L’heure tourne à la Société de transport de l’Outaouais qui espère toujours une aide financière bonifiée pour ne pas terminer l’année 2020 dans le rouge.
L’heure tourne à la Société de transport de l’Outaouais qui espère toujours une aide financière bonifiée pour ne pas terminer l’année 2020 dans le rouge.

Déficit prévu à la STO: l’aide supplémentaire se fait toujours attendre

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
L’heure tourne à la Société de transport de l’Outaouais (STO) qui espère toujours une aide financière bonifiée pour ne pas terminer l’année 2020 dans le rouge.

«On est bien heureux d’annoncer qu’on a reçu notre premier versement en lien avec le programme d’urgence, mais ce n’est toujours pas suffisant pour fermer l’année sans produire un déficit», a souligné le directeur général de la société de transports, Marc Rousseau, lors du conseil d’administration de l’organisation jeudi soir. Rappelons que le gouvernement du Québec avait annoncé en juin dernier un programme d’aide d’urgence d’une hauteur de 400 millions de dollars pour aider les réseaux de transports collectifs de la province à essuyer les contrecoups de la pandémie de COVID-19.

M. Rousseau précise que selon la Loi sur les sociétés de transport en commun, la STO ne peut terminer l’année en situation de déficit. «Techniquement, si la STO terminait avec une incapacité de terminer son année financière de manière équilibrée, le déficit devrait être récupéré par la Ville de Gatineau.» 

La présidente de la STO, Myriam Nadeau rappelle qu’un travail d'introspection assidu a été fait au sein même de l’organisation depuis le début de la pandémie pour minimiser les dépenses. «Ce n’est pas dans nos cartons de procéder à des mises à pied ou à des coupures massives», affirme-t-elle. «On a quand même procédé à une diminution de l’offre de service régulier cet été à 70%. Il y a eu des mises à pied temporaires et en ce moment on est à 82% du service régulier. On a regardé tout de ce qu’on pouvait réduire. Il faut comprendre qu’à la STO on n’est pas dans un environnement où il y a bien du gras à couper.»  

La présidente de la STO, Myriam Nadeau

Taux d’achalandage à la hausse en août 

La STO souligne par ailleurs que le mois d’août a été marqué par une augmentation de fréquentation du service, pour atteindre 34% de l’achalandage régulier qu’à pareille date en 2019. Même si ces données sont encourageantes, la Société demeure prudente. «On est conscients que ça va être graduel. Ce qui est certain c’est que la pandémie nous amène à nous adapter à mesure que la situation évolue», assure Mme Nadeau. «On n’a pas beaucoup de contrôle sur un virus. On a un contrôle sur nous, sur notre comportement[...] et sur le soutien de l’économie locale dont la STO est un acteur important pour transporter les gens vers les commerces, vers les lieux d’activité et l’école.»  La STO précise que cet achalandage est dû en grande partie au déconfinement progressif et aux entreprises qui ont le feu vert de Québec pour demeurer ouvertes. «Il faudra voir en septembre quel aura été l’impact du retour à l’école», ajoute Myriam Nadeau.  

Pour l’instant, la Société de transports de l’Outaouais demeure convaincue que d’autres annonces d’aide financière ne tardent à venir. «Je pense qu’il est trop tôt pour parler [officiellement] de déficit à ce point-ci, jusqu'à ce qu’on ait pris connaissance des annonces qui pourraient être faites au cours des prochains jours et des prochaines semaines», souligne M. Brousseau. 

Vers un nouveau plan d'accessibilité universelle

La STO a par ailleurs publié jeudi les résultats d’une consultation publique qui servira à élaborer le plan d'accessibilité universelle 2020-2024 de l’organisation pour le transport régulier et adapté. Cette consultation, qui s’est déroulée du 15 juin au 5 juillet, a permis à 239 répondants de réitérer entre autres «l'importance d'adapter et de rendre accessible toutes les étapes de l'expérience client», peut-on lire dans le rapport. «Il faut maintenant poursuivre les efforts entamés au cours des dernières années en termes d’accessibilité», souligne Myriam Nadeau. 

Le plan d’action basé sur cette consultation doit être adopté au début de l’année 2021.