En cette période de confinement où les gens font de plus en plus de promenades dans les quartiers, on pourrait croire que certains observent des phénomènes étranges aux abords des cimetières.
En cette période de confinement où les gens font de plus en plus de promenades dans les quartiers, on pourrait croire que certains observent des phénomènes étranges aux abords des cimetières.

De l'Auberge Symmes au Château Laurier: une région hantée?

On dit que la région de la capitale fédérale regorge d’histoires fantastiques mettant en vedette des revenants qui hantent des lieux publics.

Du Château Laurier à l’Auberge Symmes en passant par le lac des Fées et la vieille prison d’Ottawa, toutes ces légendes attisent le mystère et la curiosité.

Parmi les plus intéressantes, mentionnons celle de l’Auberge Symmes.

Construite en 1831 par Charles Symmes, fondateur d’Aylmer et neveu de Philémon Wright, cet hôtel accueillait les passagers qui voyageaient en provenance de Montréal et leur permettaient d’y passer la nuit avant de prendre un bateau à vapeur et remonter la rivière des Outaouais en direction des localités du nord-ouest. L’auberge constitue durant des décennies le plus important relais du réseau de transport terrestre et fluvial de l’Outaouais.

Selon la légende, la plus jeune fille de Charles Symmes serait morte dans l’immeuble.

« Selon ce que l’on sait, Hannah Symmes souffrait d’une maladie rare et incurable à cette époque, explique Gilles Laroche, président du conseil d’administration du Musée de l’Auberge Symmes. Le père de la petite Hannah, toujours selon la légende, la cachait dans une pièce du grenier pour la soustraire au regard des invités pendant les soirées mondaines qui se tenaient à l’auberge. Hannah, alors âgée de 12 ans et oubliée au terme d’une soirée bien arrosée, y serait morte de froid en 1858 ».

L’équipe d’Outaouais Paranormal s’intéresse depuis longtemps à cette légende et met la main aux derniers détails entourant une grande enquête sur cette histoire qui devait d’ailleurs se mettre en branle ce printemps.

L’auberge Symmes, dans le secteur Aylmer, serait le site de manifestations paranormales depuis très longtemps. La fille du fondateur, Hannah Symmes, hanterait les lieux.

« La légende est très persistante, confie au Droit Marc Charette directeur et enquêteur d’Outaouais Paranormal. On a déjà fait enquête à l’Auberge. Sans avoir de conclusion certaine, on a recueilli assez de preuves pour vouloir y retourner, mais cette fois, nous voulons impliquer des gens du public. Nous allons installer notre équipement dans l’immeuble et investiguer non seulement avec notre équipe, mais accompagnés de citoyens intéressés par le sujet. Ce sera une première pour nous. »

Plusieurs enquêtes ont eu lieu dans cet immeuble au fil du temps. En 2016, l’équipe de Bytown Paranormal a enquêté sur cette légende à trois reprises. Selon des témoignages recueillis par l’équipe de Bytown Paranormal, des employés de l’auberge qui est aujourd’hui un musée d’histoire, disent avoir entendu des bruits de pas à l’étage. Hélène Parent, coordonnatrice du Musée, témoignait ainsi de son contact avec l’esprit qui hante l’édifice.

« Quand je fermais le Musée, un soir tard, j’ai clairement entendu une voix, une voix de petite fille, qui me disait goodbye quand j’ai barré la porte. »

C’est d’ailleurs cet épisode qui a poussé la directrice à contacter l’équipe du Bytown Paranormal. Au terme de leurs trois visites, ils ont finalement pu obtenir un enregistrement suspect. Les enquêteurs de Bytown Paranormal croient que la petite fille serait plutôt de « nature gênée et discrète ».

En 2019, cette histoire et les « expériences » des employés du musée ont Gilles Laroche à produire un court métrage intitulé Hannah, la légende de l’Auberge Symmes, qui en relate les grandes lignes. Le documentaire d’une dizaine de minutes est disponible sur YouTube.

Une région hantée ?

La légende de l’Auberge Symmes n’est pas la seule à susciter la curiosité dans la région.

Celle du fantôme de Patrick James Whelan, pendu en 1869, fait partie du folklore. Selon la légende, l’homme que l’on a accusé d’avoir tué Thomas d’Arcy McGee rôderait toujours dans le couloir de la mort de la vieille prison d’Ottawa, qui est aujourd’hui transformée en auberge de jeunesse.

Il y a aussi les esprits du Domaine Mackenzie-King. On raconte que, dans la maison Moorside, l’ancien premier ministre discutait régulièrement avec ses « conseillers » qu’étaient son grand-père, sa mère et Wilfrid Laurier, tous décédés à cette époque. Depuis ce temps, des phénomènes étranges ont lieu sur le domaine. La Marche hantée d’Ottawa organise d’ailleurs des visites du domaine.

Toujours à Ottawa, le fantôme de Charles Melville Hayes hanterait le 5e étage du Château Laurier. M. Hayes a péri lors du naufrage du Titanic le 14 avril 1912. Il était monté à bord du paquebot pour se rendre à Ottawa afin d’inaugurer l’hôtel construit par la compagnie de chemin de fer dont il était le président. On raconte qu’il serait revenu occuper l’hôtel qu’il n’a jamais pu inaugurer.

Enfin, dans le secteur Hull de Gatineau, la légende du lac des Fées raconte l’histoire d’une jeune algonquine qui devait choisir entre deux prétendants. Avant qu’elle puisse faire un choix, les deux seraient morts lors d’une bataille contre une tribu rivale. La jeune fille se serait alors laissée couler dans le lac des Fées, abattue par la peine. Depuis ce temps, les âmes des deux guerriers erreraient autour du lac.

Enquêtes en attente

En attendant la fin du confinement, les équipes d’enquêteurs du paranormal se préparent en vue de divers projets.

Ne pouvant déployer leurs équipements sur les sites d’enquête en raison des mesures de distanciation et de santé publique, ces enquêteurs du surnaturel continuent quand même de colliger les signalements.

« Nous restons à la disposition du public pour recueillir leurs signalements et leurs témoignages, d’ajouter M. Charette. On ne peut pas encore aller chez les gens, mais dès le déconfinement, nous nous mettrons à l’œuvre, à commencer par l’Auberge Symmes et la vieille prison d’Ottawa. »