La désolation est de plus en plus présente dans le secteur Cumberland, à Ottawa, où le niveau de la rivière Outaouais a atteint un sommet, vendredi.

Désolation et stress à Cumberland

Plus les jours passent, plus la scène est désolante à l’extrémité du chemin Morin, qui borde la rivière des Outaouais, dans le secteur Cumberland. À simple vue d’œil, qu’importe ce que disent les relevés officiels, l’eau a déjà atteint un niveau égal à celui observé en 2017, selon le conseiller Stephen Blais.

À certains endroits, par exemple le long de la ruelle du Boisé, où l’on compte cinq maisons, le niveau est tel que quiconque oserait s’y aventurer aura de l’eau jusqu’au-dessus de la taille, voire davantage.

« Ça m’inquiète, surtout avec cette pluie qui continue. Je pense qu’on pourrait avoir une catastrophe énorme. Vivre à deux reprises en l’espace de trois ans une inondation que l’on voit normalement tous les 100 ans, c’est très stressant. Les résidents sont fatigués, angoissés, découragés de la situation. Ils ont besoin d’aide, pas seulement avec les sacs de sable, mais aussi psychologiquement », a-t-il affirmé lorsque croisé sur le terrain vendredi.

L’escouade nautique du Service des incendies d’Ottawa était prête à intervenir sur les lieux, devant par exemple scruter à la loupe l’état des infrastructures.

Malgré tout, M. Blais considère que la capitale fédérale était sans équivoque mieux préparée à affronter une telle situation qu’il y a deux ans et assure que la déclaration de l’état d’urgence jumelée à l’arrivée de l’armée permettra aux citoyens de pousser un petit soupir de soulagement, même si le combat est encore loin d’être fini.

Lors du passage du Droit, une douzaine de bénévoles s’activaient sur le chemin Armstrong pour remplir des sacs de sable, qui étaient par la suite transportés dans la pelle d’une grosse rétrocaveuse jusqu’à un bateau. Un camion-benne s’est également arrêté sur place pour déverser un nouvel amas de plusieurs centaines de kilogrammes de sable.

Un seul ménage aurait pour l’instant décidé d’évacuer volontairement sa demeure.

Père de famille, Stephen Blais ne cache pas que sur le plan personnel, ces derniers jours ont été éprouvants. Il avoue que les nuits sont courtes, ne dormant qu’environ quatre ou cinq heures chaque jour.

« C’est juste assez pour être en forme », lance-t-il en souriant, ajoutant qu’il est primordial pour lui de veiller à une bonne organisation des services municipaux et de donner un coup de pouce aux sinistrés, même si sa vie privée doit en payer le prix quelque temps.

La Ville a ouvert vendredi trois centres d’aide aux sinistrés dans les quartiers Bay, Cumberland et West Carleton-March. Ceux-ci seront ouverts de 10 h à 19 h cette fin de semaine. Les gens peuvent rencontrer sur place des employés municipaux, dont du personnel de Santé publique Ottawa, ou encore des représentants de la Croix-Rouge.

Aussi, les bénévoles sont invités à continuer à donner un coup de main dans les secteurs touchés. Pour ce faire, ils doivent préalablement s’inscrire aux sites prévus à cet effet. La priorité demeure de remplir des sacs de sable.