La Villa Chicoutimi a aménagé la semaine dernière un local permettant à ses résidents de voir leurs proches pendant 15 minutes, sans avoir de contacts.
La Villa Chicoutimi a aménagé la semaine dernière un local permettant à ses résidents de voir leurs proches pendant 15 minutes, sans avoir de contacts.

Un local aménagé pour les proches des résidents à la Villa Chicoutimi

À l’approche de la fête des Mères, la Villa Chicoutimi a aménagé un local afin de permettre aux locataires de la résidence privée de voir leurs proches, protégés derrière une pellicule plastique, afin de briser l’isolement.

« C’est merveilleux, les résidents sont contents. On a vu que la joie était revenue, au moins ils pouvaient voir un membre de leur famille », s’est réjouie mardi France Tremblay, directrice générale de la résidence faisant partie du réseau Chartwell, située sur la rue Don Bosco à Chicoutimi.

Jusqu’à maintenant, plus de 80 résidents ont pu rencontrer un membre de leur famille 15 minutes dans ce local accessible depuis mercredi dernier, que le personnel surnomme affectueusement « le parloir ».

L’initiative est « très populaire » auprès des résidents, rapporte Mme Tremblay, alors que les plages horaires de 15 minutes étaient remplies, mardi en avant-midi jusqu’à jeudi de la semaine suivante. Le local est accessible sous supervision, environ de 9 à 18 heures chaque jour.

« Après cinq semaines, on voyait que l’infirmière nous disait que les résidents ont de la misère, ils trouvent ça dull et qu’ils commençaient à s’ennuyer pas mal de leur famille », a partagé la directrice générale.

L’équipe organise également différentes activités au sein de la résidence, en respectant les mesures de distanciation, pour occuper les résidents.

L’équipe de l’établissement, qui compte 220 résidents autonomes ayant en moyenne 84 ans, dit d’ailleurs avoir reçu plusieurs félicitations des familles pour cette initiative locale, qui serait la seule du genre du réseau Chartwell, a-t-on indiqué lundi du côté des communications de la société.

En prévision de la fête des Mères

L’équipe de la Villa Chicoutimi a eu cette idée à l’approche de la fête des Mères, afin de trouver une façon sécuritaire pour les résidents d’avoir un contact avec leurs proches.

Un responsable de la maintenance a été mandaté afin de diviser le local en deux, en tendant sur une structure de bois une pellicule en plastique, semblable à une nappe.

« C’est sûr qu’ils se voient un petit peu embrouillés, ce n’est pas vraiment comme une vitre, mais ils peuvent se voir [quand même] très très bien », a souligné Mme Tremblay.

Le local ne peut accueillir que deux personnes à la fois, soit un proche et un résident, qui entrent par des accès indépendants. Ils ne peuvent avoir de contacts physiques et le local est désinfecté après chaque utilisation, entre autres mesures sanitaires, précise la directrice générale.

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ASSOUPLISSEMENT DES MESURES

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean était en attente, mardi après-midi, des nouvelles orientations écrites de la part du ministère de la Santé et ne pouvait dire si l’initiative de la Villa Chicoutimi « sera recommandée ou tolérée ».

Le gouvernement Legault a annoncé mardi un assouplissement de certaines mesures entourant notamment les visites des proches pour les personnes âgées vivant en résidence privée pour aînés.

Questionné à savoir si cette initiative respectait les mesures actuelles ou récentes du ministère, le CIUSSS de la région ne semblait pas au courant, selon les premières vérifications, de la présence depuis la semaine dernière d’un local aménagé pour les visites à la Villa Chicoutimi, a-t-on indiqué au Quotidien du côté des communications de l’organisation.

La Villa Chicoutimi compte 220 résidents autonomes ayant en moyenne 84 ans.

La directrice générale de la Villa Chicoutimi, France Tremblay, a indiqué de son côté ne pas avoir consulté la Santé publique du Saguenay-Lac-Saint-Jean avant d’aménager le local. Elle précise avoir reçu l’autorisation du réseau Chartwell avant de procéder.

Depuis le 23 mars, un arrêté ministériel du ministère de la Santé et des Services sociaux interdisait les visites régulières dans les résidences privées pour aînés, à l’exception de visites pour des raisons humanitaires, par exemple pour un proche en fin de vie.