Dans le secteur de Cumberland, à Ottawa, rien n’est encore réglé. Les autorités restent sur un pied d’alerte malgré des prévisions encourageantes pour les sinistrés.

La Ville d’Ottawa ne s’aventure pas dans les prédictions

La Ville d’Ottawa préfère pour le moment ne pas prédire à combien la facture des inondations de 2019 s’élèvera.

« Tout le monde qui travaille sur les inondations fait le suivi des coûts et le tout sera additionné. Nous sommes encore loin de la fin. Nous n’avons pas additionné les coûts jusqu’à présent. Ça se fera bien après que le tout se sera résorbé », a expliqué jeudi après-midi en point de presse le directeur de la Ville, Steve Kanellakos.

La Ville d’Ottawa cognera à la porte des gouvernements fédéral et provincial.

« Nous allons vouloir éponger nos coûts dans nos efforts », a précisé M. Kanellakos, tout en signalant que les sinistrés pourront faire appel à divers programmes pour obtenir des indemnisations pour la perte de biens.

L’état d’urgence à Ottawa devrait rester en vigueur pour tout le mois de mai et peut-être même une partie de juin. La mesure permet à la Ville de se mobiliser rapidement et de diriger les ressources, notamment les Forces armées canadiennes.

La Ville évaluait jeudi à plus de 200 le nombre de résidences affectées par la crue des eaux dans l’ouest d’Ottawa, et à une vingtaine dans le secteur de Cumberland.

Par ailleurs, la Ville d’Ottawa réduit temporairement l’appel général lancé aux bénévoles, du moins pour la fin de semaine. On recommande aux gens de prendre un peu de repos et de se refaire des forces puisque les demandes d’aide seront importantes lorsque l’opération nettoyage sera lancée.

Un vaste nombre d’employés municipaux et de militaires resteront affectés à tous les secteurs touchés par les inondations.

« L’effort de lutte contre les inondations a été herculéen jusqu’à présent avec les sacs de sable et tout, mais ce sera encore plus de travail au chapitre du nettoyage lorsque l’eau va se retirer. Il va y avoir des débris, il y aura de la contamination et les sinistrés mettront à la rue leurs biens ruinés, comme des réfrigérateurs, des cuisinières et des tapis. Il y a des fosses septiques détruites, des puits devront être réparés. Toutes ces choses demanderont beaucoup d’attention », a expliqué M. Kanellakos.

Près de 15 000 citoyens se sont portés volontaires depuis le 19 avril et ont aidé à remplir plus de 1,5 million de sacs de sable.

À Cumberland

Le conseiller du quartier Cumberland, Stephen Blais, estime que le haut niveau de préparation aux inondations a été bénéfique dans la communauté. Selon lui, moins de maisons ont été inondées qu’il y a deux ans.

« Je pense qu’on a cinq maisons d’évacuées à Cumberland. On a perdu moins de maisons cette fois-ci à cause de la préparation », souligne le conseiller Blais, ajoutant que ce ne sont pas tous les ménages inondés qui ont décidé d’évacuer.

Bien que le niveau de l’eau doit se stabiliser au cours des prochains jours, les résidents du secteur demeurent vigilants.

« Nous sommes toujours sur un pied d’alerte pour nous assurer qu’on peut continuer de protéger le système d’électricité. Si les maisons perdent le courant, les pompes ne fonctionneront plus et il y aura plus de maisons inondées », explique M. Blais qui parcourt les rues de Cumberland pour offrir son aide depuis deux semaines.

« C’est une période très stressante pour tout le monde, observe-t-il. Ça fait deux semaines que les gens vivent ça et le niveau de stress est très haut. On doit mettre la priorité sur la santé mentale quand tout reviendra à la normale. »