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Depuis la pandémie, les propriétaires de Todd & Paul à Trois-Rivières, un commerce spécialisé dans les gâteries pour chiens, ont vu l’engouement pour l’achat local les pousser à ouvrir une boutique physique.
Depuis la pandémie, les propriétaires de Todd & Paul à Trois-Rivières, un commerce spécialisé dans les gâteries pour chiens, ont vu l’engouement pour l’achat local les pousser à ouvrir une boutique physique.

SONDAGE | 82 % des Québécois font des efforts pour acheter local [VIDÉO]

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
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Selon un sondage mené par la firme Navigator pour le compte de CN2i, pas moins de 82 % des consommateurs font des efforts pour acheter local depuis le début de la pandémie.

En effet, plus de quatre répondants sur cinq ont indiqué avoir acheté soit un peu plus (67 %), soit beaucoup plus (15 %) de produits fabriqués au Québec.

«C’est vraiment une indication qu’ils ont compris le message et qu’ils réalisent ce qui se passe. Ce n’est peut-être pas juste le message du gouvernement, mais aussi ils réalisent dans leur vie quotidienne que les magasins locaux, ceux qui sont autour d’eux autres, souffrent plus que les grandes chaînes américaines ou nationales», explique le directeur associé chez Navigator, André Turcotte.

Les consommateurs de 65 ans et plus sont les plus enclins à encourager les commerçants locaux, leur proportion étant de 92 %. Et c’est dans la région Ottawa-Gatineau que l’achat local a le plus la cote depuis l’arrivée de la COVID-19 (84 %).

Si près du tiers des répondants (31 %) ont affirmé avoir modifié leurs habitudes de consommation pour favoriser l’achat local le plus possible, ils sont toutefois un peu plus nombreux (38 %) à prioriser l’achat local seulement «si c’est plus avantageux». 

Si les 65 ans et plus se distinguent dans le premier cas (37 %), les 18-45 ans prennent en compte l’avantage économique d’acheter local (41 %). Les changements de comportement ont été les plus forts au Saguenay (35 %) tandis que c’est à Sherbrooke que les gens ne se disent pas prêts à acheter local à tout prix (45 %).

«Évidemment, il y a la réalité économique. Je pense que même si on a de bonnes intentions, peut-être que des fois c’est impossible d’acheter local», admet M. Turcotte.

Et dans une proportion de 31%, les répondants ont indiqué n’avoir rien changé à leurs habitudes de consommation depuis le début de la crise sanitaire. Chez les 18-24 ans, ce taux atteint 35 %. Et c’est à Québec que le statu quo fut le plus fort (36 %).

Au Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), on se dit agréablement surpris par le fait que plus de 80 % des répondants ont acheté plus de produits fabriqués au Québec depuis l’éclosion du coronavirus.

«Comme on peut le constater, les efforts déployés par le gouvernement, le CQCD et nos détaillants pour encourager les consommateurs à venir acheter chez eux ont été payants. On est très content de voir ça», a fait savoir la directrice des communications, Karina Serei, évoquant les diverses campagnes impliquant l’État, les villes et les MRC pour prôner l’achat local.

Dans son dernier baromètre, le CQDC observait lui-même que 55 % des répondants affirmaient avoir acheté chez un détaillant de proximité ou de leur localité, 52 % achetaient principalement chez des bannières québécoises et 50 % ont favorisé l’achat de produits fabriqués au Québec.

«On avait une question sur les habitudes de consommation. En parlant à nos détaillants, on se rend compte aussi que les gens, avec toute la campagne d’achat local, commencent vraiment à se conscientiser pour favoriser l’achat au Québec, que ce soit en ligne ou en magasin», fait-elle remarquer.

Celle-ci tient néanmoins à préciser que pour le CQCD, l’achat local, «ce n’est pas juste acheter dans l’épicerie du coin et acheter un produit québécois à 100 %». «En fait, acheter local, c’est de favoriser la main-d’oeuvre locale également et d’acheter chez nos détaillants situés au Québec», ajoute Mme Serei.

«Et s’il y a lieu d’un achat en ligne, c’est évidemment de favoriser les bannières québécoises, petites ou grandes, ou, à la limite, on a aussi la possibilité de faire des achats sur le Panier Bleu pour nous aider à nous retrouver à travers ça», renchérit-elle.

La directrice des communications au CQCD, Karina Serei.

Dans son dernier baromètre, le CQDC observait lui-même que 55 % des répondants affirmaient avoir acheté chez un détaillant de proximité ou de leur localité, 52 % achetaient principalement chez des bannières québécoises et 50 % ont favorisé l’achat de produits fabriqués au Québec.

«On avait une question sur les habitudes de consommation. En parlant à nos détaillants, on se rend compte aussi que les gens, avec toute la campagne d’achat local, commencent vraiment à se conscientiser pour favoriser l’achat au Québec, que ce soit en ligne ou en magasin», fait-elle remarquer.

Celle-ci tient néanmoins à préciser que pour le CQCD, l’achat local, «ce n’est pas juste acheter dans l’épicerie du coin et acheter un produit québécois à 100 %». «En fait, acheter local, c’est de favoriser la main-d’oeuvre locale également et d’acheter chez nos détaillants situés au Québec», ajoute Mme Serei.

«Et s’il y a lieu d’un achat en ligne, c’est évidemment de favoriser les bannières québécoises, petites ou grandes, ou, à la limite, on a aussi la possibilité de faire des achats sur le Panier Bleu pour nous aider à nous retrouver à travers ça», renchérit-elle.

Quant à ceux qui disent favoriser l’achat local si c’est plus avantageux, elle se réjouit qu’au moins, «ils commencent déjà à y penser». «C’est déjà une bonne étape, on traverse quelque chose de nouveau», reconnaît la porte-parole du CQCD.

D’ailleurs, le président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), Charles Milliard, aurait pensé que cette statistique eut été plus élevée que 38 %.  

«On a beau être pour la vertu, mais c’est certain qu’il y a des gens qui ont des impératifs budgétaires importants et il faut le reconnaître aussi. On n’entend pas souvent ça dans les discours publics. Quand c’est moins cher ailleurs, c’est sûr qu’il y a des gens qui sont ouverts à ça», souligne-t-il.

Et ce dernier trouve exceptionnel que «chaque fois qu’il y a cinq personnes qui veulent s’acheter quelque chose, quatre font des efforts pour l’acheter près de chez eux ou, en tout cas quelque chose de produit au Québec».

Mais il se demande si un tel engouement va durer après la pandémie. «Ce serait intéressant de refaire ce sondage-là trois mois après que tout le monde ait été vacciné», confie celui qui souhaite des mesures gouvernementales pour continuer de soutenir le commerce de proximité et l’achat local.

Le président-directeur général de la FCCQ, Charles Milliard.

Le directeur associé chez Navigator, André Turcotte, est également d’avis qu’il faudrait mesurer la pérennité de cette nouvelle façon de voir les choses du côté des consommateurs. «Ça va être très intéressant de garder un coup d’oeil sur ça pour voir comment ça va évoluer», a-t-il conclu. 

L’objectif de l’étude réalisée par Navigator était de comprendre l’impact de la COVID-19 sur la vie des Québécois et Québécoises. 

Méthodologie

Ce sondage en ligne fut complété avec 2300 Québécois et Québécoises de 18 ans et plus. L’échantillon provincial est de 1200 participants. Les régions du Saguenay, Sherbrooke, Québec, Trois-Rivières, et Ottawa-Gatineau furent suréchantillonné pour assurer un échantillon représentatif de 300 participants dans chaque région. L’échantillon provincial et les échantillons régionaux sont représentatifs de la population selon les informations les plus récentes de Statistique Canada. Le sondage fut complété entre le 29 janvier et le 1 février 2021.

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