L'ex-conseiller bénévole en communications pour les Grands Frères Grandes Soeurs de l'Outaouais, Patrick Voyer.

Crise chez les Grands Frères: le bénévole aux communications démissionne

Celui qui assurait bénévolement certains services de communications pour les Grands frères Grandes soeurs (GFGS) de l’Outaouais, pendant la crise que l’organisme traverse actuellement, jette l’éponge.

Patrick Voyer a annoncé au Droit, samedi après-midi, qu’il n’offrirait plus ses services à l’organisation parce qu’il n’est pas d’accord avec l’actuelle gestion de crise.

L’expert en communications estime que «peu importe qui a raison dans cette affaire-là, sa version (celle de la directrice générale Yvonne Dubé) aurait dû sortir bien avant. [...] Je n’en reviens juste pas.»

Dès que la crise s’est déclenchée, M. Voyer dit avoir spontanément offert ses services à l’organisme et à Mme Dubé, puisqu’il croit aux Grands Frères et à leur mission. Il avait, dit-il, vivement conseillé aux administrateurs des GFGS de répondre par communiqué dès le lendemain du début de cette saga. 

On se rappellera qu’Yvonne Dubé, directrice générale des Grands Frères Grandes Sœurs de l’Outaouais, a déposé une plainte à la police pour harcèlement criminel, mardi dernier, contre le journaliste de Radio-Canada, Antoine Trépanier, qui travaillait depuis plusieurs semaines sur un reportage ayant révélé qu’elle a pratiqué le droit sans autorisation, de septembre 2011 à mars 2012. La police a par la suite procédé à l’arrestation du journaliste, créant ainsi une onde de choc médiatique. L’organisme n’a jamais officiellement réagi à ces événements.

Suite mardi

Ce week-end, le président du conseil d’administration des GFGS de l’Outaouais, Richard Gravel, a brièvement signifié à M. Voyer qu’une rencontre interne aurait lieu lundi (19 mars) au sujet de cette crise et qu’une conférence de presse se déroulerait mardi, avec publication d’un communiqué officiel; un temps de réaction que Patrick Voyer juge inacceptable.

«Si on avait pu communiquer la version de Mme Dubé, ça ne se rendrait pas jusque-là. Au moins, les gens pourraient se faire une tête, en ayant les deux côtés de la médaille. Et là, c’est pas le cas. Là, les gens se montent un bateau avec ça. C’est rendu ridicule sur les réseaux sociaux. C’est rendu fou. [...] J’espère que ça va servir d’exemple à tous les autres organismes. [...] Tout ce qui traîne finit par se salir.» 

Messages haineux

Patrick Voyer observe que cette crise dérape de façon exponentielle.

«Je trouve complètement absurde ce qui se passe actuellement: je vois Yvonne qui s’enfonce de plus en plus. C’est difficile pour elle. Elle reçoit des messages haineux. Elle se fait traiter de nazie.»

«Yvonne Dubé souffre énormément, poursuit-il. Elle est laissée à elle-même. [...] Les grands perdants là-dedans, c’est pas seulement Mme Dubé, c’est l’organisme, c’est les Grands Frères, Grandes Soeurs, les enfants. Tout le monde est dévasté.»

Patrick Voyer précise que plusieurs membres actuels du conseil d’administration des GFGS de l’Outaouais partagent son opinion.