Le vice-président Québec de la Croix-Rouge, Pascal Mathieu, entouré de bénévoles de l'organisation en Outaouais, lors de son passage à Gatineau, mercredi.

Croix-Rouge: des bénévoles «rodés» en Outaouais

Les bénévoles de la Croix-Rouge en Outaouais forment probablement l’une des équipes « les plus expérimentées du Québec » pour répondre aux besoins des sinistrés.

De passage à Gatineau mardi, le vice-président de la Croix-Rouge pour le Québec, Pascal Mathieu, a souligné qu’« avec toutes les catastrophes qu’il y a eu depuis trois ans dans la région », les bénévoles de l’organisme sont « rodés ».

Après les inondations de 2017 et les tornades de septembre dernier, les bénévoles de la Croix-Rouge sont encore une fois mobilisés pour soutenir les sinistrés de la présente crue, que ce soit à Gatineau, à Pontiac ou dans la Petite-Nation.

« Ça se passe bien, compte tenu des circonstances, affirme M. Mathieu. Il faut comprendre que pour certaines familles, ça fait deux ou trois semaines qu’on les aide, alors les gens sont un peu inquiets, un peu fatigués. […] Les gens se demandent à quel moment l’eau va se retirer, quand ils vont pouvoir rentrer chez eux. »

À l’heure actuelle, la Croix-Rouge offre de l’hébergement à l’hôtel à 664 personnes provenant de 329 ménages de l’Outaouais. La très grande majorité des sinistrés sont gatinois.

Le besoin d’assurer une présence chaque jour fait en sorte que des bénévoles d’autres régions du Québec ont été appelés en renfort. « Je ne peux pas faire travailler les bénévoles de Gatineau sept jours sur sept pendant trois semaines », expose M. Mathieu.

Au centre communautaire Jean-René-Monette, dans le secteur Gatineau, les bénévoles de la Croix-Rouge continuent de rencontrer des sinistrés sur une base quotidienne. Des intervenants du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais sont aussi sur place pour offrir du soutien psychosocial.

Plusieurs sinistrés se présentent au centre pour renouveler leur hébergement, tandis que d’autres veulent s’informer sur l’aide de 600 $ par foyer offerte par la Croix-Rouge. Les familles sont invitées à s’inscrire en ligne ou par téléphone pour vérifier si elles sont admissibles et obtenir cette aide financière, mais la Croix-Rouge a aussi besoin de ses bénévoles pour répondre aux questions.

M. Mathieu a fait savoir que près de 5000 familles du Québec se sont déjà inscrites. Des vérifications sont alors effectuées pour s’assurer qu’elles sont admissibles. « À la base, c’est soit pour les gens dont la maison est très lourdement endommagée, ou pour des gens qui ont quitté leur maison depuis longtemps », indique le vice-président de la Croix-Rouge. Une fois les vérifications faites sur l’admissibilité des familles, l’argent peut leur être versé en « quatre ou cinq jours ».

Cette aide financière a été rendue possible grâce au don d’un million de dollars du gouvernement du Québec et aux deux autres millions provenant de la communauté. La Croix-Rouge a toutefois « toujours besoin de plus de dons », note M. Mathieu. « Plus on va avoir de dons, plus on pourra offrir des programmes généreux », ajoute-t-il.

La Croix-Rouge est par ailleurs en discussion avec la Ville de Gatineau et le ministère de la Sécurité publique pour déterminer quelle place peut prendre le secteur privé dans l’hébergement temporaire des sinistrés. À l’initiative d’un propriétaire immobilier gatinois, une banque de logements disponibles a été créée et compte déjà une cinquantaine d’unités, avait indiqué mardi le maire Maxime Pedneaud-Jobin.

Pascal Mathieu souligne toutefois qu’il importe que les options qui seront retenues ne viennent pas « dédoubler » ce qui est déjà offert par le nouveau programme d’indemnisation du ministère de la Sécurité publique.