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Le ministre de la Santé Christian Dubé
Le ministre de la Santé Christian Dubé

Vaccination pour tous à partir de la «fin mai» [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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Si vous êtes un Québécois adulte, mais ni vieux, travailleur essentiel, malade chronique ou handicapé, vous pourrez être vacciné contre la COVID-19 à compter de la fin mai. Et organisez-vous ensuite pour être en ville pour votre deuxième dose, parce que la possibilité de changer de date sera limitée.

«La date qu’on vise, pour la population en général, c’est fin mai», a révélé le ministre québécois de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, jeudi. «Quand on va annoncer la prise de rendez-vous? On n’est pas encore prêts à faire ça», a-t-il toutefois ajouté du même souffle.

Petit soulagement : les 112 jours d’intervalle établis par la Santé publique entre les deux doses amèneront ceux et celles qui recevront leur piqûre fin mai quelque part en septembre pour une deuxième dose.

Pour ceux qui attendent leur rappel au beau milieu de l’été, les vacances risquent d’être un peu gâchées.

«La vaccination, c’est un privilège. Ce n’est pas un luxe», établit d’emblée le directeur de la campagne de vaccination au Québec, Daniel Paré, qui prenait part au point de presse en compagnie du ministre Dubé et du directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda.

«On va s’adapter pour certaines raisons. On va comprendre que certaines personnes ont des enjeux de travail ou de santé et au cours des prochaines semaines, on vous informera du processus pour changer une deuxième date de rendez-vous. Cependant, il est important de le dire, c’est un  privilège de recevoir un vaccin pour bien se protéger. Je dirais même une responsabilité citoyenne», a tranché M. Paré.

Le trio annonçait l’élargissement de la vaccination à de nouveaux groupes prioritaires. Tous les malades chroniques âgés de 16 ans et plus pourront prendre leur rendez-vous à compter de vendredi, le 23 avril, dès 8 h, tandis que les gens atteints d’une déficience physique, intellectuelle ou d’autisme pourront s’inscrire à partir de mercredi prochain, le 28 avril. Toujours par le biais du site ClicSante.ca et par téléphone au 1 877 644‑4545, de jour.

Les proches aidants aussi

Un proche aidant pourra aussi se faire vacciner avec la personne handicapée qu’il accompagne. Ce qui ouvre la porte de la vaccination à quelque 800 000 nouvelles personnes.

MM. Dubé et Paré insistent : on se fie à la bonne foi des Québécois. Pas de prescription, ni diagnostic officiel ou autre preuve ne sera réclamé pour pouvoir prendre rendez-vous dans ces catégories.

«Le rôle de nos vaccinateurs, de nos évaluateurs, ce n’est pas de faire la police», a répété le ministre Dubé, disant compter sur l’honneur des Québécois. 

«Ces gens-là [malades chroniques ou handicapés] ont déjà beaucoup à faire avec la vie qu’ils ont et attendent depuis très longtemps d’être vaccinés. On a discuté avec nos vaccinateurs, on a discuté avec nos évaluateurs qui font partie de leur quotidien, encore une fois je pense qu’on se fie à la bonne foi des gens», a résumé M. Dubé, convaincu que les Québécois sauront encore faire preuve d’un peu de patience pour laisser la place à leurs concitoyens plus vulnérables.

Les femmes enceintes peuvent aller se faire vacciner, mais selon les mêmes critères que la population en générale. Par exemple, si elle souffre de diabète ou d’obésité, elle comptera parmi les groupes priorisés à compter de vendredi.

Vaccin à l’auto

Grand manitou de la stratégie de vaccination québécoise, M. Paré a souligné l’apport important des pharmaciens, qui peuvent injecter plus de 20 000 doses par jour et permettent de déployer entre 14 00 et 150 sites de vaccination à travers la province.

S’ajouteront à compter de la semaine prochaine des cliniques dans les grandes entreprises, ainsi qu’un premier projet de vaccins à l’auto sans rendez-vous, comme ça se voit déjà ailleurs.

M. Paré reconnaît de plus «travailler sur des scénarios» pour vacciner les enfants, mais attend toujours une recommandation de la Santé publique en ce sens. Santé publique qui, elle, attend des études plus concluantes et complètes avant de donner le feu vert, confirme le Dr Arruda.

«À partir du mois de juin, on est capable de faire cette clientèle» des moins de 18 ou 16 ans, a pour sa part assuré le ministre Dubé.

Donc les enfants pourraient bien être vaccinés au cours de l’été ou, qui sait, peut-être lors d’opérations de vaccination massive dans les écoles à la rentrée de septembre.

Autre scénario considéré : le besoin de vacciner de nouveau tout ce beau monde contre la COVID-19 chaque année. Pas souhaitable, mais pas impossible, reconnaissent les trois hommes.

Dr Arruda admet quand même souhaiter une fréquence moins soutenue. Le ministre Dubé précise que la formation de 11 000 vaccinateurs jusqu’ici — on aimerait en avoir de 2000 à 3000 de plus pour accorder des vacances cet été — servira pour les prochaines années.

FAITS SAILLANTS

- Vaccination pour deux groupes supplémentaires dans une clinique de vaccination ou en pharmacie en prenant rendez-vous sur Clic Santé

  •  Dès le 23 avril, les personnes présentant des maladies chroniques et qui ont moins de 60 ans.

  • Dès le 28 avril, toute personne présentant une incapacité motrice, intellectuelle, de la parole ou du langage, visuelle, auditive ou associée à d’autres sens, ou encore, liée à un trouble du spectre de l’autisme. Une personne proche aidante par personne faisant partie de cette clientèle pourra également s’inscrire.

    - Groupes concernés 

  • Immunosuppression sévère

  • Chimiothérapie ou radiothérapie pour un cancer

  • Maladies cardiaques sévères

  • Maladies pulmonaires sévères

  • Obésité (personne ayant un indice de masse corporelle de 35 ou plus grand)

  • Diabète

  • Anémie falciforme

  • Trisomie 21

  • Condition médicale causant un problème d’évacuation des sécrétions respiratoires ou un risque d’aspiration des sécrétions, par exemple :

o Trouble cognitif (démence, maladies d’Alzheimer et de Parkinson)
o Lésion médullaire (hémiplégie et quadriplégie)
o Troubles neuromusculaires

  • Déficience intellectuelle ou trouble du spectre de l’autisme ET une des conditions nommées plus haut

  • Présence de plus d’une maladie chronique