Sous le poids de la glace, une branche d'arbre a cédé et s'est retrouvée sur le toit d'une voiture, à Ottawa.

Dame Nature laisse des traces

La pluie verglaçante des derniers jours et la neige qui s'est accumulée sur la région ont plongé plusieurs foyers dans le noir, les laissant sans chauffage, mercredi.
En début de journée, plus de 35 000 foyers étaient privés d'électricité en Outaouais, à Ottawa et dans l'Est ontarien. Au bilan de 22 h, on en comptait plus de 7000 sur tout le territoire, dont près de 6000 du côté d'Hydro-Québec (majoritairement dans les Collines-de-l'Outaouais et le Pontiac) et environ 1400 chez Hydro One et Hydro Ottawa.
Près de 10 mm de verglas sont tombés sur les rues de la capitale fédérale depuis mardi matin, ce qui a compliqué le travail des équipes de rebranchement déployées par Hydro-Québec, Hydro Ottawa et Hydro One. Plusieurs branches d'arbres ont cassé sous le poids de la glace et de la neige au cours de la nuit et au fil de la journée.
En début de journée mercredi, plus de 35 000 foyers étaient privés d'électricité en Outaouais, à Ottawa et dans l'Est ontarien.
« C'est plus long pour rétablir le courant à cause du nombre de bris d'équipement qui est élevé, explique Daniel Séguin, porte-parole d'Hydro Ottawa. Sur les lieux, on a fait appel à 35 arboristes, qui s'occupent de couper les arbres cassés. Après, nos équipes peuvent commencer à réparer l'équipement », 
Des deux côtés de la rivière des Outaouais, l'objectif était de rebrancher le plus grand nombre de clients d'ici la fin de la soirée mercredi, alors que le mercure devait plonger jusqu'à moins 20 degrés Celsius.
Face à cette situation, la Ville d'Ottawa a mis à la disposition des résidents sans électricité mercredi soir trois endroits pour se réfugier et être au chaud, soit les centres communautaires Ron-Kolbus Lakeside et Heron, ainsi que le centre de service à la clientèle Kinburn, dans l'ouest de la ville. Ce dernier endroit devait être accessible durant la nuit. 
Plusieurs citoyens ont dû faire preuve d'imagination afin de composer avec le manque de courant dans leur résidence. 
Jeanne-D'arc Boisvert est propriétaire d'un salon d'esthétique à Fort-Coulonge. Son conjoint a branché un foyer électrique à l'aide d'une génératrice pour chauffer une salle et accueillir les clients.
« Ça commence à être très froid dans la maison, tout est branché sur la même source, alors je dois en débrancher pour avoir du courant sur d'autres choses », raconte Mme Boisvert, qui n'avait plus d'électricité depuis minuit, mercredi, et qui n'en avait toujours pas en milieu de journée, lorsque contactée par Le Droit. D'ailleurs, si le courant n'était pas rétabli, elle envisageait d'aller chez des amis ou des voisins afin de passer la nuit au chaud.
Claudee Galipeau, une résidente de Mansfield-Pontrefact, a manqué d'électricité dans la nuit de mardi à mercredi, avant d'être rebranchée en matinée. Elle s'estime chanceuse malgré tout, puisque sa maison est munie d'un poêle à bois. Certaines de ces connaissances dans le Pontiac n'étaient pas dans la même situation.
« J'ai des amis qui n'avaient pas d'électricité et qui ont de jeunes enfants. Ils ont dû chauffer le biberon avec une prise dans leur auto, raconte Mme Galipeau. [...] J'ai des voisins qui chauffent à l'électricité et qui ont eu froid cette nuit. Heureusement, on s'entraide beaucoup entre voisins en campagne. »
Au fur et à mesure que le mercure baissait dans sa maison, Marie-Chantal Brunette s'inquiétait. La résidente de Gatineau, mère d'une fillette de trois mois, a perdu l'électricité au courant de la nuit, mais tout est rentré dans l'ordre peu avant 10 h 30.
« Mon inquiétude était plus par rapport au bébé, il faisait 17 degrés ce matin dans la maison, soutient Mme Brunette. Je commençais à penser à aller chez des amis ne sachant pas quand l'électricité était pour revenir. [...] On a déjà eu des épisodes de verglas où l'électricité a été coupée plusieurs jours. C'est sûr qu'on était un peu dans l'incertitude. »
Accidents
Sur les routes, des dommages ont été constatés à quelques endroits, mais le cocktail météo des derniers jours n'a pas compliqué les déplacements. En fin d'après-midi, on comptait une cinquantaine d'accidents mineurs à Ottawa et Gatineau.
Une personne est demeurée coincée dans son véhicule après avoir été impliquée dans une collision et un capotage en raison des conditions routières difficiles, mercredi matin. Les pompiers d'Ottawa ont utilisé les pinces de désincarcération pour libérer une victime prise dans une voiture, sur le chemin Eagleson, à l'intersection de la rue Ottawa, dans le secteur Rideau-Goulburn. Une deuxième voiture impliquée a été lourdement endommagée. Les victimes ont été secourues rapidement et la personne prise dans la voiture a pu être libérée vers 8h50, soit 25 minutes après l'accident.