Lancée il y a quelques jours grâce à un investissement de plus de cinq millions de dollars, Entreprise Prémont produit plusieurs centaines de milliers de masques chirurgicaux par semaine.
Lancée il y a quelques jours grâce à un investissement de plus de cinq millions de dollars, Entreprise Prémont produit plusieurs centaines de milliers de masques chirurgicaux par semaine.

Une usine de production de masques chirurgicaux à Louiseville [VIDÉO]

Entreprise Prémont vient à peine de démarrer la production de masques chirurgicaux qu’elle envisage de devenir un joueur majeur dans la fourniture de ce produit au-delà du territoire québécois, ce qui l’amènera à produire entre trois et quatre millions de masques par semaine d’ici fin mai.

Cette compagnie a été lancée il y a trois semaines à Louiseville dans l’urgence de répondre à un besoin criant en cette pandémie de coronavirus. L’entreprise possède les autorisations de Santé Canada. Plus de 800 000 masques ont déjà été produits par cette compagnie mise sur pied grâce à un investissement de plus de cinq millions de dollars.

«La demande est tellement forte. On a de grosses commandes qu’on doit livrer d’ici juin au ministère de la Santé et à des entreprises comme Rio Tinto (qui a remis à l’entreprise une contribution non remboursable de 75 000 $ par le biais de son bureau de développement économique régional), le CN, les aéroports. On a des demandes de l’Ontario», confirme Dany Bergeron, président de la compagnie qui a aussi comme partenaires Geneviève Hardy, vice-présidente de Tridim Hardy et ancienne copropriétaire de Hardy Filtration de Trois-Rivières, Luc Girard, ancien copropriétaire de Hardy Filtration, Patrice Barbeau, président de Delta Cosmetics de Québec, ainsi que Serge Parenteau et Caroline Marois, propriétaire de Flip Design, une compagnie drummondvilloise de conception de vêtements.

L’entreprise a décidé de fabriquer ce type de masque en raison des besoins immenses. Les services de première ligne sont le marché de la compagnie. Pour l’instant, la vente à la population ne fait pas partie de la clientèle visée.

«Après la crise, on va continuer à rouler, assure M. Bergeron. Il n’y a pas d’entreprise canadienne qui produit ça, on est les seuls à avoir le permis de Santé Canada. Actuellement, les masques viennent de la Chine, de l’Inde. Quand on ferme des frontières, on est démuni. Je pense que les gouvernements vont vouloir nous encourager par après. Avec nos équipements automatisés, on va être à la fine pointe de la technologie et on sera productif pour être compétitif.»

Électromécanicien en système automatisé, M. Bergeron est le copropriétaire du Vignoble Prémont de Sainte-Angèle-de-Prémont. L’idée de développer un masque résulte d’un contact d’affaires de longue date entre lui et Luc Girard.

«Luc me parlait de lancer des masques. On a commencé à faire des recherches pour des méthodes de fabrication, on a eu des contacts entre entrepreneurs et ça a cliqué. Au début, on prenait le matériel de Tridim Hardy. Ils ont tous les contacts pour trouver les matériaux pour la partie filtrante. Le premier masque, je l’ai fait avec ma mère qui était couturière de métier. On a fait ça dans son sous-sol. Je voulais savoir ce qui était long à faire pour produire un masque. J’ai fait des tests. J’ai fait la machine de production en quatre jours avec des pièces que j’avais chez moi. On a du fun!», lance M. Bergeron, enjoué malgré les très longues journées de travail qui s’accumulent depuis les dernières semaines.

«On savait quel type de média (matériau) ça prenait pour avoir la meilleure efficacité. On a fait des recherches dans ce qu’on avait près de nous pour aller chercher les meilleurs fabricants. C’est beaucoup de tests de laboratoire, de tests d’efficacité. La plus grande difficulté est d’avoir accès aux meilleurs fabricants qui sont débordés. Mais on y a accès grâce à notre notoriété», ajoute Luc Girard.

Cette première machine conçue par M. Bergeron peut produire 2500 masques à l’heure. Entreprise Prémont a ajouté des équipements et en attend d’autres afin de pousser la production au maximum, soit entre trois millions et quatre millions de masques par semaine.

Selon Luc Girard, la production ne sera pas ralentie par un manque de ressources premières.

«On a un stock pour 15 millions de masques. On a sécurisé nos ententes avec les fournisseurs. Et pour les élastiques, on a travaillé fort pour trouver un fournisseur local. On a fait redémarrer des équipements (en Montégérie). C’est une situation de rêve. On a accès aux meilleurs produits», dit M. Girard, en soulignant que l’entreprise veut faire des affaires avec le plus de partenaires possible provenant du Québec, du Canada et des États-Unis.

Dany Bergeron, Serge Parenteau, Luc Girard et Patrice Barbeau sont à la tête d'Entreprise Prémont de Louiseville.

L’usine fonctionne avec quatre personnes. L’entreprise est en pleine période de recrutement. D’ici peu, quelque 30 personnes travailleront à cet endroit et ce nombre pourrait grimper à une quarantaine d’ici l’été. Entreprise Prémont veut ajouter une aile de 6000 pieds carrés à sa bâtisse de 9000 pieds carrés qui appartenait à l’entreprise Avalanche. Cette aile servira de lieu d’entreposage et abritera les services d’emballage, de réception et d’expédition.

La construction de cette aile sera amorcée dès que le gouvernement aura donné son accord à la reprise des chantiers de construction dans le domaine industriel.