L'organisateur de la Ride à Grand-père, Daniel Shipman.

Daniel Shipman : avoir la cause à coeur

C’est le dernier tour de piste de la Ride à Grand-père samedi sur les routes de l’Outaouais et du Pontiac, une dernière balade en moto au profit de l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa chargée d’émotions pour l’instigateur de l’événement et greffé du coeur, Daniel Shipman.

Quelque 120 motos ont pris le départ du restaurant Le Cheminot vers 10 h 15 pour se diriger jusqu’à Kazabazua dans la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau pour le dîner et ensuite revenir au point de départ en fin d’après-midi pour un bon méchoui. Il s'agit d'un parcours de quelque 250 kilomètres.

Le temps était idéal et M. Shipman n’a pas raté l’occasion de remercier Dame Nature pour sa collaboration pour les huit éditions de la Ride à Grand-père. 

«Si on en est rendu ici aujourd’hui, c’est que vous vous présentez chaque année, a signalé M. Shipman aux nombreux motards avant que le cortège prenne la route. On a eu la providence de notre bord parce que pendant huit ans aucun événement n’a été cancellé».

Daniel « Grand-père » Shipman était entouré de sa famille lorsqu’il s’est adressé aux participants, ses «Anges du coeur».

«Ça me touche beaucoup que ma famille soit ici. Merci, je vous aime. Merci de m’endurer avec mes folies», a lancé l’homme de 61 ans.

Ses «folies» auront permis au fil des ans de recueillir 115 000 $ pour l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa. L’objectif pour samedi était de récolter 25 000 $.

Daniel « Grand-père » Shipman au début de la huitième et dernière Ride à Grand-père, samedi, à Gatineau.

Après huit ans à se consacrer à la cause à temps complet, Grand-père veut maintenant prendre plus de temps pour lui et ses proches. Il part la tête haute.

«Je ne vous abandonne pas, mais c’est ma dernière. Je n’abandonnerai jamais l’Institut. Vous m’avez sauvé la vie. Et, je vais toujours vous avoir dans mon coeur parce que vous avez fait de moi un meilleur homme», a expliqué M. Shipman devant quelque 150 personnes, la voix prise par l’émotion.

En entrevue,  M. Shipman dit avoir atteint son objectif de sensibiliser les gens de l’Outaouais au don d’organe et à faire découvrir l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa où on lui a sauvé la vie lorsqu’il avait 54 ans.

Le président-directeur général de l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa, le Dr Thierry Mesana, a tenu à préciser que la transplantation cardiaque est «l’acte de générosité absolue».

«Il ne faut pas oublier que pour qu’une transplantation se fasse, il faut qu’il y ait un don d’organe, le don d’un coeur. C’est quelque chose de très, très, très fort, et il n’y a rien de comparable dans la médecine. Il n’y a pas une autre opération comme ça où il faut que, malheureusement, quelqu’un meure pour que quelqu’un vive. Et ça, c’est quelque chose d’extraordinaire», a raconté le Dr Mesana devant la foule, tout en précisant que quelque 100 000 personnes visitent l’Institut chaque année.