Azzedine Soufiane

Décoration posthume à venir pour Azzedine Soufiane

La gouverneure générale du Canada se prépare à décorer à titre posthume l’épicier Azzedine Soufiane, mort en héros sous les balles du tueur à la Grande Mosquée de Québec.

Joël Lightbound, député libéral de Louis-Hébert et secrétaire parlementaire du ministre des Finances du Canada, a donné cette indication au Soleil, vendredi, après que des voix eurent réclamé une décoration pour l’homme qui a chargé Alexandre Bissonnette.

«Le dossier était déjà ouvert auprès de la gouverneure générale, sauf que la procédure veut qu’on attende la fin du procès avant que ça puisse être remis. C’est déjà considéré et, à mon avis, s’il y a quelqu’un qui mérite cette médaille, c’est bien M. Soufiane qui a agi dans ses derniers instants en héros comme on en voit rarement», a commenté M. Lightbound, qui suit l’évolution du dossier. 

Les images vidéo diffusées mercredi en cour et décrites par les journalistes ont confirmé les nombreux témoignages faisant état de la bravoure de l’épicier, déjà reconnu pour sa bonne humeur. On y voit le colosse se ruer sur le meurtrier pour le désarmer. Mais ce dernier échappe de peu à l’assaut, puis tire plusieurs balles sur M. Soufiane, qui n’a eu aucune chance de survie ce 29 janvier 2017.

Trois types

Les décorations pour actes de bravoure de la gouverneure générale du Canada «rendent hommage aux personnes qui ont risqué leur vie pour essayer de sauver ou de protéger une autre personne». Il y en a trois types (médaille de la bravoure, étoile du courage et croix de la vaillance) qui varient en fonction des actes posés et de la dangerosité des circonstances. Rien n’empêche de les remettre à une personne décédée. Cela s’est déjà fait. 

Au Bureau du secrétaire du gouverneur général, la relationniste Sara Régnier-McKellar a fait savoir que «la Chancellerie des distinctions honorifiques assure la confidentialité des candidatures». Aucun cas particulier n’est discuté publiquement.

La porte-parole nous a toutefois expliqué que n’importe quel citoyen peut présenter une candidature pour une décoration, au plus tard deux ans après l’acte de courage. «Une fois une candidature reçue, il y a un processus de recherche entrepris par la Chancellerie. Celle-ci présente les dossiers qui répondent aux critères d’admissibilité du programme à un comité d’experts composé, entre autres, d’un membre de la Gendarmerie royale du Canada, d’un pompier, d’un membre des Forces armées canadiennes et d’un médecin. Le Comité pour la bravoure se réunit de quatre à cinq fois par année», a-t-elle précisé.

Lors de procédures judiciaires, ce processus est toutefois suspendu jusqu’au jugement.

Au Québec, c’est le ministère de la Justice qui décerne la médaille du civisme «à une personne qui a accompli un acte de civisme dans des circonstances périlleuses» et qui ne fait pas partie des forces policières. La décoration peut aussi être remise à titre posthume. 

Pour le moment, le gouvernement du Québec étudie les candidatures des citoyens qui ont posé des gestes courageux en 2016. Ils seront honorés plus tard cette année. Il faudra donc attendre 2019 pour savoir si Azzedine Soufiane se qualifiera.