Gatineau : les riverains se préparent au pire

«On a des canots, on est prêts».

C’est avec peu d’humour et l’acceptation de l’inévitable que Michel Gauthier observait la crue des eaux de la rivière Gatineau vendredi en fin de journée.

L’immeuble à quatre logements de la rue Jacques-Cartier dans lequel il habite, sis devant la rivière, a été entouré d’eau lors des inondations historiques de 2017. Les occupants des quatre appartements étaient restés sur place il y a deux ans.

«Nous avions refusé d’être évacués», s’est souvenu M. Gauthier, qui constatait en fin de journée, vendredi, que le niveau de la rivière devant sa résidence était «très élevé».

«Les inondations, ça fait partie de rester sur le bord de l’eau. Si t’es un riverain, t’es un riverain. Déménage si tu n’es pas prêt à y faire face», a continué l’homme.

Pas tellement loin de chez lui, des résidents du quartier Pointe-Gatineau remplissaient sans arrêt sous une pluie battante des sacs de sable à l’angle des rues Saint-Louis et Moreau. Le barrage hydro-électrique Rapides-Farmer était source d’inquiétudes chez les citoyens puisque la crête déversante de l’infrastructure a laissé couler l’eau en amont du barrage vendredi après-midi, une situation qui survient lorsque le barrage n’a plus de capacité de rétention.

«Ça va monter quand même assez haut. En 2017, l’eau est montée jusqu’au panneau d’arrêt. Il faut s’organiser en conséquence», a lancé Mario, un locataire d’un immeuble à logements de la rue Saint-Louis venus prêter main-forte à son propriétaire pour former un périmètre de sacs de sable autour de l’édifice.

Les camions avec des remorques chargées de sacs de sable étaient d’ailleurs nombreux à circuler dans les rues de Pointe-Gatineau vendredi après-midi et sur la rue Jacques-Cartier devant la rivière des Outaouais.

Sur la rue Jacques-Cartier, ça bourdonnait autour de la maison du comptable Guy Hotte alors que les propriétaires étaient à monter leur barrage de sacs de sable autour de l’immeuble.

«Ça va bien. On se prépare d’une façon préventive. On veut vraiment essayer de protéger s’il y a de quoi qui se passe. Les pompes sont installées au sous-sol», a expliqué Rachel Rollin-Hotte.