Des adresses en double qui sèment la confusion chez les premiers répondants

Après un appel passé au 9-1-1 au cours de la fin de semaine dernière, une résidente d’Alfred-Plantagenet compte tout faire pour que son adresse soit modifiée. Dans cette municipalité de l’Est ontarien, certaines rues ou concessions portent le même nom, créant une certaine confusion, et parfois même, des retards chez les services d’urgence.

Des résidents d’Alfred-Plantagenet ont vécu une situation troublante, dimanche. Roxanne Malette, son père et sa belle-mère étaient en train de fendre des bûches de bois sur leur terrain de la concession 4, dans le village de Plantagenet. Par inadvertance, la main de la belle-mère de Roxanne Malette est restée coincée dans la fendeuse. 

Aussitôt, elle a composé le 9-1-1.

« Une chance que je viens de la région, parce que je serais allé à l’autre bout », a affirmé l’un des ambulanciers paramédicaux en arrivant sur les lieux. 

En fait, lorsque les sept villages du canton ont été fusionnés, il y a de ça près de 20 ans, les noms et numéros de certaines rues et concessions sont demeurés les mêmes, créant ainsi des doublons d’adresses. 

« Elle attendait, elle perdait beaucoup de sang. J’ai encore son cri en tête », se souvient Roxanne Malette. 

En attendant les ambulanciers paramédicaux, cette dernière s’est rendue au bout de la concession avec son Jeep rouge, à l’intersection, pour attirer leur attention. 

Après avoir vécu cette expérience qu’elle qualifie d’« inacceptable », cette résidente souhaite à tout prix que les élus du canton apportent des changements à ces doubles adresses. 

Ce n’est pas la première fois que le conseil municipal se penche sur la question. 

Toutefois, cette solution, qui peut sembler plutôt simple pour certains, est d’une très grande complexité, juge le maire d’Alfred-Plantagenet, Stéphane Sarrazin. « C’est facile de dire qu’on change les adresses, mais ça impliquerait qu’il faut changer les permis de conduire, les passeports, les titres de propriété, les documents d’entreprises. Pour la municipalité, c’est complexe aussi, il faut approuver les changements au conseil, les faire approuver par le ministère du Transport de l’Ontario, etc. »

Par ailleurs, la période de transition représenterait un plus grand risque pour la sécurité des citoyens, affirme-t-il. « On a consulté les différents services d’urgence, soit les ambulances, les services d’incendie, la Police provinciale de l’Ontario (PPO). On réalise que le temps que ça prendrait pour faire des changements de chemins pourrait être plus dangereux que d’attendre le temps que le système 9-1-1 s’adapte. »

Le maire Sarrazin a donc plutôt l’intention de miser sur les avancées technologiques. « On croit sincèrement qu’on doit se baser sur les services 9-1-1 de prochaine génération. On ne sait pas quand ça va arriver, mais le processus est déjà enclenché. Il faut que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) dise aux fournisseurs d’activer la localisation du téléphone mobile quand l’utilisateur appelle au 9-1-1. »

Une solution proposée aux résidents

Le Centre de communication et service 9-1-1 du Service de police d’Ottawa, là où certains appels d’urgence des résidents de l’Est ontarien sont relayés, propose une solution aux résidents touchés par les adresses doubles. « Vous pouvez contacter le poste de police de votre région et les informer de la situation. 

Les agents transmettront l’information au service 9-1-1, pour éviter la confusion dans l’éventualité d’une urgence. »