La faible présence des femmes dans la construction est un enjeu bien réel et l'industrie peut certainement faire mieux.

De plus en plus de femmes dans la construction

Les mesures adoptées pour accroître la présence des femmes dans l'industrie de la construction commencent à porter fruit...mais les progrès sont lents.
Un bilan réalisé par la Commission de la construction du Québec, diffusé à la fin de juillet et qui était passé inaperçu, indique en effet que les chantiers du Québec comptaient 208 femmes de plus en 2016 qu'en 2015, soit un total de 2494 femmes.
Les femmes représentaient ainsi 1,62 % de l'ensemble de la main-d'oeuvre dans la construction en 2016, alors qu'elles en représentaient 1,48 % en 2015.
Reste qu'on est encore loin de l'objectif du Plan d'action 2015-2018 d'atteindre « au moins 3 % » de femmes actives dans les chantiers d'ici la fin de l'année 2018.
Au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne mardi, la présidente-directrice générale de la CCQ, Diane Lemieux, s'est tout de même réjouie de cette augmentation.
«Il faut regarder d'où on part. C'est relativement significatif. Dans le bilan, il y a plusieurs bonnes nouvelles», a-t-elle fait valoir.
Par exemple, en 2016, 478 femmes ont fait leur entrée dans l'industrie de la construction - un nombre jamais égalé. Il s'agit d'une augmentation de 33 %.
Mais le défi consiste aussi à les maintenir dans l'industrie, malgré les obstacles qu'elles peuvent y rencontrer. Or, plusieurs quittent après quelques années.
Mme Lemieux rapporte que les motifs de ces départs ont été documentés. « La raison principale - il y en a plusieurs- mais une raison assez pesante, dans le portrait, était le climat de travail. Les femmes devenaient fatiguées, pour ne pas dire écoeurées du climat de travail, des blagues plates et toutes ces affaires-là. »
La pdg de la commission rappelle donc que les entrepreneurs et les associations syndicales ont aussi un rôle à jouer pour faciliter l'intégration des femmes dans l'industrie. Elle signale que 8 % des employeurs embauchent des femmes et que ce n'est pas assez.
Entrepreneurs
Une de ces associations patronales, l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec se dit aussi consciente du fait que les entrepreneurs doivent en faire davantage.
« Le dossier des femmes dans la construction, c'est un dossier de tous les jours. Il faut en faire encore, encore et encore, et ne pas baisser les bras », a commenté Jean-Sébastien Lapointe, conseiller aux communications et aux relations publiques à l'APCHQ.
Néanmoins, il juge la hausse déjà constatée d' « encourageante ». « On est optimiste que l'industrie soit capable d'atteindre les 3 % pour la fin de l'année 2018 », a opiné M. Lapointe.
Selon des données de la CCQ, il y avait par exemple 5587 peintres en 2014, dont 626 étaient des femmes. Chez les carreleurs, on comptait 85 femmes et 2401 hommes. Chez les électriciens: 195 femmes et 17 285 hommes. Chez les grutiers: 12 femmes et 1759 hommes. Chez les couvreurs: 27 femmes et 5460 hommes.
Mesures incitatives
La CCQ et ses partenaires ont déjà adopté un train de mesures visant à faciliter l'embauche de femmes dans la construction et leur rétention dans l'industrie. Certaines ont été complètement déployées, d'autres sont en voie de l'être.
Entre autres, on favorise l'embauche de femmes enseignantes dans les programmes d'études menant aux métiers de la construction.
Les femmes peuvent aussi obtenir le statut de salariée préférentielle plus rapidement.
Elles ont également priorité pour les inscriptions aux programmes d'études menant aux métiers de la construction dans une dizaine de Centres de formation professionnelle.
De même, des campagnes de sensibilisation ont été menées auprès du milieu de l'éducation, des associations patronales et syndicales, des communautés autochtones, des services d'intégration des immigrants, par exemple.