Joanne Labadie, mairesse de Pontiac, accompagnait la ministre Andrée Laforest et le ministre Mathieu Lacombe lors d’une visite des zones sinistrées de la municipalité.

Pontiac: la ministre Laforest constate les dégâts

« C’est un bon commandant, c’est ce que ça prend dans nos municipalités », soutient la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, en parlant de la mairesse de Pontiac, Joanne Labadie, dont la municipalité de 6000 habitants est rudement touchée par les inondations.

« Le constat que je fais, c’est qu’on a une mairesse très sensible, très engagée, qui est au fait de tout ce qui s’est passé », a ajouté la ministre, en visite dans le secteur Quyon mardi après-midi en compagnie de son collègue ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe.

Mme Laforest, pour qui un arrêt dans la région était « essentiel », a constaté de ses propres yeux à quel point la situation est encore critique aux abords de la rivière des Outaouais, entre autres le long de la rue Ferry, où une imposante digue a été érigée.

« Je suis venue pour constater [les dégâts]. Je voulais voir comment ça se passait avec les directions régionales. [...] On parle présentement de comment on voit l’avenir, mais c’est sûr que nous n’avons pas de réponses. On est en évaluation, il y a plein de solutions qui sont discutées. [...] Au niveau de l’habitation, si je regarde à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, la Société d’habitation du Québec (SHQ) est déjà sur place depuis une semaine pour l’évaluation des maisons inondées. Vous comprendrez qu’une maison, c’est ce qu’on a de plus cher, c’est notre plus grande dépense à vie. Quand les gens de la SHQ sont arrivés, c’était comme un baume », dit-elle.

La SHQ n’a pas encore été déployée en Outaouais car les municipalités jugent qu’il est encore prématuré pour intervenir, celles-ci préférant attendre la décrue, a précisé la ministre.

Rappelant que sa propre région (Saguenay Lac-Saint-Jean) a vécu un événement de ce type avec le déluge en 1996, Mme Laforest se dit très sensible à la situation actuelle et affirme, en s’adressant aux sinistrés qui luttent pour leur maison depuis des semaines, que la région « pourra en ressortir gagnante ».

Au sujet du nouveau programme d’indemnisation proposé par Québec, qui prévoit par exemple qu’on offre à des sinistrés jusqu’à 200 000 $ pour les inciter à déménager, la ministre dit qu’il est « vraiment trop tôt » pour conclure qu’il s’agit d’une somme insuffisante pour plusieurs personnes.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, rappelons-le, ne croit pas qu’une solution mur à mur soit logique.

« On constate que certaines maisons sont évaluées à la hausse, d’autres à la baisse. C’est trop tôt pour tirer des conclusions. [...] On va laisser le travail se faire, après ça on pourra parler de ce qui est bon, ce qui est moins bon, ce qui est à améliorer », a-t-elle expliqué.

Le Comité de régulation de la rivière des Outaouais (CRRO) maintient ses prévisions et affirme que dans la majorité des endroits, le niveau de l’eau s’est maintenant stabilisé après avoir atteint une deuxième pointe.

Une lente décrue est attendue au cours des jours à venir. L’organisme précise malgré tout que « le surplus de ruissellement provenant de la région de l’Abitibi-Témiscamingue contribue toujours à maintenir les débits élevés dans la rivière en aval ».

Par exemple, au quai des Artistes, en bordure de la rue Jacques-Cartier à Gatineau, le niveau de l’eau était de 44,85 mètres mardi en soirée, soit 62 centimètres au-dessus du seuil d’inondation exceptionnelle.

Selon le bilan dressé mardi soir par Urgence-Québec, on comptait 1873 résidences inondées en Outaouais, une baisse de 10 % par rapport à la veille.

De ce nombre, 980 se trouvent à Gatineau et 164 à Pontiac. Au total, 3280 personnes sont évacuées, un nombre relativement stable.

Mathieu Lacombe, Andrée Laforest et Maxime Pedneaud-Jobin

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Crise du logement: bientôt des mesures pour Gatineau

La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, a affirmé, mardi, préparer des mesures spécifiques afin d’aider Gatineau à se sortir de la crise du logement dans laquelle elle est plongée depuis maintenant plus d’un an.

Le Droit l’a croisée à son arrivée à la Maison du Citoyen, où elle avait rendez-vous avec le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. Elle a affirmé, juste avant de s’engouffrer rapidement dans l’ascenseur qui mène au cabinet du maire qu’« on a déjà des mesures et on va justement en discuter tantôt, on va vous revenir avec ça, mais oui, on a des mesures ». 

Le maire Pedneaud-Jobin n’avait pas plus de détail à offrir au terme de la rencontre avec la ministre. « On a continué nos échanges sur le logement, mais nos demandes vont arriver plus tard, ça sera plus formel dans les jours qui viennent, a-t-il indiqué en entrevue téléphonique. On doit encore rencontrer des organismes avant de déposer nos demandes officielles sur le logement. Il y a des besoins à court terme, mais on doit aussi trouver un moyen de régler notre problème à long terme. La ministre est ouverte à faire des choses pour Gatineau. »

Le maire a aussi profité du passage de la ministre pour lui indiqué clairement, carte géographique à l’appui, la réalité des inondations sur le terrain. « Elle comprend que la situation varie d’un quartier à l’autre et qu’il faut regarder ça à partir du terrain et pas d’une règle générale qui doit s’appliquer à tout le monde, a-t-il affirmé. Elle a aussi rencontré des sinistrés. Ils ont tous une situation particulière. C’est toujours bon de voir de vraies personnes dans des dossiers comme ça. »