, apportera des renseignements plus fiables.

L’équipe de M. Skomal veut estimer le nombre de requins blancs qui viennent se nourrir dans ce secteur « à la mode » au large de Cape Cod où on retrouve une abondance de phoques. « Il semble que ce soit là leur premier arrêt sur l’itinéraire les menant de la Floride au Canada, où ils peuvent trouver un très bon repas », raconte le scientifique du département des pêches du Massachusetts.

Son groupe a identifié une vingtaine de grands requins blancs qui sont susceptibles de se déplacer vers le nord.

Selon Mme Bowlby, l’objectif ultime est d’améliorer nos connaissances sur l’habitat et les habitudes alimentaires des requins blancs.

À cela s’ajoutent la curiosité et l’émerveillement devant le comportement de l’un de plus gros animaux marins des océans. « Ils sont beaux, ils fascinent, ils sont gracieux, ils sont puissants. Ce sont des animaux incroyables », s’exclame la scientifique.