Une sinistrée a qualifié le montant offert dans le cadre du programme d'indemnisation de «vraie farce».

Les sinistrés gatinois ont encore beaucoup de questions malgré la séance d'information

C’était salle comble mardi soir au gymnase du Centre sportif de Gatineau à l’occasion de la première de deux séances d’information pour les sinistrés des inondations organisées par le ministère de la Sécurité publique (MSP).

Environ 500 personnes, dont bon nombre avaient également été confrontés à la crue printanière du printemps 2017, s’étaient déplacées pour en apprendre davantage sur le nouveau Programme général d’indemnisation et d’aide financière lors de sinistres réels ou imminents, annoncé par Québec à la mi-avril.

Une rencontre où les émotions étaient par moments à fleur de peau et à l’issue de laquelle beaucoup de points d’interrogation semblaient flotter au-dessus de la tête des gens.

Madeleine Philion, qui habite sur la rue Jacques-Cartier depuis 34 ans, a essuyé quelques larmes lorsqu’elle a été abordée par Le Droit. Évacuée depuis cinq semaines de sa maison inondée pour la seconde fois en deux ans, elle avoue qu’elle est confrontée à un choix déchirant. Et son cœur ne lui dicte pas la même chose que sa tête.

« Ça fait de la peine. On a acheté cet endroit en sachant que c’était en zone inondable, mais nous avons pris la chance et on n’a jamais été inondés. […] On a tout rebâti, on l’a eu à bon prix, on l’a mis à notre goût. Je venais de tout finir en 2016 et quand je suis arrivée de la Floride, en 2017, tout était inondé. En l’espace de 13 heures, tout était perdu. Et cette année, je suis revenue en avril et dans ma boîte aux lettres j’avais le chèque final et une lettre pour me dire que mon dossier était fermé, que j’étais payée au complet. Dix jours plus tard, tout recommençait », raconte la Gatinoise.

Cette dernière, qui soutient avoir beaucoup perdu en 2017, qualifiant son montant d’indemnisation de « vraie farce », affirme ne pas comprendre tous les éléments du nouveau programme mis de l’avant par le gouvernement Legault, mais concède qu’il semble moins complexe à première vue. C’est l’aspect du dédommagement maximal de 200 000 $ offert par Québec pour inciter des sinistrés à déménager en zone non inondable qui rend sa réflexion si ardue.

« Je ne veux pas (quitter), mais d’un autre côté je ne veux pas de nouveau passer à travers tout ça. Je pense qu’on n’a pas l’heure juste », se désole-t-elle.

Lynn Brunet, qui habite sur le boulevard Hurtubise, croit elle aussi que plusieurs questions demeurent en suspens.

« On en avait tellement entendu dans les médias, et on dirait qu’ils n’ont pas parlé de tout ça aujourd’hui. À l’hôtel où nous logeons, la grosse question sur toutes les lèvres, c’est combien le gouvernement est prêt à offrir pour nos maisons. Beaucoup de questions ne sont pas répondues », a-t-elle dit.

Quant au maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, il ressort satisfait de la rencontre du MSP.

« Ce n’est qu’un début, c’est-à-dire qu’il y a des gens qui sont encore dans une situation difficile et qui ne pouvaient pas être là ce soir. Ils pourront y être demain (mercredi), en tout cas je l’espère. Ce que je veux, c’est que les gens aient des réponses, qu’ils les aient le plus rapidement possible. Ils sont ici pour un certain nombre de jours, il y a des rendez-vous de pris, alors avant de porter un jugement plus définitif, je vais regarder ce qui se passe. Mais ce qui est clair pour moi, c’est que je ne veux pas qu’on revive ce qu’on a vécu la dernière fois, c’est hors de question. À cet égard-là, c’est bien parti », a-t-il lancé.

Il réitère cependant que le montant de 200 000 $ pour des déménagements n’est à son avis « qu’une petite partie de réponse, pour quelques cas ».

« Ce n’est pas une solution durable, c’est une solution à court terme pour des gens qui doivent faire un choix à court terme », avertit-il.

Les sinistrés pourront en apprendre davantage sur la suite des choses et avoir réponse à plusieurs de leurs questions lors de rencontres individuelles qui auront lieu mercredi, jeudi, vendredi et lundi à l’aréna Campeau. La date limite pour soumettre une réclamation a été fixée au 25 juillet.

Une seconde soirée d’information est prévue mercredi au même endroit de 19 h à 21 h.