Inondations à Gatineau.

Déploiement des militaires et fermeture de la 50

Plusieurs dizaines de militaires des Forces armées canadiennes ont été déployés tôt dimanche matin dans les secteurs affectés par les inondations en Outaouais et dans le Pontiac, dont environ 80 à Gatineau. Pour certains sinistrés de l'est de la ville, l'arrivée des soldats survient trop tard.
Le major Manuel Pelletier-Bédard de la base de Valcartier a précisé dimanche matin que les tâches des soldats pour le moment sont d'apporter des sacs de sable aux personnes dans le besoin, de construire des digues et d'aider à l'évacuation des citoyens qui n'ont d'autre choix que d'abandonner leur maison.
«Nous sommes ici tant que les gens auront besoin de notre aide», a précisé le major Pelletier-Bédard lors d'un point de presse à l'angle des rues de Versailles et Watt dans le secteur Gatineau, un quartier durement touché par la crue des eaux.
L'autoroute 50 en direction ouest entre le boulevard de la Gappe et la rue Montcalm a été fermée à la circulation, dimanche, pour une période indéterminée en raison des accumulations d'eau. Cela aura un impact majeur sur la circulation, lundi. L'armée pourrait être appelée à intervenir dans ce secteur.
«L'autoroute 50 est évidemment un axe majeur. Nous avons du personnel qui travaille avec le ministère des Transports en ce moment pour regarder où notre aide pourrait être apportée pour régler cette situation», a précisé le porte-parole des Forces canadiennes.
Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a souligné l'importance d'avoir l'autoroute 50 ouverte le plus rapidement possible.
«C'est inquiétant parce que c'est une artère prioritaire. C'est une des missions de l'armée d'essayer de voir à sécuriser la circulation sur la 50 pour qu'on puisse continuer de fonctionner, notamment pour les véhicules d'urgence», a indiqué le maire.
Maxime Pedneaud-Jobin a tenu à signaler qu'il existe beaucoup de détresse chez les sinistrés qui sont obligés d'abandonner leur maison ou qui l'ont perdu après s'être battus pendant des jours.
«Il ne faut pas hésiter à faire appel au centre d'aide aux sinistrés, notamment pour l'aide psychosociale. C'est dur ce que les gens vivent. C'est dur sur deux jours, mais sur deux ou trois semaines, ça marque», a-t-il expliqué.
Une couple de personnes vivant sur le boulevard Hurtubise ont manifesté leur colère dimanche matin contre les autorités municipales, déplorant que l'armée arrive trop tard. 
«Nous n'avons pas d'aide», a pesté Louise Goneau, soeur de Sylvie Goneau, conseillère municipale et candidate à la mairie contre Maxime Pedneaud-Jobin.
«Il n'y a pas de numéro de téléphone à appeler pour demander des sacs de sable. On appelle la conseillère qui appelle ses contacts pour qu'ils nous livrent des sacs. Le 3-1-1 ne veut pas nous prendre en charge parce qu'ils sont débordés. On attend 30 minutes au téléphone pour nous faire dire qu'on doit aller au poste de commandement pour aller chercher nos choses. On avait besoin d'aide pour nous aider à mettre des sacs. On ne l'a pas eu», a continué Mme Goneau, avançant que le manque d'aide dans le quartier pourrait être motivé par des questions politiques.
Le maire Pedneaud-Jobin a indiqué que la Ville de Gatineau évaluera après la crise si les autorités auraient dû appeler l'armée plus tôt.
«Est-ce que ça aurait fait une différence ou non. Je pense qu'en plein milieu de la crise, ce n'est peut-être pas le moment de regarder ça. On fera le bilan et on se préparera pour la prochaine fois», a-t-il expliqué.