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L'augmentation des décès pouvant être causés par une surdose «préoccupe» les autorités.
L'augmentation des décès pouvant être causés par une surdose «préoccupe» les autorités.

De la consommation supervisée sous forme mobile à venir en Outaouais

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
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Alors qu’une hausse marquée du nombre de décès potentiellement liés à des surdoses de stupéfiants est observée en Outaouais, un véhicule adapté pouvant offrir un service de consommation supervisée devrait être déployé d’ici deux ans dans la région.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a lancé un appel, en octobre, pour acheter une fourgonnette pouvant «accueillir un service de consommation supervisée mobile». Les entreprises intéressées ont jusqu’au 22 décembre pour présenter une soumission.

Le plan de match pour le lancement d’un tel service n’est pas encore terminé, de sorte que l’organisation «vise le déployer à l’intérieur des deux prochaines années».

Selon les documents de l’appel d’offres, le véhicule devra pouvoir accueillir deux usagers et deux intervenants, soit une infirmière clinicienne et un intervenant psychosocial.


« Depuis le 1er janvier 2020, on est rendu à 43 décès potentiellement dus à une surdose »
la Dre Camille Paquette

Surdoses mortelles

Les décès susceptibles d’être reliés à des surdoses connaissent une forte hausse dans en Outaouais. Pour toute l’année 2019, la région avait enregistré 30 décès par surdose sur son territoire.

«Depuis le 1er janvier 2020, on est rendu à 43 décès potentiellement dus à une surdose», a fait savoir la Dre Camille Paquette, médecin spécialiste en santé publique et en médecine préventive au CISSSO, en précisant qu’il y avait «rarement une seule substance» en cause.

Ce sont les investigations des coroners qui permettront de déterminer si ces décès ont bel et bien été causés par une surdose, une démarche qui peut prendre environ un an.

Cette augmentation des décès pouvant être causés par une surdose «préoccupe» les autorités. La Dre Paquette a indiqué que différentes pistes peuvent expliquer la situation actuelle, comme «la hausse potentielle de la toxicité des substances qui sont disponibles sur le marché», entre autres lorsque du fentanyl est ajouté à la composition d’une substance consommée. «Les gens se retrouvent parfois à consommer en jouant à la roulette russe, en ne sachant pas nécessairement ce qu’il y a dedans [ce qu’ils consomment]», illustre la Dre Paquette.

La fermeture des frontières aurait aussi «apparemment» engendré des changements «dans ce qui circule», tandis qu’avec les mesures de confinement, plusieurs personnes consomment seules, ce qui n’est «pas la meilleure affaire à faire», note la Dre Paquette.

À la fin juillet, un tout premier site temporaire de prévention des surdoses a ouvert derrière le Gîte Ami, dans le Vieux-Hull. Il s’agissait d’abord de tentes. Ensuite, «le Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais (CIPTO) a pu faire l’achat d’une roulotte» pour permettre le maintien des services dans un espace chauffé, a indiqué la Dre Paquette.

Entre le 27 juillet et la fin octobre, quelque 1100 visites ont été comptabilisées par le CIPTO pour ce service. Les heures d’ouverture étaient au départ de 18h à 22h, mais elles ont pu être prolongées jusqu’à 1h du matin, et ce sept jours sur sept. À l’heure actuelle, Santé Canada a permis le maintien de ce site jusqu’au 30 septembre 2021, dans le cadre d’une exemption à la loi fédérale sur les substances contrôlées.

Ce nouveau service en vaut «clairement» la peine, assure la Dre Paquette. Il permet entre autres d’éviter que des personnes consomment seules, mais aussi de fournir de précieuses informations sur les risques de surdose ou sur le partage de matériel, a-t-elle donné en exemple.

Le directeur général du CIPTO, Yves Séguin a fait savoir que l’arrivée éventuelle d’un véhicule adapté pour offrir le service de consommation supervisée sous une forme mobile ne signifiera pas nécessairement la disparition du site fixe. M. Séguin a expliqué que le projet de véhicule adapté «était déjà planifié avant les tentes», depuis presque deux ans. Le service fixe pourrait donc demeurer en place, tandis que le véhicule adapté pourrait être appelé à se déplacer ailleurs en zone urbaine, en fonction des besoins.