Le Dr Tim Aubry de la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa privilégie l’accès à un logement permanent pour chaque itinérant.

De nouvelles voix s'unissent contre le déménagement de l'Armée du Salut

Aux nombreuses voix qui s’élèvent contre le projet de déménagement du refuge de l’Armée du Salut dans le quartier de Vanier, s’ajoutent désormais celles des associations des circonscriptions fédérale et ontarienne du Nouveau Parti démocratique.

Samedi matin, les néodémocrates d’Ottawa ont fait savoir qu’eux aussi rejetaient la demande de construction d’un nouvel immeuble pour itinérants et toxicomanes sur le chemin Montréal ; projet qui semble avoir été récemment cautionné par le service d’urbanisme de la Ville d’Ottawa dans un rapport préliminaire qui aurait été parcouru par le conseiller municipal Mathieu Fleury, opposé lui aussi au projet.

L’association néodémocrate provinciale d’Ottawa Vanier avait invité le professeur Tim Aubry de l’École de psychologie de l’Université d’Ottawa à venir prendre la parole à ce sujet, samedi matin, au centre communautaire de Sandy Hill. 

Selon le spécialiste, la gestion du problème des sans-abri par l’Armée du Salut dans ce dossier est contraire à toutes les récentes études sur l’itinérance. 

« Le projet comme tel n’a aucun sens. Il est complètement à part de ce que l’on sait et à part d’où on va en termes de politiques. [...] Ça gère le problème, ça ne le résout pas. [...] Ce sont des programmes qui sont dépassés. Quand on fait un déménagement comme pour un refuge, pourquoi on n’amènerait pas des programmes, des stratégies, des interventions qui sont plus efficaces, qui sont supportés par des recherches ? C’est ça que je ne comprends pas », déplore le spécialiste en santé mentale communautaire et en itinérance.

Le NPD réclame une approche plus décentralisée et à plus petite échelle de la problématique et considère l’implantation du nouveau refuge dans Vanier comme étant incompatible avec le plan de la Ville pour contrer l’itinérance et tout aussi incompatible avec le programme Logement d’abord du gouvernement fédéral.

Les néodémocrates estiment que les refuges d’urgence sont une des manières les moins efficaces pour aider les itinérants chroniques et épisodiques.

Le Dr Tim Aubry de la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa privilégie l’accès à un logement permanent pour chaque itinérant plutôt que d’offrir des traitements ponctuels au quotidien pour les accommoder à court terme.

Enfin, le NPD recommande d’offrir des services additionnels aux itinérants dans d’autres secteurs moins desservis de la ville.

Trois jours de consultations publiques doivent avoir lieu sous peu sur cette problématique.