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On se prépare à accueillir les clients au restaurant Peace Garden du marché By.
On se prépare à accueillir les clients au restaurant Peace Garden du marché By.

Déconfinement en Ontario: Des restaurateurs prêts à rouvrir leurs salles à manger

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
Julien Paquette
Julien Paquette
Le Droit
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L’ordre de rester à la maison et le confinement seront levés mardi dans l’Est ontarien et à Ottawa. Ce relâchement des restrictions est le bienvenu pour des restaurateurs de la région qui ont finalement le feu vert pour rouvrir leurs salles à manger.

«On aurait pu rouvrir avant, ça fait longtemps qu’on est prêts», avoue Dominic Lamarche, copropriétaire des restaurants le Chardo, à Alfred, et Place 19-67, à Plantagenet. «J’avais quand même des clients loyaux en livraison qui nous encouragent toujours, mais on avait hâte d’ouvrir.»

Dès mardi, à minuit une, l’ordre de rester à la maison et les mesures de confinement seront levés dans 27 bureaux de santé en province. Chacune de ces régions pourra réintégrer leur zone du Cadre d’intervention pour la COVID19 de l’Ontario, qui classe les mesures à faire respecter dans les régions sanitaires par couleurs, selon ce que la Santé publique provinciale leur a attribué.

La région du Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO) et de huit autres bureaux de santé, dont Santé publique Ottawa, intégreront la zone «Orange-Restreindre». Parmi les mesures en vigueur dans cette zone, les restaurants doivent se limiter à recevoir 50 personnes au maximum dans leurs salles à manger, à raison de quatre personnes par table. Les clients doivent également passer un dépistage obligatoire sous forme de questionnaire et doivent donner leurs coordonnées afin d’être joignables en cas d’éclosion déclarée dans les établissements de restauration.

«Contrairement à l’autre confinement, on savait que ça s’en venait», affirme Sameer Chhibber, propriétaire du restaurant G.A.B.’s, à Rockland. Il confirme d’ailleurs avoir déjà plusieurs réservations en vigueur pour la première journée d’ouverture. «La communauté de Rockland et des environs est une communauté très soudée et sait vraiment comment se soutenir dans des moments comme celui-ci.»

Prévoir l’achalandage

Gérer un restaurant avec des restrictions quant au nombre de clients peut être différent d’un commerce au détail. On ajoute à l’équation toute la gestion et la prévision de l’inventaire de nourriture et des aliments périssables.

À cet effet, au restaurant G.A.B.’s, M. Chhibber explique avoir décidé de ne garder qu’un petit inventaire d’aliments en succursale pour sa réouverture. Si l’achalandage devenait plus important que les réserves, lui et son père se relaieront afin d’aller rapidement chercher des items manquants au besoin.

«C’est sûr qu’il y a de la perte», avoue pour sa part M. Lamarche. «Quand on a fermé, on a fait des dons aux banques alimentaires.» Il précise que les livraisons et les commandes à emporter ne représentaient qu’environ 30% de l’achalandage habituel. «Mais on s’attend à retrouver notre clientèle», souligne-t-il. «En région rurale, on dirait que les gens ont un peu moins peur. Tout le monde se connaît. Les gens se sentent en sécurité de venir à notre resto. On prend les règlements à la lettre.»

Cependant, les deux restaurateurs ne s’en cachent pas, si un autre confinement devait se produire, ce serait peut-être la goutte de trop. «Je ne veux pas y penser», avoue M. Lamarche. «On aime dire qu’on va se retrousser les manches et on va passer au travers, mais on est humains comme tout le monde. À un moment donné, on va se faire achever.»

Gérer un restaurant avec des restrictions quant au nombre de clients peut être différent d’un commerce au détail. Sur la photo, on aperçoit une employée du King Eddy.

Une commerçante d’Ottawa inquiète

La réouverture des entreprises en Ontario est plutôt unanimement bien reçue dans le milieu des affaires de la capitale fédérale et de l’Est ontarien, mais elle suscite également certaines inquiétudes, souligne Claire Lauzon, propriétaire de la boutique Ma Cuisine dans le marché By.

«J’ouvre mon commerce un peu de reculons, avec beaucoup d’inquiétudes, soutient Mme Lauzon. On se met un peu en danger, parce que les gens ne coopèrent pas tous.»

Claire Lauzon s’estime chanceuse d’être dans les affaires depuis 25 ans. Elle dit ne plus dépendre des revenus de son entreprise et aurait pu se permettre une fermeture qui perdurait pendant quelques semaines encore. La propriétaire de Ma Cuisine comprend que ce n’est pas le cas de tous les entrepreneurs qui ont besoin d’obtenir des liquidités afin d’assurer la survie de leur commerce.

La femme d’affaires espère que la décision de rouvrir les petites entreprises ne soit pas trop hâtive. Mme Lauzon souligne qu’elle veillera au respect à la lettre des consignes sanitaires dans son local. Elle entend même aller plus loin que les exigences provinciales à certains niveaux pour limiter les risques de transmission du virus.

«On a encore une quarantaine de cas chaque jour à Ottawa. On est où on était en octobre, ce n’est pas une avancée tant que ça. Avec les variantes aussi, ça peut remonter vite», affirme Claire Lauzon.