Rien ne va plus dans la municipalité de Déléage, en Haute-Gatineau.

Déléage: la démission du maire et la mise sous tutelle sont demandées par des élus

Rien ne va plus dans la municipalité de Déléage, en Haute-Gatineau. Après des mois de tensions internes, d’allégations de harcèlement psychologique et d’abus de pouvoir, et face à un roulement de personnel anormalement élevé au sein de l’équipe de direction, quatre des six conseillers municipaux ont officiellement demandé, mardi, lors du conseil municipal, la démission du maire Raymond Morin et la mise sous tutelle de la municipalité par le gouvernement du Québec.

Depuis l’élection du maire Morin, en novembre 2017, cinq directeurs généraux se sont succédé à la tête de l’administration municipale. Plusieurs cadres ont remis leur démission ou quitté en invoquant des raisons de santé. La municipalité s’est même retrouvée sans aucun cadre à son emploi pendant un certain temps, l’automne dernier.

Par leur geste d’éclat, les conseillers Jean-Pierre Morin, Denis Brazeau, Michelle Briand et Louise Charlebois souhaitent « une intervention forte et sans équivoque » de la part du ministère des Affaires municipales. La station radiophonique CHGA qui suit la situation à Déléage depuis des mois rapportait, mercredi, que la déclaration des élus a été applaudie par les citoyens présents à la séance du conseil municipal.

La liste des récriminations envers le maire Morin est longue.

Les quatre élus reprochent au maire un manque total de transparence avec le conseil. Ils l’accusent de s’ingérer dans les décisions administratives et de ne pas respecter les limites de son rôle de maire.

Les élus ajoutent que le maire a porté « de graves accusations de fautes à tort envers des employés et membres du conseil » et qu’il « met l’ensemble du personnel fortement inconfortable par ses différentes interventions envers eux », en plus de « dénigrer ouvertement les membres du personnel et du conseil ».

En entrevue avec Le Droit, la conseillère Michelle Briand a précisé s’attendre à ce que le ministère des Affaires municipales comprenne bien « l’ampleur de la situation qui se vit actuellement à Déléage ».

Elle précise que si le maire Morin n’accorde aucune valeur à la déclaration faite par les quatre élus, mardi, ces derniers convoqueront un conseil municipal spécial d’ici la fin de la semaine pour en faire une résolution qui sera soumise au vote.

Cela pourrait toutefois ne pas être nécessaire. Mme Briand précise que la direction régionale du ministère des Affaires municipales est entrée en contact, tôt mercredi matin, avec les élus de Déléage.

« Des représentants du ministère se déplaceront ici la semaine prochaine », affirme-t-elle. Le ministère des Affaires municipales n’a pas donné suite à l’appel du Droit.

Mme Briand ajoute qu’elle n’est plus du tout à l’aise de travailler avec le maire Raymond Morin. Sans vouloir offrir trop de détails, elle précise que « les informations qui émanent du maire ne peuvent plus être considérées par le conseil ».

Les quatre élus de Déléage estiment que la situation est devenue intenable et ils souhaitent ainsi interpeller leur député, Robert Bussière, le ministre responsable de la région Mathieu Lacombe et la direction régionale du ministère des Affaires municipales.