Plus d'un millier de personnes ont manifesté samedi dans les rues d'Ottawa en appui à la cause palestinienne.

Dans la rue en appui aux Palestiniens

La Palestine a pu compter sur des appuis partout à travers le globe, samedi, parfois même à des endroits inattendus, dont à Ottawa.
Des manifestations étaient organisées dans de nombreuses villes des États-Unis, du Canada, du Royaume-Uni, de l'Australie, du Chili et de l'Europe. À Ottawa, plus d'un millier de personnes ont défilé dans les rues en exigeant un cessez-le-feu.
Après la rencontre devant le Monument canadien pour les droits de la personne, à l'angle des rues Lisgar et Elgin, les manifestants se sont dirigés vers la colline parlementaire en faisant un détour par la rue Sussex pour «saluer» l'ambassade des États-Unis à Ottawa.
«Shame, shame, USA! Shame, shame Obama!», criait la foule.
Les gens rassemblés n'avaient également pas de félicitations à faire au gouvernement du Canada, qu'ils critiquaient pour son appui indéfectible à Israël.
«On a parlé à des membres de notre famille avant de venir, ils étaient surpris qu'une manifestation s'organise à Ottawa en raison de notre gouvernement de droite», affirme la secrétaire de l'Association des Palestiniens-Arabes-Canadiens à Ottawa, Janan Arafa. «Ils étaient surpris, mais vraiment soulagés, précise la jeune femme. Que ce soit à Londres, à Séoul, chaque fois qu'ils entendent parler d'une manifestation pour les supporter, ils sont heureux et excités. Ça leur donne un peu d'espoir.»
Des appuis divers
Parmi les manifestants ottaviens, on pouvait compter Zaïd Tellawy. Au début du rassemblement, en début d'après-midi, le Canadien d'origine palestinienne a lancé un appel à la mobilisation.
«Ce qui ce passe en Palestine doit être documenté et diffusé. [...] Certains disent même que c'est le début d'une guerre, mais ce n'est pas vrai. Ce qui se passe en ce moment, ce n'est de la guerre, c'est du meurtre», a affirmé le militant.
Le mouvement syndical canadien a aussi fait sentir sa présence. «Il faut donner une chance à la paix», a martelé Donald Lafleur, du Congrès du travail du Canada. «Israël doit cesser ses attaques et briser le cycle de la vengeance. [...] Et le gouvernement canadien doit faire usage de sanctions diplomatiques et commerciales afin de s'assurer que la loi internationale soit respectée.»
D'autres, comme Shahd Hamdwon, se sont joints à la marche sans être touchés directement par le conflit israélo-palestinien. «C'est un enjeu humain, tout le monde doit se sentir concerné. Si la liberté est absente à un endroit, elle est absente partout», a expliqué l'homme.
Un groupe attirait particulièrement les regards. Quatre juifs orthodoxes écoutaient paisiblement les discours en tenant une banderole qui dénonce le sionisme et l'État d'Israël.
Le rabbin Dovid Feldman explique que son groupe et bien des Juifs à travers le monde n'approuvent pas les actions d'Israël en Palestine, contrairement à ce que l'on pourrait croire. Par sa présence, il espérait démontrer que les Juifs sont loin d'être unanimes sur la question.
S'il s'oppose à l'existence même d'Israël, M. Feldman dénonce avec encore plus de vigueur la force employée dans le conflit actuel. «Le président Benyamin Netanyahou cite la Torah (les textes sacrés juifs) pour justifier ses actions, alors qu'il n'est même pas un pratiquant. Comment ose-t-il? Son État ne représente d'aucune façon la religion juive», dénonce avec vigueur le rabbin. «Nous sommes opposés aux meurtres, opposés à l'oppression et opposées à l'occupation du territoire palestinien.»
«Critiques injustifiées» envers Israël
Alors que les rues ottaviennes faisaient entrendre leur appui à la Palestine, ceux qui siègent au Parlement ont plutôt maintenu leur appui à Israël.
Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a dit juger injustifiées les critiques formulées par la Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, sur la réponse d'Israël aux tirs de roquettes palestiniens à partir de Gaza.
Dans une déclaration publiée samedi sur le site du ministère des Affaires étrangères, M. Baird accuse la Haut-Commissaire de «prendre pour cible» Israël avec ses commentaires et a ajouté que ces propos «ne sont pas utiles et ne brossent pas un portrait exact de la situation».
M. Baird a soutenu qu'il ne pouvait y avoir «aucune équivalence morale» entre une démocratie libérale comme l'État d'Israël et le Hamas. Il a également affirmé que l'armée israélienne avait pris des mesures extraordinaires pour réduire le nombre de pertes civiles.
Le Conseil de sécurité demande un cessez-le-feu
Dans une déclaration unanime, samedi, les 15 membres du Conseil de sécurité appellent à la désescalade des violences, au retour au calme et à la reprise des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens afin de parvenir à un accord de paix global fondé sur la solution des deux États.
Signe de l'intensification des pressions internationales pour mettre un terme à la reprise des hostilités israélo-palestiniennes, le secrétaire britannique des Affaires étrangères, William Hague, a également appelé à un cessez-le-feu samedi et indiqué qu'il rencontrerait ses homologues américain, allemand et français dimanche à Vienne pour discuter des moyens de mettre fin aux violences.
Les États-Unis, principal allié d'Israël, ont défendu l'offensive israélienne menée en réponse aux tirs de roquettes en provenance de la bande de Gaza, un territoire contrôlé par le Hamas, considéré comme un groupe extrémiste. Mais d'autres membres du conseil ont dénoncé l'intensification des attaques israéliennes qui, selon l'émissaire palestinien à l'ONU, Riyad Mansour, ont tué ou blessé plus de 1000 Palestiniens depuis mardi. Les tirs de roquettes n'ont pas fait de victime en Israël.
Pendant ce temps, Israël a élargi ses raids contre le Hamas dans la bande de Gaza, samedi, frappant une mosquée qui dissimulait des roquettes selon l'armée.
L'armée israélienne a dit avoir frappé plus de 1100 cibles, incluant des lance-roquettes du Hamas, des centres de commandement et des installations de fabrication et d'entreposage d'armes, avec l'objectif de faire cesser les tirs de roquettes depuis Gaza. Des responsables à Gaza ont affirmé qu'en plus de la mosquée, les frappes avaient aussi atteint des banques et des établissements de bienfaisance affiliés au Hamas, et que deux femmes étaient mortes dans un centre pour handicapés.
L'offensive ne montrait aucun signe de ralentissement, samedi, alors que le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon, affirmait que son pays devait être prêt à affronter plusieurs autres jours de combats.
«Nous avons accumulé les réussites quant au prix à faire payer au Hamas et nous continuons de détruire des cibles importantes du Hamas et d'autres organisations terroristes, a dit le ministre à la suite d'une rencontre avec de hauts responsables de la sécurité. Nous poursuivrons les représailles jusqu'à ce que le calme et la sécurité soient rétablis dans le sud d'Israël et dans le reste du pays.»
Avec La Presse Canadienne et The Associated Press