Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, s’attend à ce que le travail soit bien fait avant l’adoption du décret par le conseil des ministres.

Inondations: la carte «contient beaucoup d’absurdités», dit Pedneaud-Jobin

La zone d’intervention spéciale (ZIS) que veut décréter le gouvernement provincial, la semaine prochaine, pour limiter la reconstruction dans les zones inondables «contient beaucoup d’absurdités», déplore le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Il s’attend à beaucoup d’inquiétude, jeudi, alors que se dérouleront simultanément dans plusieurs villes du Québec les consultations publiques menées par le gouvernement.

Gatineau a reçu la carte des zones à risque le 17 juin, précise le maire. Il n’avait pas encore émis publiquement d’opinion sur le plan proposé par le gouvernement, mais il affirme que dès le lendemain, la Ville travaillait avec Québec pour faire changer la carte. Il affirme aujourd’hui qu’il s’attend à ce que le travail soit bien fait avant l’adoption du décret par le conseil des ministres. 

«J’utilise le mot absurdités parce qu’il y a là dedans des gens qui n’ont jamais été inondés, même pas proche, note le maire. Je ne sais pas comment la carte a été faite, mais elle ne correspond pas du tout à ce qu’on a. On travaille avec eux pour s’assurer que leur carte soit corrigée avant le décret la semaine prochaine. Ça n’a vraiment pas de bon sens. Des terrains qui ont des projets légitimes et intéressants pour Gatineau se retrouveraient bloqués alors qu’ils n’ont même pas été inondés.»

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En entrevue avec Le Droit, mardi, le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, a précisé que le tracé des zones de limitation n’était «pas du tout final». Il a ajouté que le gouvernement est ouvert à faire plusieurs modifications à sa carte. Le maire Pedneaud-Jobin note que si le gouvernement avait pris la peine d’appeler avant, la Ville aurait mis à sa disposition des cartes géométriques précises au centimètre près des zones inondées. 

«Le gouvernent voulait aller vite, dit le maire. Je ne pense pas qu’il savait à quel point la carte était inadéquate, mais il avait la volonté d’aller rapidement. Mais en même temps, le système fonctionne. On a encore le temps d’apporter des corrections. […] Le gouvernement a reconnu qu’il fallait faire des changements avant le décret. On va suivre ça de près. On veut voir la nouvelle carte avant qu’elle soit adoptée par le conseil des ministres parce qu’après l’adoption, ça devient plus compliqué de changer des choses. On veut que ce soit bien fait dès la semaine prochaine.»

Le maire Pedneaud-Jobin entend répéter ce message lors de la consultation publique du gouvernement, jeudi, au Palais de congrès de Gatineau. Il rappellera aussi qu’à son avis, la ZIS ne «corrige rien à long terme» et que des décisions resteront prendre. «C’est une étape nécessaire pour prendre des décisions, mais ça ne corrige rien, répète-t-il. Ça laisse encore des quartiers destructurés, ça laisse des citoyens dans une situation où ils voudraient partir, mais le programme n’est pas assez généreux, et d’autres qui voudraient immuniser leur maison, mais qui ne sont pas capables parce qu’il y a encore des décisions [gouvernementales] à prendre.»