Denis Gratton
Le Droit
Denis Gratton
Après un peu plus d’une semaine de congé de maladie, le chroniqueur Denis Gratton s'est exprimé sur la crise de la COVID-19. 
Après un peu plus d’une semaine de congé de maladie, le chroniqueur Denis Gratton s'est exprimé sur la crise de la COVID-19. 

De retour après la pause

CHRONIQUE / Je reprends la plume ce matin après un peu plus d’une semaine de congé de maladie.

Non, rien à voir avec le coronavirus. Juste mal en point, mettons. Et ce n’est certainement pas par les temps et la bibitte qui courent que je vais me mettre à vous parler de mes petits bobos.

Ce congé m’a donné le temps de lire. Et de lire encore. Je crois que j’ai lu à peu près tout ce qui a été écrit sur la COVID-19. (Chapeau en passant à mes collègues du Droit. Vous accomplissez un travail remarquable en ces temps extrêmement difficiles, chers amis).

Comme plusieurs, je regarde quotidiennement la conférence de presse du premier ministre québécois, François Legault, et du seul et unique Dr Horacio Arruda, le directeur national de la santé publique. Quel communicateur, ce Dr Arruda ! J’ai déjà hâte de me rendre à Old Chelsea pour goûter aux tartelettes portugaises de mon amie Manuela.

Je regarde aussi les points de presse — en anglais seulement — du premier ministre ontarien Doug Ford. Pas nécessairement par choix, mais par nécessité, moi qui habite l’Ontario. Dommage que Ford ne fasse pas appel à un « Dr Arruda » franco-ontarien. Je pourrais lui suggérer quelques noms.

Et, bien entendu, j’ai le nez collé sur mon écran de téléphone et/ou d’ordi afin de ne rien manquer de ce qui se dit et se raconte sur Facebook.

J’ai lu toutes les blagues liées au coronavirus. Je les connais par cœur. Certaines étaient hilarantes… la première fois. D’autres étaient rigolotes… la première fois. Mais après 10, 50 ou 100 fois, elles deviennent drôlement moins amusantes. Ou comme disait mon père : « de la “crème à glace” c’est bon, mais un gallon c’est écœurant ».

Comme la grande majorité d’entre vous, je connais toutes les consignes et directives par cœur. Mes mains n’ont jamais été aussi propres. J’évite autant que possible tout contact avec la race humaine. Et je sors de chez moi uniquement lorsqu’il le faut…. alors que l’essence se vend à 70 cents le litre. Cruelle ironie.

Le papier de toilette

J’ai évidemment lu sur la pénurie de papier-cul. Je l’ai constatée à l’épicerie de mon quartier alors que les tablettes de cet indispensable papier étaient complètement vides. J’ai aussi lu l’historique de cette pénurie. Tout a commencé en Australie, là où le papier de toilette est importé de la Chine. Mais puisque la Chine avait fermé toutes ses frontières, les Australiens en ont manqué et… bon, on connaît la suite. C’était le monde à l’envers, en Australie.

Ce que je comprends moins, c’est l’hystérie qui s’est emparée des gens d’ici, des Gatinois et des Ottaviens. Comme si nous aussi comptions sur la Chine pour nous torcher l’arrière-train.

Alors au cas où vous l’ignoriez, chers concitoyens, il y a sur la rivière des Outaouais cette immense usine du nom de Kruger, coincée entre le Parlement canadien et l’hôtel de ville de Gatineau, où l’on fabrique… du papier de toilette ! Donc calmez-vous le popotin, on le fabrique dans notre cour. Nous n’en manquerons pas. On va bien « y aller ».

« La bombe américaine »

De tous les textes que j’ai lus au cours de la dernière semaine, un d’entre eux était particulièrement troublant et alarmant. C’était le 16 mars dernier dans la revue L’actualité, et ce texte était intitulé « La bombe américaine ».

L’auteur, Alex Castonguay, explique comment les États-Unis ont toutes les chances de devenir le prochain épicentre de la crise mondiale de coronavirus. Bien entendu, le fait que le président de cette puissance mondiale soit imprévisible, impulsif, souvent irrationnel et complètement dépassé par les événements n’aide en rien. Mais voici quelques chiffres avancés par l’auteur. À donner des frissons dans le dos :

— « Il y a 11 millions de sans-papiers aux États-Unis, soit des illégaux qui n’iront jamais se faire tester dans un hôpital (ou ailleurs) et qui n’oseront pas manquer leur travail, souvent précaire, parce qu’ils sont malades, ajoutant au risque de contagion ».

— « Il y a 27,5 millions d’Américains sans couverture d’assurance maladie, et qui ne se rendront pas se faire tester en clinique parce qu’ils ne peuvent pas se le payer ou alors parce qu’ils ne pourront pas s’offrir les soins s’ils sont testés positifs ».

Une catastrophe annoncée, quoi.

Et vous, comment ça va ?

Changement d’humeur… Et vous, chères lectrices, chers lecteurs, comment allez-vous ? Comment se passent les choses chez vous ?

Vous avez une histoire à partager ? Un geste posé par votre enfant, un ami, un parent ou un voisin qui mériterait d’être raconté ? Non pas pour en faire des héros, mais des exemples à suivre.

Vous avez une anecdote à partager ? Une idée à faire circuler ou tout autre sujet « coronavirusarien » qui pourrait faire l’objet d’une chronique dans cette page ? Écrivez-moi. N’hésitez pas. Je vous lirai si vous m’écrivez, je vous le promets. Ça nous donnera quelque chose à faire…

D’ici là, dites-vous que c’est long une vie. Et que ce que nous vivons présentement, ce n’est qu’un moment. Qu’un court moment.

Ça va bien aller.