Une dame de 52 ans est décédée après avoir été traitée pour un infarctus dont elle a été victime une semaine plus tôt. Les cardiologues s’inquiètent des conséquences liées au fait que les gens tardent à consulter en raison de la pandémie de COVID-19.
Une dame de 52 ans est décédée après avoir été traitée pour un infarctus dont elle a été victime une semaine plus tôt. Les cardiologues s’inquiètent des conséquences liées au fait que les gens tardent à consulter en raison de la pandémie de COVID-19.

«Une crise cardiaque traitée trop tard est plus mortelle que la COVID-19»

« Une crise cardiaque traitée tardivement est plus mortelle que la COVID-19. »

Le cardiologue Francis Bonenfant, qui pratique à l’hôpital de Chicoutimi, s’inquiète de la chute draconienne du nombre de personnes admises dans les centres hospitaliers pour des problèmes cardiovasculaires depuis les deux derniers mois. Une dame de 52 ans est d’ailleurs décédée prématurément à l’hôpital de Chicoutimi, il y a quelques jours, puisqu’elle a été traitée une semaine après avoir été victime d’un infarctus.

« Cette patiente a été victime d’une rupture du myocarde, ce qu’on ne voyait plus depuis de nombreuses années, puisque les interventions rapides permettent de limiter les complications du genre. À vrai dire, je n’avais jamais vu un cas semblable en cinq ans de pratique. Depuis le début de la pandémie, les gens ont peur de consulter et tardent à se rendre à l’hôpital ou à appeler l’ambulance. C’est très inquiétant, il y a environ 40 % moins de gens qui font des infarctus présentement, mais nous croyons qu’il n’y en a pas réellement moins », a expliqué le cardiologue, qui partage cet avis avec ses collègues.

D’ailleurs, l'urgentologue de l'Institut de cardiologie de Montréal bien connu Alain Vadeboncoeur avait lancé un appel en ce sens, il y a quelques semaines.

« J’ai dû intervenir sur de gros infarctus, auprès de patients qui ont attendu entre 18 et 24 heures avant d’appeler l’ambulance. Ces patients m’ont dit qu’ils craignaient la COVID-19. C’est compréhensible, mais dans le cas de problèmes cardiaques, les conséquences sont majeures. Certains patients ont perdu 50 % de la force de leur muscle cardiaque, alors que ça aurait pu être évité », souligne Dr Bonenfant, qui souhaite lancer un appel de sensibilisation.

« Ceux et celles qui éprouvent des douleurs, des lourdeurs et des brûlements à la poitrine durant plus de 15 minutes doivent consulter. Le risque de contracter le virus n’est pas nul dans les hôpitaux, mais je tiens à dire que les mesures de sécurité sont prises dans les différents départements et que c’est plus sécuritaire que d’attendre des heures et des jours des complications liées à des problèmes cardiaques », répète Dr Bonenfant.

Il explique qu’une personne victime d’un infarctus, par exemple, peut éprouver des douleurs durant quelques jours et ensuite connaître un répit.

« En fait, la douleur s’estompe parce qu’une partie du muscle meurt. Mais les conséquences ensuite sont graves, puisque la force du muscle ne pourra pas être soignée », note le cardiologue, ajoutant que tous ses collègues sont également très inquiets de la situation, tant au Saguenay-Lac-Saint-Jean qu’à l’échelle du Québec.