À Britannia, le niveau de la rivière des Outaouais dépasse celui de la crue de 2017 depuis dimanche.

Il faut que les digues de Britannia résistent

La capacité de la digue de 750 mètres construite en 2016 pour protéger le village Britannia, à Ottawa, semble déjà atteinte. La montée du niveau de la rivière des Outaouais, qui doit se poursuivre jusqu’à mercredi, représente un réel danger d’inondation éclair pour tout le secteur.

Des dizaines de résidents et de bénévoles multipliaient les efforts, lundi, transportant et empilant des sacs de sable pour améliorer la solidité et la capacité de rétention d’eau de la structure.

Si cette digue cède, cette communauté du quartier Baie sera inondée en quelques heures, voire quelques minutes, selon la conseillère municipale, Theresa Kavanagh.

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Cette digue à berme, située sur la rue Jamieson, près de la rue Kehoe, a été construite afin de protéger le village Britannia des crues printanières. Les résidents se sont partagé la facture de 800 000 $ pour son aménagement.

À cet endroit, le niveau de la rivière des Outaouais dépasse celui de la crue de 2017 depuis dimanche.

Selon la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais, le niveau de l’eau, qui était de 60,75 mètres dans le secteur Britannia, lundi, devrait monter de 10 cm, pour atteindre 60,85 mètres, mardi et mercredi.

« La digue est construite pour des crues de récurrence 0-100 ans, explique la conseillère municipale. On vient d’atteindre ce niveau pour une deuxième fois en trois ans. »

La conseillère ne pèse pas sur le bouton panique. 

« La digue est bonne, solide et neuve. L’ingénieur qui l’a conçue est ici, cette semaine, pour s’assurer que tout se passe bien. »

Des sacs de sable ont quand même dû être posés sur la structure pour la rendre plus solide et perméable.

Une autre digue du même quartier était sous haute surveillance, lundi.

La digue du Club de yacht Britannia est mise à rude épreuve depuis plus d’une semaine. « C’est particulièrement critique depuis dimanche », explique le directeur général du club, Paul D. Moore.

Cette digue, qui protège la marina depuis 1981, semble tenir bon. « Il ne faut pas que le niveau de la rivière monte de plus de 20 pouces (50 cm) cette semaine, car nous aurons de très gros problèmes. »

Ce sont 20 000 sacs de sable qui ont été mis de part et d’autre de cette importante digue. « On peut encaisser le niveau actuel de la rivière, dit-il, mais le problème, ce sont les vagues fortes. Le vent prend de la force sur l’autre rive (québécoise) et frappe fort, de notre côté. On n’aime pas cela. »