Situation a la prison de hull GatineauPATRICK WOODBURY, LeDroit
Situation a la prison de hull GatineauPATRICK WOODBURY, LeDroit

De plus en plus de prévenus derrière les barreaux

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Les personnes en détention provisoire sont plus nombreuses que les personnes condamnées dans les prisons provinciales comme celles de Gatineau et d'Ottawa-Carleton.
Cette tendance - à l'opposé de celle observée il y a 20 ans - expliquerait en partie les tensions dans le milieu carcéral et les crises comme celle qui a été observée à la prison de Hull il y a deux semaines.
Le problème de surpopulation dans les centres de détention provinciaux est le résultat des décisions politiques et du durcissement du Code criminel par le gouvernement fédéral, estime Justin Piché, professeur au département de criminologie de l'Université d'Ottawa.
Le 5 février dernier, entre 9 h 15 et 18 h, des détenus de l'aile à sécurité maximale de la prison de Hull se sont barricadés toute la journée, forçant l'intervention de négociateurs de la Sûreté du Québec. Une partie des 16 ou 18 détenus impliqués auraient refusé d'être transférée dans un autre centre de détention ou une autre aile. L'aile B3, théâtre du grabuge du 5 février, peut accueillir 16 détenus. Des sources indiquent qu'ils étaient plutôt 18 à l'intérieur, soit deux de plus que la capacité d'accueil officielle.
«Les détenus peuvent développer de l'anxiété quant à leur futur, note le professeur Piché. Ils sont plus volatils. Un climat difficile s'installe, il y a plus de gens stressés qui ne savent pas où ils s'en vont dans les prochaines semaines, dans les prochains mois.»
Pour un détenu, changer de prison ou de secteur peut signifier être en danger, précise M. Piché. «À l'intérieur, les gens cherchent à créer des alliances pour se protéger. Quand on leur annonce un déménagement, cela peut être synonyme d'une sécurité compromise. Ça peut causer des tensions.»