Alyson Kelvin, 39 ans, travaille pour trouver différentes solutions au coronavirus.

Un père et sa fille de Halifax cherchent une «solution rapide» à la COVID-19

HALIFAX - Pour un homme de Halifax et sa fille, tous deux dédiés à la lutte contre les maladies infectieuses, le nouveau coronavirus est à l’origine de leurs plus récents efforts afin de créer des tests et des vaccins qui sauveront des vies.

Alyson Kelvin, 39 ans, et David Kelvin, 65 ans, se trouvent de nouveau au coeur d’une course pour trouver des solutions à long terme, en espérant arriver à terme pendant que l’intérêt public et le financement demeurent en place.

Alyson, une virologue qui travaille à l’Université Dalhousie, a été affectée à l’Organisme de recherche sur les vaccins et les maladies infectieuses au Centre international de recherche sur les vaccins, à Saskatoon, depuis la mi-février pour tester des vaccins sur des animaux de laboratoire.

Pendant ce temps, à Halifax, son père - un professeur au département de microbiologie et d’immunologie à l’Université de Dalhousie - s’affaire à créer une trousse de test portable pour déterminer la sévérité de la maladie chez les gens qui ont subi un test positif à la COVID-19.

Tous deux sont engagés dans une science à «solution rapide», ce qui signifie que l’on combine l’injection rapide de fonds fédéraux à une collaboration avec des scientifiques de tous les coins de la planète qui travaillent sur la pandémie.

«Je travaille dès le moment où je me réveille jusqu’à ce j’aille me coucher», a déclaré Alyson.

«Toute ma vie a changé. Mon mari et mes enfants sont à Halifax.»

La quête de solutions aux maladies infectieuses est une passion familiale, ajoute-t-elle.

«C’est ainsi que j’ai été élevée», note-t-elle, en faisant allusion aux observations qu’elle a faites, lorsque plus jeune, du travail de son père sur le virus causant le sida.

Au fil de sa carrière, elle a notamment oeuvré sur la première éclosion du SRAS, le virus Zika et diverses éclosions d’influenza. Son père a consacré du temps à plusieurs de ces mêmes éclosions.

David Kelvin est déjà engagé dans plusieurs projets, dont un visant à identifier des «biomarqueurs» - dans ce cas spécifique, des molécules qui activent les globules blancs - qui vont indiquer si une personne ayant testé positif au virus risque de développer un cas sévère de la COVID-19.

L’objectif est de créer une trousse qui permettrait aux prestataires de soins de déterminer en 20 minutes qui doit être hospitalisé, ce qui pourrait aider à garder des lits et des appareils respiratoires pour les patients en ayant le plus besoin.

«Au lieu de devoir traverser un processus durant plusieurs jours, nous pouvons le faire rapidement et fournir de l’aide aux médecins qui font face à une poussée de patients, et décider qui doit être hospitalisé dans les premiers stades de la maladie», a-t-il expliqué dans une entrevue.

À Saskatoon, sa fille, accompagnée par un étudiant en doctorat et un technicien de l’Université Dalhousie, travaille avec Darryl Falzarano, un spécialiste des coronavirus au Centre international de recherche sur les vaccins, pour mener des tests sur des animaux dans l’espoir de trouver des vaccins.

Ses connaissances sur les furets sont importantes puisque cet animal a été identifié comme un modèle de réactions immunitaires humaines lors de l’éclosion de SRAS en 2002-2003. Cet animal pourrait aussi s’avérer utile pour tester des vaccins contre le nouveau coronavirus.

Son équipe travaille avec trois vaccins développés par Chris Richardson, un virologue moléculaire de Halifax, également un scientifique à l’Université Dalhousie, et un vaccin développé par un scientifique au Centre.

Par ailleurs, selon Mme Kelvin, sans étapes consacrées aux tests sur des animaux, des erreurs demeurent possibles.

«C’est particulièrement important parce que les premiers vaccins contre le SRAS ont été inefficaces et ont parfois mené à une maladie plus grave, à la fin. Il s’agit donc d’une étape importante de l’évaluation.»

L’accessibilité à des vaccins pour le nouveau coronavirus dans un an pourrait demeurer vitale, ajoute la chercheuse.

«Nous pourrions voir des vagues comme c’est le cas avec l’influenza ... Avoir un vaccin et être prêts pour ce virus pourraient nous aider si ce scénario devient réalité.»