Des arbres déracinés et des toits arrachés

La nature a démontré ses capacités destructrices dans la municipalité de Pontiac où l'heure est au nettoyage après que des roulottes furent renversées, des arbres déracinés et des toits arrachés.
En quelques instants, l'après-midi des résidents aux alentours des chemins River et Kennedy a complètement basculé. Comme le confirme Environnement Canada, un système «très localisé» s'est formé, déchaîné, affaibli et a été poussé vers d'autres cieux hier après-midi.
«On a vu les épais nuages noirs se former au loin, raconte Ellard Kennedy qui habite sur le chemin Kennedy depuis sa naissance en 1946. Je n'ai jamais vu ça, les branches étaient parallèles au sol d'un côté, et d'un coup, le vent a changé de côté complètement et elles se sont cassées.»
«On a vu des arbres déracinés et un autre carrément coupé au centre. C'était un spectacle en fait», lance Samuel Boivin-Provost qui se trouvait dans un chalet du chemin Dion.
En soirée, le système orageux s'était déplacé vers les régions de Québec, du réservoir Manicouagan et du Saguenay, laissant derrière quelques cellules isolées dans la région d'Ottawa et de l'Outaouais. L'intensité vécue à Pontiac n'a toutefois pas eu d'égal en province.
Selon Marie-Ève Giguère d'Environnement Canada, la destruction aurait été causée par des vents puissants et non par un cyclone. Une veille de tornade avait été émise en après-midi, hier, mais ne s'est jamais concrétisée.
«C'était vraiment localisé, les vents n'ont touché aucune de nos stations. Avec les dommages qu'il y a eu, et en fonction de nos critères d'évaluation, on peut présumer que les vents étaient entre 90km/h et 100km/h, mais je ne peux pas l'affirmer avec certitude», explique la météorologue.
Selon le porte-parole de la Sécurité publique de la MRC des Collines, Martin Fournel, les dommages s'étendent entre la route 148 et la rivière des Outaouais, principalement sur les chemins Kennedy, River et Dion. Le maire de Pontiac, Roger Larose, soutient de son côté qu'environ 100 résidences sont touchées.
Dommages importants
M. Kennedy a observé la tempête de l'intérieur de sa maison. Il a vu une énorme branche se détacher d'un arbre à quelques pas de sa maison. Il a joué de chance, cette branche a été transportée par le vent de l'autre côté de sa demeure. «La branche a laissé une trace dans le gazon tout le tour de ma maison.»
Son voisin d'en face a été moins chanceux, des plaques de tôles arrachées de sa grange et de sa toiture ont volé jusqu'à la résidence d'Ellard Kennedy située à environ 150 mètres. Les deux hommes ont vu leur roulotte être renversée.
Sur le chemin de la Sariette, des chalets ont été touchés encore plus violemment alors que des sections de toiture, ainsi que des murs sont complètement disparus. «Quand le vent s'est levé, c'était laid. Ç'a tout arraché», affirme Guy Plante.
Sur le chemin Dion, un chalet a été écrasé par trois arbres alors qu'une famille s'y réfugiait. «Les arbres sont tombés sur le chalet, dont deux à quelques mètres de nous», rapporte M. Boivin-Provost, le gendre du propriétaire.
Plus de peur que de mal
«C'est épeurant, on ne veut pas voir ça. On n'est pas habitué à ces affaires-là. L'important, c'est que personne ne soit blessé et que tout le monde soit là pour en parler aujourd'hui», affirme M. Plante, une phrase qui résume la philosophie des résidents rencontrés hier.
Selon Martin Fournel de la Sécurité publique de la MRC des Collines, aucune blessure n'a été rapportée à l'exception d'un léger choc nerveux. Malgré l'impressionnant sinistre, les résidents affectés, une majorité du moins, se sont retroussés les manches et ont commencé le nettoyage.
Pour le maire Roger Larose, la priorité est de permettre à nouveau la circulation sur les différentes routes du secteur. Hydro-Québec et les pompiers de la municipalité s'y affairaient déjà dans les heures qui ont suivi l'orage. Les chemins Kennedy, Dion, River et Stanley ont notamment été bloqués après le passage de la tempête.
Un centre d'urgence a également été aménagé hier soir pour offrir un toit à ceux qui en auraient besoin, affirme M. Larose. «J'ai passé à presque toutes les portes, la majorité des gens voulaient rester quand même, mais c'est là si nécessaire.»
À partir d'aujourd'hui, le maire de Pontiac assure que les services municipaux seront à pied d'oeuvre pour venir en aide aux citoyens dans le nettoyage. «Ce n'est pas plaisant, mais ce sont des choses qui arrivent. On doit avancer maintenant», conclut Roger Larose.
jpaquette@ledroit.com