Le vétéran Ernest Côté a été porté à son dernier repos samedi.

Derniers adieux à Ernest Côté

Des centaines de personnes ont fait leurs derniers adieux au vétéran Ernest Côté, samedi matin, en la basilique-cathédrale Notre-Dame d'Ottawa.
Le vétéran de la Seconde Guerre mondiale, qui avait survécu à un violent braquage à domicile en décembre2014, est mort de causes naturelles le 25 février dernier à l'Hôpital Montfort. Il était âgé de 101 ans.
«Voilà, on avait fini par le croire éternel», a dit sa fille Denyse au tout début de son éloge funèbre.
Elle a parlé de lui comme d'un héros, non seulement pour sa participation au Débarquement de Normandie, mais aussi «pour avoir conservé à travers vents et marées [...] sa vivacité, son goût de vivre, son espièglerie et son optimisme tranquille».
C'était un fier Franco-Albertain, et un fier membre du Royal 22e Régiment, a rappelé sa fille Denyse. «Il s'attelait toujours à la tâche avec ce slogan en tête: fait ce que doit.»
«Il était un gentleman de la vieille école. Il faisait partie de cette génération d'hommes toujours bien habillés [...], bien attachés aux rituels qu'il a probablement acquis lors de ses nombreuses visites en Angleterre...», a-t-elle raconté.
Après sa carrière militaire, il a servi pendant plus 30 ans dans l'administration fédérale, occupant entre autres les postes de sous-ministre, de solliciteur général adjoint - en pleine Crise d'octobre -, et d'ambassadeur du Canada en Finlande. «La liste est très longue!» a souligné sa fille Denyse dans son éloge, esquissant un sourire malgré sa peine.
Lauréat de la Légion d'honneur et de l'Ordre de l'Empire britannique, M. Côté s'apprêtait à être décoré de l'Ordre de la Pléiade par l'Assemblée parlementaire de la Francophonie.
Plusieurs dignitaires étaient présents à la cérémonie, dont le ministre fédéral des Anciens Combattants, Erin O'Toole, et son prédécesseur Julian Fantino.
La procureure générale de l'Ontario, Madeleine Meilleur, qui a récemment rendu hommage à M. Côté à l'intérieur des murs de Queen's Park, était aussi présente.
«Il a consacré sa vie entière au service de son pays», a résumé le ministre O'Toole après la cérémonie. Il n'a pu s'empêcher de souligner le cran du vétéran. «Même après l'attaque de décembre dernier, il a aidé la police à résoudre d'autres crimes. S'il y a un point positif dans tout ça, c'est que plus de Canadiens ont pu savoir qui était Ernest Côté avant sa mort.»
Visiblement ému, l'actuel ministre associé à la Défense nationale, Julian Fantino, a expliqué que c'était pour lui «un devoir» que d'être présent à la cérémonie de samedi. «Je devais être ici et lui rendre hommage. [...] C'était un homme d'exception.»
Le chef de la police d'Ottawa, Charles Bordeleau, était lui aussi du même avis. «M.Côté a donné beaucoup à sa communauté et les policiers d'Ottawa devaient lui dire merci pour bien des choses. Nous voulions être ici.»
Son sang-froid aura permis de faire arrêter un des criminels les plus recherchés du Canada, a rappelé le chef Bordeleau.
M. Côté avait été la cible d'un braquage à domicile le 18 décembre. Son présumé agresseur, Ian Bush, aurait tenté de le tuer en lui couvrant la tête d'un sac de plastique après l'avoir ligoté. Grâce à l'ADN sur le lieu du crime, les autorités ont pu relier Bush aux meurtres du juge Alban Garon, de son épouse et de leur voisine, survenus le 30 juin 2007.