Le boulevard Hurtubise a été l’une des artères gatinoises les plus durement touchées de la région en 2017 et en 2019.

Certaines maisons en zones inondées conservent leur valeur

Il existe encore d’« éternels riverains » prêts à acheter des propriétés sur des berges, même celles qui ont été au cœur des zones inondées en 2017 et en 2019, soutient la Chambre immobilière de l’Outaouais.

Son trésorier, Guy Huneault, croit même que certaines maisons pourraient prendre de la valeur.

Qui voudrait acheter une maison qui baigne dans l’eau à chaque crue importante ?

« Ça dépend de la maison, répond M. Huneault, qui travaille dans l’immobilier depuis plus de 40 ans. Celles qui ont été relevées ou hydrofugées conservent leur valeur. »

Évidemment, des maisons inondées en 2017 et 2019 peuvent perdre de la valeur. « Celles qui sont encore inondées cette année, les prix peut baisser. »

Pour emprunter les mots de M. Huneault, il existe d’« éternels riverains » prêts à payer le prix – et mettre l’énergie – pour accéder à un plan d’eau.

« Je prends l’exemple d’un terrain qui est à vendre sur le boulevard Hurtubise. Ça ne me surprendrait pas que ce terrain soit bientôt vendu pour que ce soit construit en conséquence (des crues printanières). »

Le boulevard Hurtubise a été l’une des artères gatinoises les plus durement touchées de la région, en 2017 et en 2019.

Lorsqu’elle est plus calme, la rivière des Outaouais coule à ses pieds. Lorsqu’elle se déchaîne, elle s’attaque rapidement au secteur.

Certaines maisons qui y sont construites valent leur pesant d’or. Leur prix s’affiche parfois dans les millions $, sur le marché.

Les prix seront cependant à la baisse dans les secteurs qui subissent les mêmes crues, mais qui ne sont pas situés près d’une rivière ou d’un lac.

« Les autres maisons situées derrière, où c’est toujours inondé et où on n’a pas accès à la rivière, ça ne vaut pas grand-chose. Il y a les inconvénients des inondations sans l’avantage de la rivière. Finalement, c’est le marché qui décide. »

Une maison qui a été « relevée » après les inondations de 2017 et qui n’a pas été inondée en 2019 peut prendre de la valeur, selon la Chambre immobilière. « Il va se créer une certaine rareté par rapport aux autres maisons voisines. »

Promesse d’achat

Par ailleurs, l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ) rappelle qu’il est possible pour un acheteur de faire annuler son engagement, si son offre a été acceptée avant les inondations ou tout autre sinistre.

La Loi sur le courtage immobilier protège les acheteurs dans une telle situation. « Advenant le cas où le vendeur a avisé l’acheteur d’éléments nouveaux survenus après l’acceptation de la promesse d’achat et avant la signature de l’acte de vente qui affectent les déclarations et les obligations du vendeur, il existe la possibilité d’utiliser la clause 10.5 de la promesse d’achat pour annuler la transaction », avise l’OACIQ.