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Des agences de voyages de l’Outaouais se réjouissent des nouvelles mesures annoncées par Justin Trudeau vendredi touchant les voyageurs canadiens qui rentrent au pays.
Des agences de voyages de l’Outaouais se réjouissent des nouvelles mesures annoncées par Justin Trudeau vendredi touchant les voyageurs canadiens qui rentrent au pays.

Des agences de voyages de l’Outaouais satisfaites des nouvelles mesures

Jean-Simon Milette
Jean-Simon Milette
Le Droit
Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
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Des agences de voyages de l’Outaouais se réjouissent des nouvelles mesures annoncées par Justin Trudeau vendredi touchant les voyageurs canadiens qui rentrent au pays.

Résiliente, la propriétaire de l’agence Voyage Vasco La Chaudière, Marie Pier Guilmette, n’est pas surprise de l’annonce du fédéral.

Elle croit que si ces mesures « dissuasives » peuvent au final permettre de venir à bout de cette crise et permettre de relancer progressivement l’industrie plus tard cette année, c’est un mal pour un bien.

« Personnellement, je suis d’accord avec les mesures qui ont été prises. Ce n’est pas une surprise, on s’attendait bien à ce que ça se fasse, avec toute la pression exercée par M. Legault, qui le réclamait depuis un petit bout. Et les tests (de dépistage) dans les aéroports, ça fait longtemps qu’on le demandait nous-mêmes », note la femme d’affaires.

Au sujet de la suspension des vols vers les destinations soleil, elle souligne que le nombre de ventes pour de tels forfaits était extrêmement bas ces dernières semaines. Et ce, même si les prix étaient en baisse marquée, certains voyages de sept jours avoisinant les 700 ou 800 $.

« Les seuls appels qu’on a, c’est davantage pour des voyages dits essentiels, comme des urgences familiales, des gens qui ont une entreprise à l’extérieur du pays, etc. On leur explique ce que ça implique, on leur fait signer des documents pour les conscientiser. En ce moment, il y a des gens en Afrique, en Asie. Il y en a beaucoup ici qui ont décidé d’attendre de voir ce qui arriverait. C’est sûr que les 2000 $ demandés (quarantaine à l’hôtel), c’est beaucoup pour un seul client qui allait à l’extérieur du pays, mais pas en vacances. Je pense que ça en dissuadera plusieurs », ajoute-t-elle.

De son côté, la copropriétaire de l’agence Voyages Guertin, Joanne Mondor, abonde dans le même sens que son homologue.

Johanne Mondor et Nathalie Lessard de Voyage Guertin à Gatineau

« On est très content de ces nouvelles mesures. Je trouve que les directives sont claires. Les gens n’iront plus dans le sud », explique-t-elle en entrevue avec Le Droit.

« C’est sûr que ça affecte notre entreprise en général par contre. On a déjà entre huit et dix conseillers qui ont dû être mis à pied temporairement depuis le début de la crise. Sauf que les nouvelles mesures annoncées par Justin Trudeau ne changent pas grand-chose à nos opérations actuelles. On ne vendait plus de voyages depuis la mi-décembre et c’est sûr qu’on ne faisait pas de promotion parce qu’on ne veut pas encourager les voyageurs à partir », enchaîne-t-elle.

Du pain sur la planche

Cette annonce s’accompagnera d’une part de travail pour les agences, car, au même titre que le printemps dernier quand la crise a éclaté, il faudra annuler et reporter à plus tard des voyages qui étaient planifiés plus tard à l’hiver ou au printemps.

De plus, les agences s’affairent présentement à tenter de ramener les voyageurs canadiens au bercail dans les plus brefs délais.


« On espère que la pandémie sera derrière nous dans quelques mois et que les voyages pourront recommencer à l’automne. Si ces mesures-là peuvent aider à ce qu’on revienne à une certaine normalité, tant mieux »
Marie Pier Guilmette

« On reçoit des appels de gens qui ont besoin d’aide pour revenir. Ce sont des gens qui ne sont pas dans des forfaits et qui ont acheté leurs billets sur le web. On en a 4 ou 5 de ce genre à gérer. Ce sont souvent des gens qui ont un condo ou qui connaissent des amis à leur destination. Ils ont acheté un aller simple en pensant revenir plus tard. Il faut ramener ces gens-là au plus vite, sinon ils resteront coincés là-bas jusqu’au 30 avril », raconte Mme Mondor.

Malgré la mise en place de ces nouvelles mesures gouvernementales, plusieurs questions demeurent sans réponse pour l’instant, ajoute de son côté Mme Guilmette.

« J’ai par exemple un client qui a fait un vol Ottawa-Toronto puis Toronto-Amsterdam. À son retour, devra-t-il faire sa quarantaine à Toronto ? Et si oui, comment pourra-t-il revenir à Ottawa ? », s’interroge l’agente de voyages.

Cette dernière précise que peu importe la décision du gouvernement Trudeau, elle n’aurait pas été à l’aise de vendre des forfaits voyage en vue de la relâche scolaire. Elle rappelle que sans des restrictions aussi strictes, des voyageurs auraient pu se tourner vers le web plutôt que vers les agences.

« On espère que la pandémie sera derrière nous dans quelques mois et que les voyages pourront recommencer à l’automne. Si ces mesures-là peuvent aider à ce qu’on revienne à une certaine normalité, tant mieux », lance-t-elle.

Chez Voyages Guertin, Mme Mondor s’attend d’ailleurs à devoir conjuguer avec un achalandage monstre une fois que les mesures restrictives visant les voyageurs seront levées.

« C’est certain qu’il va y avoir un boom dans l’industrie. On sent que les gens ont hâte de s’évader et de voyager. Je ne penserais pas que ça arrive le 30 avril par contre. Les mesures vont probablement se prolonger. »

« Pour le moment, on se prépare pour 2022. On veut se renouveler et offrir des nouveautés, mais on sait que ce ne sera pas pour tout de suite », conclut-elle.