Des résidents de la rue du Dôme ont déposé une mise en demeure à la municipalité de Chelsea afin de dénoncer une « coupe à blanc » ayant lieu derrière le quartier de Gatineau.

Déboisement: «Chelsea nous a induits en erreur»

Une mise en demeure a été envoyée lundi à la municipalité de Chelsea, alors que près d’une cinquantaine de résidents du secteur de la rue du Dôme, à Gatineau, lui reprochent de laisser le champ libre à la destruction de l’espace tampon boisé situé à la frontière de Gatineau.

Olivier Fankhauser, un résident de la rue du Dôme, dans l’ouest de Gatineau, dénonce ce qu’il considère comme étant « une coupe à blanc de la forêt » ayant lieu derrière son quartier aménagé à un jet de pierres du Club de golf Hautes Plaines.

La municipalité de Chelsea a octroyé un permis à l’entreprise Location de Grues Gaétan Roy pour qu’elle puisse y construire un stationnement qui lui permettra d’entreposer sa machinerie.

Des travaux du même genre avaient déjà eu lieu à l’automne 2017, dans la zone industrielle de Chelsea.

À ce moment, M. Fankhauser avait confié ses inquiétudes de voir le boisé en question être rasé auprès de l’administration de Chelsea. « On avait partagé nos craintes et on avait eu l’engagement de la municipalité de Chelsea que c’était temporaire, que ça allait être réhabilité et qu’il n’y aurait pas d’extension à long terme. »

Dans un échange de courriels avec Le Droit, la municipalité a indiqué que « la réponse de la municipalité en 2017 ne donnait aucune garantie et ne concernait d’ailleurs pas le même lot ».

La zone où se déroulent actuellement les travaux n’avait pas encore été achetée par M. Roy à l’époque, ajoute la municipalité.

M. Fankhauser juge que « la municipalité de Chelsea a délibérément induit les citoyens en erreur », et que « le fait que la municipalité ait menti » représente le plus gros problème. « Elle se cache derrière le fait qu’elle n’est pas obligée de nous informer. Ça soulève des questions par rapport à la gouvernance de la municipalité. Pendant trois ans, elle a caché le projet à la population. Le fait qu’ils nous ont menti pour nous apaiser, ce n’est pas éthique. (...) Venant d’une municipalité qui se dit verte comme Chelsea, où on est en train de détruire tout le secteur ici, c’est très ironique. »

Le Gatinois affirme aussi que la déforestation de l’espace tampon localisé entre la route 105 et son quartier risque d’avoir de graves conséquences, notamment sur la qualité de vie des habitants de la rue du Dôme.

« C’est un couloir qui part du parc de la Gatineau jusqu’à la rivière Gatineau. Nous sommes dans une zone importante de reproduction de batraciens, par exemple la rainette faux-grillon, qui est une espèce menacée. Il y a aussi tout l’aspect quiétude et le fait que ça aura un impact négatif sur la valeur de nos propriétés », dénonce le résident gatinois.

Selon la municipalité, pour obtenir ce permis, le propriétaire du terrain devait effectuer une étude environnementale ainsi qu’une étude géotechnique. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, le ministère de l’Environnement et de la lutte aux changements climatiques ainsi que la MRC des Collines-de-l’Outaouais ont aussi été consultés avant de délivrer le permis.

Selon le conseiller du district, Simon Joubarne, tout le processus d’octroi du permis a été fait dans les règles de l’art. « Il faut retenir que c’est un processus entièrement administratif. La politique a été écartée. C’est un terrain de zone industrielle. Le promoteur a une entreprise qui est déjà sur place. Tout ce qu’il demande, c’est de pouvoir agrandir le stationnement pour pouvoir stationner ses grues. »

La municipalité affirme que la mise en demeure sera analysée et qu’une réponse sera envoyée à M. Fankhauser.