Un quartier inondé dans le secteur Cumberland, à Ottawa.

Inondations: «rien n’indique» qu’il y a eu erreur humaine, dit le conseiller spécial de l'Ontario

Les inondations du printemps dernier ont été causées uniquement par des conditions météorologiques exceptionnelles, conclut le conseiller spécial en matière d’inondations de l’Ontario, Doug McNeil.

Embauché en juillet par la province, M. McNeil a rendu son rapport sur la crue printanière de 2019 le 31 octobre dernier et a été rendu public jeudi matin. Selon lui, «rien n’indique que les inondations résultent d’une erreur humaine ou d’une exploitation négligente des structures de régularisation des eaux».

Le conseiller spécial souligne que la quantité de neige était supérieure à la moyenne et que sa fonte tardive, combinée à des précipitations abondantes durant la fin de semaine de Pâques, n’ont donné aucune chance aux autorités publiques de prévenir les inondations massives connues plus tôt cette année.

Doug McNeil souligne, par exemple, qu’au 15 avril dans le secteur de North Bay et Mattawa, le manteau neigeux était équivalent à 517% de la moyenne à long terme pour cette période de l’année, tandis que les précipitations en avril étaient deux fois plus élevées qu’à la normale dans ce même secteur.

Le conseiller spécial s’est également penché sur la gestion des barrages et des bassins dans les différentes régions de la province affectées par la crue printanière et ne note aucune erreur flagrante qui a contribué à empirer la situation. Il donne l’exemple du réservoir Des Joachims qui est resté vide pendant les inondations. Certains affirmaient que remplir ce bassin aurait permis de diminuer l’impact de la crue à Pembroke.

«En réalité, cette mesure aurait empiré les répercussions globales, car le réservoir a une capacité de stockage limitée. S’il avait été rempli à son niveau d’exploitation maximal, il y aurait eu environ un demi-mètre d’eau de plus à Mattawa. La seule option aurait alors été de laisser passer l’eau, ce qui n’aurait eu aucune utilité en aval en cas d’inondations prolongées», écrit M. McNeil.

Après que son quartier ait été durement touché par la dernière crue printanière, le conseiller municipal de West Carleton-March, Eli El-Chantiry, avait demandé une enquête sur la gestion des barrages.

L’élu d’Ottawa accepte les conclusions du conseiller spécial de la province, mais estime que si les conditions météorologiques sont les seules à blâmer, il faudra que le gouvernement de l’Ontario prévoie des façons de prévenir de telles inondations, que ce soit la construction d’autres bassins de rétention des eaux ou des subventions aux propriétaires de résidences riveraines pour immuniser ou racheter leur maison, un peu comme le fait le gouvernement du Québec. 

Recommandations

Le conseiller spécial en matière d’inondations de l’Ontario tire des conclusions de sa révision des événements du printemps et souligne que la province doit apporter une série de mesures pour être mieux préparée à une autre crue printanière exceptionnelle.

Doug McNeil estime notamment que l’Ontario doit revoir sa cartographie des zones inondables et ses modèles hydrographiques, notamment puisque ceux-ci ne prennent pas en compte l’impact des changements climatiques.

«Les normes de défense contre les inondations font actuellement partie du Technical Guide – River & Stream Systems: Flooding Hazard Limit du ministère des Richesses naturelles et des Forêts (MRNF). Les renseignements et les normes concernant la défense contre les inondations qui y sont présentés reposent sur des données scientifiques et des approches des années 1980», souligne M. McNeil.