Deux amendes totalisant 6000$ ont été imposées à une pharmacienne de Gatineau pour avoir «fait preuve de négligence» et pour avoir «omis de s’acquitter de ses obligations» après avoir remis la mauvaise ordonnance à une patiente.
Deux amendes totalisant 6000$ ont été imposées à une pharmacienne de Gatineau pour avoir «fait preuve de négligence» et pour avoir «omis de s’acquitter de ses obligations» après avoir remis la mauvaise ordonnance à une patiente.

Des amendes totalisant 6000$ pour une pharmacienne de Gatineau

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Deux amendes totalisant 6000$ ont été imposées à une pharmacienne de Gatineau pour avoir «fait preuve de négligence» et pour avoir «omis de s’acquitter de ses obligations» après avoir remis la mauvaise ordonnance à une patiente.

Dans une décision rendue à la fin septembre, le Conseil de discipline de l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) indique que la pharmacienne Maha Mourad a reconnu sa culpabilité à des infractions au Code de déontologie des pharmaciens et au Code des professions.

Le dossier remonte à février 2019, alors que Mme Mourad exerçait à la Pharmacie Gilles Lalonde (affiliée au Groupe Jean Coutu) du 181 rue Principale, dans le secteur Aylmer.

La plainte lui reprochait d’avoir «fait preuve de négligence lors de l’exécution» d’une ordonnance pour un analgésique narcotique prescrit à une patiente ayant subi une chirurgie orthopédique, puisque le mauvais médicament – un autre analgésique narcotique – lui avait été remis.

«Bien que l’intimée ait placé une étiquette ‘‘conseil’’ dans le panier avec l’ordonnance, elle réalise à la fin de son quart de travail que la fille de la patiente a quitté sans qu’elle lui ait remis les conseils requis, lit-on dans la décision. Elle tente de joindre la patiente par téléphone, mais n’obtient pas de réponse.»

La pharmacienne a réalisé son erreur trois jours plus tard lorsque la patiente a communiqué avec elle, alors qu’elle travaillait dans une autre pharmacie d’Aylmer, pour savoir si elle pouvait combiner l’acétaminophène avec le médicament reçu. La pharmacienne a alors demandé à la patiente de ne pas communiquer à la succursale où l’erreur a été commise, en soulignant qu’elle s’en occuperait la journée même.

Mme Mourad a ainsi annulé l’ordonnance erronée et a inscrit que le bon médicament avait été remis. «Elle n’inscrit pas de mention de l’erreur au dossier de la patiente et ne génère pas de rapport d’incident/accident en lien avec cette erreur, précise la décision. […] Seule la consultation du registre informatique [...] permet de constater que plusieurs correctifs ont été faits par l’intimée.»

La patiente concernée a présenté une demande d’enquête au syndic peu de temps après.

La pharmacienne a de son côté mentionné «avoir conservé le même numéro de transaction et que si son intention avait été de camoufler l’erreur, elle aurait annulé la transaction pour en créer une nouvelle». «Elle affirme prendre toute sa responsabilité dans cette erreur d’interprétation de la prescription», est-il ajouté. Le Conseil estime toutefois que Mme Mourad a fait «attendre la patiente afin de pouvoir corriger elle-même l’erreur qu’elle a commise», ce qui a retardé l’accès à la bonne médication.

Mme Mourad, qui n’avait pas d’antécédents disciplinaires, ne travaille plus à la pharmacie Gilles Lalonde depuis le printemps 2019. «Elle exerce dorénavant pour une pharmacie à plus petit débit d’ordonnances et a mis en place des mesures afin d’éviter de commettre à nouveau le même type d’erreur», précise la décision.

«Le manque de transparence dont l’intimée a fait preuve dans sa façon de gérer l’erreur qu’elle a commise et dans ses rapports avec la plaignante inquiète toutefois le Conseil, est-il aussi mentionné. Considérant l’ensemble des circonstances, incluant le fait qu’elle ait formulé des excuses, le Conseil en vient à la conclusion que le risque de récidive de l’intimée est modéré.»

Des amendes de 3500$ et de 2500$ lui ont donc été imposées, ce qui correspond à la recommandation conjointe faite par les deux parties.