Sur la rue Hurtubise comme dans plusieurs secteurs de Gatineau, les sinistrés tentent du mieux qu’ils peuvent de trouver la force de continuer le combat.

Les sinistrés continuent le combat

Gabrielle McCann demeure sur le boulevard Hurtubise depuis 60 ans. Sa maison a été soulevée de deux pieds après les inondations de 2017. Et voilà que ça recommence. « Ce n’est pas beau », a-t-elle laissé tomber jeudi, alors qu’elle tentait de trouver quelqu’un pour la ramener chez elle à bord d’un camion ou d’une chaloupe.

Mme McCann a perdu « tout » son rez-de-chaussée en 2017. Malgré les prévisions de pluie pour vendredi, elle tente de garde le moral.

« Il ne faut pas que je me laisse décourager », a-t-elle confié quelques minutes avant de monter dans la camionnette du conseiller municipal Jean Lessard pour retourner chez elle.

Le niveau de l’eau près de sa résidence atteignait jeudi un niveau semblable à celui observé il y a deux ans, a-t-elle indiqué. « Là, il faut laisser rentrer l’eau dans le sous-sol, parce que les pompes ne fournissent plus, a-t-elle ajouté. On commence à avoir de l’eau autour de la maison, alors il faut laisser rentrer l’eau pour ne pas que le solage s’effondre. »

En chaloupe

L’eau a aussi gagné du terrain dans le quartier Pointe-Gatineau, où les autorités municipales ont dû déplacer le site de distribution de sacs de sable sur la rue Saint-Louis, jeudi.

Les palettes de sacs étaient auparavant installées entre la portion inondée — à la hauteur de la rue René — et la rue Moreau. L’eau ayant continué de monter dans le secteur, les sacs de sable ont été transférés de l’autre côté de la rue Moreau, vers le boulevard Gréber.

Les bateaux sont désormais nécessaires pour s’aventurer sur plusieurs rues du quartier.

Des citoyens ont notamment été observés en train de récupérer des sacs de sable directement dans une chaloupe, au beau milieu de la rue Saint-Louis.

C’était le cas d’Émile Deguire, venu du secteur Buckingham pour tenter de protéger le bâtiment bleu et blanc qui abrite l’Assemblée chrétienne Parole Vivante de l’Outaouais.

« Ce n’est pas l’idéal », a-t-il reconnu en indiquant qu’il ne peut rentrer qu’une cinquantaine de sacs de sable par voyage de chaloupe.

Comble de malchance, l’intérieur de l’édifice venait d’être rénové. L’immeuble est déjà entouré de sacs de sable, mais « ils ne suffisent plus », s’est désolé M. Deguire.

Les bénévoles tentaient jeudi midi d’installer des sacs de sable à l’intérieur du bâtiment, dans l’espoir d’éviter une infiltration d’eau majeure.