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Démocratiser le vélo comme moyen de transport

Claudia Blais-Thompson
Claudia Blais-Thompson
Le Droit
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« Faire du neuf avec du vieux » ; voilà l’un des objectifs de la nouvelle coopérative de solidarité gatinoise, Rack à Bécik, qui se donne la mission de démocratiser l’utilisation du vélo comme moyen de transport.

Le Rack à Bécik a comme ambition de démarginaliser le vélo comme transport pour mieux l’intégrer au paysage urbain. Pour populariser la pratique, la coopérative de solidarité souhaite profiter de l’engouement marqué pour les activités extérieures depuis le début de la pandémie.

« Le vélo est toujours perçu comme un loisir, croit la présidente de Rack à Bécik, coop de solidarité, Sophie Dorion-Boisvert. On pourrait parler du vélo comme un moyen de transport, surtout quand on parle de transition écologique et de repenser les villes. On veut profiter du momentum qui va sûrement revenir au printemps. »

À coup d’ateliers coopératifs d’autoréparation, de formations, de revalorisation et de distribution de vélos, la dizaine de membres de la coopérative de solidarité aspire également à créer un lieu de rassemblements social et culturel autour d’échanges passionnés sur le vélo. Initié principalement par des femmes dans la trentaine, le projet se veut aussi un espace inclusif pour y partager ses expériences et promouvoir la simplicité du vélo.

« L’atelier est un prétexte pour développer un lieu de rencontres dans le centre-ville, poursuit Mme Dorion-Boisvert. On veut créer un sentiment d’appartenance. […] L’objectif est d’avoir un atelier pour travailler sur notre vélo. On peut être un débutant et apprendre à changer un pneu ou être un expert et construire un vélo de A à Z ou même le modifier. C’est faire du neuf avec du vieux.»

Gatineau, ville vélo?

Le Rack à Bécik se réjouit des nombreux kilomètres de pistes cyclables accessibles à Gatineau et dans le parc de la Gatineau. Toutefois, si la ville veut se vanter de détenir le titre d’une ville vélo, Mme Dorion-Boisvert pense qu’il y a encore beaucoup de pain sur la planche pour les décideurs.

« Les pistes cyclables et les sentiers du parc de la Gatineau permettent de parler de destination vélo, souligne-t-elle. Si on veut dire Gatineau, ville vélo comme transport, il n’y a pas une rue ou un endroit, à ma connaissance, qui est dédié au vélo. Quand tu te promènes en vélo, il faut être dans le trafic, il faut que les gens voient les cyclistes parce que sinon ils ne seront pas habitués à les voir. »

Selon cette dernière, Gatineau pourrait prendre exemple sur plusieurs villes, dont Montréal et Copenhague, où le vélo est de plus en plus pris en considération lorsque vient le temps d’élaborer des politiques d’urbanisme. 

« Sans fermer des rues complètement, il est possible d’abaisser la limite de vitesse. Il faut arrêter de penser que le vélo n’est seulement qu’un loisir. »